La chronique Chronique voyage de Marie-Julie Gagnon

Auteur(e)

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

Je pars en Afrique!

Notre chroniqueuse Marie-Julie Gagnon part pour un voyage en Afrique. Angoisses et préparation d'une grande voyageuse!



Peu avant mon premier voyage en sol africain, j’ai loué un bar et invité mes amis à venir festoyer. Le prétexte était de célébrer mon 25e anniversaire un peu à l’avance, mais en réalité, j’avais la trouille de ne pas revenir vivante. L’idée d’attraper le paludisme, la fièvre dengue et toutes ces maladies aux noms tous plus terrifiants les uns que les autres me pétrifiait. Sans parler des amibes qui pourraient, telles les créatures d’Alien, prendre possession de mon corps! Vous avez dit hypocondriaque?

J’ai survécu. Et depuis, je me suis un peu calmée.

À la suite de ce premier séjour de trois mois à Ouagadougou, je suis retournée au Sénégal, au Mali et en Tanzanie, autant pour aller à la rencontre des enfants de la rue et d’ex-enfants esclaves que pour partir à la découverte des meilleures pistes touristiques. Puis, contre toutes attentes, j’ai épousé un Sénégalais rencontré en Asie. Depuis 15 ans, j’ai ainsi un peu d’Afrique dans mon quotidien.

Malgré tout, le rythme africain me demande une période d’adaptation chaque fois que je me rends sur place. Je dois me rappeler de laisser mon impatience chronique à la maison, me «déprogrammer» et ne jamais rien tenir pour acquis, chose que j’ai comprise le jour où j’ai voulu acheter des timbres dans un bureau de poste du Burkina Faso et que la préposée m’a répondu: «Il n’y en a plus»…

Photo: Ángel Hernansáez, Flickr
Photo: Ángel Hernansáez, Flickr

La préparation

Au moment où vous lirez ces lignes, je serai sans doute en train de contempler la mer sur une plage quasi déserte. À moins que ce soit le milieu de la nuit et que le coq vienne me rappeler à quel point les contes pour enfants nous ont menti avec leurs histoires de «réveille-matin de la nature»?

Chose certaine, il fera chaud. Pas trop, juste assez. J’aime voyager en Afrique de l’ouest à cette période de l’année, avant que les grandes chaleurs se fassent assommantes et que les moustiques prolifèrent et augmentent les risques de contracter la malaria. On ne se refait pas.

Pour en arriver là, j’ai passé plus de temps à préparer ma trousse médicale qu’à remplir mon sac à dos. Je pars avec beaucoup trop de médicaments, mais un peu moins d’inquiétudes. Je fais partie de ceux qui prennent des antipaludéens tous les jours, malgré certains effets secondaires indésirables (j’opte pour Malarone – je réagis très mal au Lariam moi aussi, même si je ne me suis jamais rendue aussi loin que Stromaë). J’apporte toujours de quoi contrer la diarrhée, la constipation, la conjonctivite, les allergies, les maux de tête… Sans oublier les probiotiques, les solutions de réhydratation, les pansements, la crème antibiotique, le papier de toilette, les lingettes, du désinfectant pour les mains… alouette! Je suis peut-être un peu moins hypocondriaque, mais je continue de m’inquiéter des réactions de mon corps d’Occidentale faiblarde dans un contexte moins aseptisé.

Bien sûr, je ne lésine pas sur les vaccins. Je fréquente la même clinique pour voyageurs depuis plus de 20 ans. Je dis toujours qu’un couple qui part pour la première fois dans un pays africain devrait prévoir environ l’équivalent du prix d’un billet d’avion supplémentaire en frais de vaccination (environ 800$ par personne pour les vaccins et les frais de visite). Pour vous donner une idée, mon rappel de vaccin contre la méningite m’a coûté 154$ la semaine dernière. Ajoutez à cela le coût des antipaludéens si vous n’avez pas d’assurances et vous voilà avec un budget de souvenirs soudainement bien chétif.

Le choix des vêtements n’est pas toujours simple non plus, quoique plus rapide. Depuis qu’une plante à épines a transpercé mes sandales de type «flip flop», je privilégie les semelles plus épaisses. J’apporte bien sûr des vêtements d’été, mais aussi des pulls parce qu’il fait plus frais en soirée, en décembre. Je privilégie les jupes longues et les pantacourts aux shorts, histoire d’attirer l’attention le moins possible. Déjà que je suis fluorescente dans une foule!

Malgré tout, je me sens légère comme un papillon. Prête à m’envoler vers de nouvelles aventures, le cœur en apesanteur. Mes angoisses ne sont jamais bien loin, mais mon désir de mieux comprendre le monde l’emporte toujours. Alors, mangez de la tourtière à ma santé pendant que je tenterai à nouveau de percer le secret du Thie bou dien!


Pour en savoir plus

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