La chronique Culture avec Claude Deschênes

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

Suggestions culturelles pour zone rouge

Pour ne rien vous cacher, je ne suis pas brave, brave. Depuis la réouverture des musées et celle des cinémas, je ne me suis pas risqué à y retourner. Sincèrement, je redoute les variants. Pour moi, et pour l’ensemble du Québec. C’est pourquoi je me suis encore cette semaine tourné vers l’offre culturelle disponible sur le web.


VU: L’histoire de mes chansons avec Roch Voisine

Après Clémence Desrochers, Yvon Deschamps, Jean-Pierre Ferland et Stéphane Venne, la série L’histoire de mes chansons, qui a connu un beau succès sur le web à l’automne, est de retour en mars. C’est Roch Voisine qui part le bal cette semaine.

Selon le concept de cette série, l’artiste invité est amené par l’animatrice Monique Giroux à raconter la petite histoire qui se cache derrière ses chansons. Quand on en a écrit près de 300 en 30 ans de carrière, comme c’est le cas de Roch Voisine, ce n’est pas le choix qui manque. Une dizaine de titres ont été retenus, Hélène, bien sûr, mais aussi Darling, Dites-moi, Je te serai fidèle, et d’autres moins connues comme Les amants.

Invité par l’animatrice Monique Giroux, Roch Voisine a raconté la petite histoire qui se cache derrière ses chansons.

Roch Voisine, que je n’ai jamais perçu comme une bête d’entrevue, est particulièrement loquace durant l’heure trois quarts que dure cet échange. Il prend manifestement beaucoup de plaisir à raconter des anecdotes liées à la création de ses chansons.

Par exemple, à propos de Je te serai fidèle, il nous apprend que le texte a d’abord été écrit en anglais (I’ll Always Be There), et qu’il s’agissait d’une commande de Mila Mulroney, alors première dame, pour promouvoir l’unité canadienne! C’est un travail qu’il a fait en collaboration avec le célèbre producteur canadien David Foster. La chanson a été enregistrée aux États-Unis sur du temps de studio emprunté alors que Foster réalisait la bande sonore du film The Bodyguard!

Roch Voisine, que je n’ai jamais perçu comme une bête d’entrevue, est particulièrement loquace durant l’heure trois quarts que dure cet échange.

Dans le cas de She Had a Dream, devenue Laisse-la rêver, on doit la traduction à une spectatrice qui lui a soumis sa version française lors d’un spectacle à Marseille.

À travers ces confessions, on réalise l’ampleur que la carrière de Roch Voisine a eue au Canada, aux États-Unis et en Europe.

Le concept de cette série veut aussi que l’invité soit spectateur de ses propres chansons, lesquelles sont interprétées par des chanteurs qu’il a choisis. On retrouve au chant Mario Pelchat, Nicola Ciccone, Cindy Daniel, Christian-Marc Gendron, Ludovic Bourgeois et Isabelle Boulay. Je vous laisse découvrir la façon originale qu’on a trouvée pour la reprise de Hélène, une chanson dont Roch Voisine dit qu’elle ne lui appartient plus. Et dire qu’il a écrit ça pour un ami qui s’ennuyait de sa blonde alors qu’ils jouaient tous deux dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec!

Le concept de cette série veut aussi que l’invité soit spectateur de ses propres chansons, lesquelles sont interprétées par des chanteurs qu’il a choisis.

Cette formule qui fait cohabiter entrevue et prestations musicales procure vraiment un beau moment réalisé par un pro de la télévision, Pierre Séguin.

Ça donne envie de voir les prochains invités: Renée Martel (le 11 mars), Pierre Huet (le 18) et Serge Fiori (le 25).

Le prix pour une séance de visionnement est de 27$. Il existe un forfait à 75$ pour voir les quatre captations.

Trois concerts retrouvailles entre Kent Nagano et l’Orchestre symphonique de Montréal

Après 16 années passées à la tête de l’Orchestre symphonique de Montréal, Ken Nagano devait partir dans l’apothéose à l’été 2020. Malheureusement, la COVID et ses mesures sanitaires ont eu raison de toutes les activités publiques soulignant son départ, notamment le concert de clôture qu’il devait diriger les 2, 3 et 4 juin. Voilà que la partie est remise. Le maestro est de retour en nos murs, auréolé du prestigieux titre de chef émérite, pour une série de trois concerts qu’on pourra suivre de la maison les 9, 16 et 23 mars.

Exit la symphonie Résurrection de Mahler qui était prévue en juin, un autre programme a été concocté. Les œuvres choisies l’ont été pour mettre en valeur les différentes facettes de l’orchestre.

Par exemple, avec Hindemith et Beethoven, le concert du 9 mars permettra d’apprécier combien la musique allemande est devenue une expertise à l’OSM sous la gouverne de Kent Nagano. En contrepoint, on a pigé dans le répertoire français (longtemps considéré comme la grande spécialité de l’OSM) le Concerto pour orgue en sol mineur de Poulenc, qui permettra de faire entendre le Grand Orgue Pierre-Béique, que Nagano a contribué à obtenir pour la Maison symphonique.

Le 16 mars, il a été décidé de réunir dans une même soirée Stravinsky et Schubert/Mahler, une façon de souligner la richesse de la section des vents dans un premier temps, et celle de la section des cordes dans un deuxième. Le soliste invité sera Marc-André Hamelin.

Pour ce qui est du troisième concert prévu, il conclura 16 ans de collaboration de manière classique avec Les adieux de Haydn et la Jupiter de Mozart.

Chaque concert, comptant un peu plus d’une heure de musique, est disponible pour 20$, plus taxes. Une réduction de 15% est offerte à l’achat des trois concerts.

Alexandre Da Costa fait rocker l’Orchestre symphonique de Longueuil

Une autre proposition symphonique, mais cette fois pas mal plus rock. Le jeune chef de l’Orchestre symphonique de Longueuil, Alexandre Da Costa (42 ans), propose un concert web décoiffant dans lequel Vivaldi, Bach, Pachelbel sont servis avec une approche rock, boogie, jazz.

Parmi les invités, on retrouve Bruno Pelletier pour chanter l’Ave Maria de Caccini, La Bronze pour faire La Passion et un trio de jazz (Matt Herskowitz, Éric Lagacé, William Rénier). La singularité de cette proposition sera expliquée dans des entrevues menées par Sonia Benezra.

Stradivarius BaROCK Symphonique a été enregistré au Théâtre Plaza. On pourra visionner cette captation au coût de 18$ du 11 mars au 1er avril.

Écouté: Immersion, Angèle Dubeau et La Pietà

Angèle Dubeau sort cette semaine le 45e disque de sa carrière. Durant la pandémie, la musicienne a meublé son temps de confinement à écouter des musiques susceptibles de la réconforter. Sur Immersion, elle partage ses découvertes.

Personne ne sera surpris de retrouver des pièces de Ludovico Einaudi, Philip Glass, Michael Nyman, des compositeurs qu’elle a visités sur ses disques précédents. Mais elle nous entraîne aussi dans des univers nouveaux pour elle, comme celui du compositeur français Armand Amar, à qui on doit plusieurs musiques de film (Amen, Le concert, La terre vue du ciel, Planète océan) et celui du compositeur islandais Ólafur Arnalds. Elle nous révèle aussi un côté méconnu de Jonny Greenwood, musicien du groupe Radiohead. En tout, c’est 14 pièces (1 heure 8 minutes de musique) enregistrées avec la complicité habituelle de ses douze amies musiciennes de l’ensemble La Pietà. Comme une plongée en apnée dans un océan bienveillant.