La chronique Voyage de Marie-Julie Gagnon

Auteur(e)

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

Et si le «deuxième choix» était le meilleur?

Chaque année, de nombreux voyageurs consultent les listes de destinations «tendance» pour s’inspirer. D’autres, à l’inverse, y jettent un œil pour savoir quels coins risquent d’être les plus courus au cours des prochains mois, histoire de les éviter. Et si, quelque part entre les deux, on priorisait des lieux qui nous intriguent, mais dont on parle moins dans les médias et les réseaux sociaux?



Dans un sondage dévoilé par Booking.com en octobre dernier, 54% des voyageurs interrogés ont affirmé vouloir jouer un rôle dans la réduction du tourisme de masse et 51% se sont dits prêts à changer leurs plans en faveur d’un lieu de séjour similaire si l’impact sur l’environnement s’en trouve réduit. Est-ce l’occasion de voir émerger des destinations dites «secondaires»? Et si les «deuxièmes choix» s’avéraient (encore) plus intéressants que les premiers?

Le même sondage a démontré que 60% des répondants aimeraient trouver un outil qui pourrait recommander des endroits où les retombées sont susceptibles d’avoir un impact positif sur les populations locales.

La place Saint-Marc, à Venise, est victime du tourisme de masse. Photo: Anthony Rosset, Unsplash

Des pistes de solutions

Des sites web et des applications mobiles intègrent de plus en plus d’options pour nous permettre de faire des choix plus responsables. Transat a par exemple rassemblé les hébergements certifiés selon différents labels sur une même page, facilitant ainsi les recherches. Air Transat propose aussi plusieurs vols vers des villes secondaires pendant l’été, dont Toulouse et Marseille. L’application Skyscanner, qui permet de comparer des vols, propose pour sa part le «choix le plus éco-responsable» lors de certaines recherches.

Lancé en 2016, le site Village Monde est un réseau d’hébergements qui met de l’avant le tourisme villageois aux quatre coins de la planète. Inaugurée en novembre 2017, la plateforme de réservation Vaolo permet d’effectuer soi-même des réservations dans des hébergements du réseau, mais offre aussi des circuits, afin que les retombées soient encore plus grandes dans les communautés visitées.

Comme plusieurs, je suis persuadée que le tourisme peut contribuer au développement. Dépenser en sachant que notre argent permettra à des gens de mieux vivre plutôt que de se retrouver dans les coffres des Donald Trump de ce monde donne un tout autre sens aux vacances. Cela ne veut pas dire de cesser complètement de fréquenter les chaînes qu’on aime. Toutefois, être plus conscient de l’impact de nos choix peut apporter une autre dimension au voyage.

Pourquoi ne pas sillonner la Colombie-Britannique plutôt que la Californie si vous devez absolument voyager en haute saison? Photo: James Wheeler, Unsplash

Où aller?

On peut aussi simplement vouloir fuir les destinations populaires parce qu’on déteste les foules, les files d’attente et les lieux bondés. Sentir le ras-le-bol des habitants teinte aussi l’appréciation d’une destination.

Où aller si Barcelone, Venise, Amsterdam et Dubrovnik, exemples les plus fréquemment mentionnés quand on parle de surtourisme, nous font rêver? D’autres villes européennes charmantes et moins courues comme Budapest, Sarajevo, Belgrade ou les capitales des pays baltes peuvent aussi constituer de merveilleuses destinations à considérer.

Aux États-Unis, le mégasuccès de la série Big Little Lies a convaincu nombre de voyageurs d’explorer les environs de Big Sur, déjà très prisée des amateurs de road trips. Le hic, c’est que le secteur n’était pas prêt à un tel élan d’enthousiasme. On ne trouve par exemple pas suffisamment de toilettes, avec les conséquences qu’on peut imaginer… Pourquoi ne pas sillonner la Colombie-Britannique plutôt que la Californie si vous devez absolument voyager en haute saison? Si certains coins comme Tofino sont très achalandés pendant les vacances estivales, il est possible de trouver de petits coins de paradis dans les îles ou dans la vallée de l’Okanagan.

Chose certaine, peu importe l’endroit privilégié, le mieux reste de réserver tôt pour obtenir de meilleurs prix et, idéalement, de partir un peu avant ou un peu après la haute saison. Alors, quels sont vos nouveaux premiers choix?