Photo: Antonio Grosz, Unsplash
7 septembre 2017Auteure : Anne Pélouas

Techno en plein air, oui ou non?

Techno et plein air font-ils bon ménage?



Qui n’a jamais couru après une prise de courant pour recharger la batterie de son cellulaire, mort au combat après une bonne randonnée ou une nuit en camping? Personnellement, cela m’est arrivé plusieurs fois et je ne peux pas toujours prétexter que j’ai «absolument» besoin de mon iPhone pour travailler à distance…

En plus de l’accès à nos indispensables courriels et à la non moins indispensable caméra destinée à immortaliser nos vacances, les cellulaires et tablettes se garnissent de plus en plus d’applications toutes plus intéressantes les unes que les autres. Même chose pour les montres et bracelets connectés qui fournissent aux coureurs une panoplie d’informations via GPS, cardiomètre, accéléromètre, baromètre…

Un débat commence tout de même à agiter bien des esprits dans le monde du plein air: avec tous les outils techno de communication et d’information maintenant à notre disposition pour nous faciliter la vie en randonnée, en vélo, en canot ou en skis, comment va-t-on pouvoir se déconnecter vraiment du quotidien, ce à quoi aspire a priori l’amateur de plein air? C’est la question à laquelle chacun, en enfourchant son vélo de montagne ou en enfilant ses bottes de randonnée, doit répondre pour soi (et éventuellement ses enfants)… en son âme et conscience!

Photo: Jordan McQueen, Unsplash
Photo: Jordan McQueen, Unsplash

Des applications... indispensables?

Le principal «problème», c’est – comme pour Google Map ou Waze, dont on finit par ne plus pouvoir se passer au volant d’une auto – que les applications sont bien utiles pour se faciliter la vie, voire pour notre sécurité en plein air.

La semaine dernière, par exemple, j’étais en sortie de vélo de montagne dans les nouvelles (et superbes) pistes de Plein Air Sutton. À une intersection, je me questionnais sur la signalisation de certaines directions. J’étais prête à sortir la carte du réseau que j’avais en poche quand le guide qui m’accompagnait me répondit: «Pas de problème. En plus des poteaux indicateurs aux croisements, le réseau au complet se trouve dans l’application de sentiers de vélo de montagne Trailforks. Tu t’arrêtes. Tu regardes la carte sur ton téléphone et elle t’indique où tu es.» Évidemment, à condition que la batterie de ton cellulaire soit chargée et que tu aies du réseau… Bien qu’on puisse aussi télécharger les cartes avant de partir de la maison, ce qui est toujours une bonne idée.

Comment donc résister à l’irrésistible? Et pourquoi d’ailleurs faudrait-il y résister si c’est justement pour se tranquilliser l’esprit et profiter du dehors? Face au déferlement actuel d’applications mobiles spécialisées en plein air, il conviendrait plutôt de faire un gros tri personnel dans ce magma en dosant leur intérêt réel en regard de nos propres aspirations. Est-il vraiment utile d’avoir un InsectsAtlas dans votre cellulaire à moins d’être un vrai passionné d’insectes?

Photo: Antonio Grosz, Unsplash
Photo: Antonio Grosz, Unsplash

Des cartes interactives

Pour aller camper, randonner, faire du vélo, les applications ont l’immense avantage de simplifier la planification. Ensuite, elles permettent de vous accompagner sur le terrain. Les cartes de sentiers sont généralement bien reproduites. De plus, elles sont pleines d’informations utiles, par exemple pour se dépanner, se loger, trouver un stationnement ou se restaurer.

AllTrails, Topo Maps, Hikster, Ondago sont parmi les applications spécialisées en plein air (surtout pour la randonnée pédestre et la raquette) en Amérique du Nord. J’ai un faible pour les deux dernières, développées au Québec, et qui sont gratuites.

Hikster est né d’un projet de sociofinancement avec l’objectif de recenser tous les sentiers pédestres de la province. Depuis sa création, il a élargi ses horizons au vélo comme au ski de fond. Sur son site, on trouve non seulement les cartes, mais aussi les fiches techniques très précises des sentiers.

Même chose pour Ondago. Créé par une petite entreprise québécoise, les cartes de sentiers de randonnée sont téléchargeables via le site avant de partir. Elles sont interactives ensuite via l’application mobile, ce qui facilite la localisation en cours de route, même sans internet. Signe de sérieux: elle est l’application officielle de Rando Québec (Fédération québécoise de la marche) depuis 2016. Plus de 200 cartes de randonnées sont déjà disponibles, dont 88 pour les sentiers hivernaux et 67 pour le vélo.

Photo: Barrons-nous, Facebook Hikster
Photo: Barrons-nous, Facebook Hikster

Secourisme

Pour le plein air aussi (et la sécurité), l’application de secourisme créée par la Croix-Rouge canadienne n’est pas un luxe. Elle permet de faire face aux petits bobos et à plusieurs situations d’urgence médicale quand on est loin des premiers secours, comme une fracture, une crise cardiaque ou une hémorragie. Des jeux-questionnaires testent (si possible avant un accident) vos connaissances en la matière.

Photo: croixrouge.ca
Photo: croixrouge.ca

Dans les parcs nationaux

Les parcs nationaux du Canada comme du Québec n’ont pas voulu rater le coche et rivalisent d’ingéniosité techno. Parcs Canada a lancé sa propre application mobile, gratuite, comme l’est l’entrée des parcs, «spéciale 150e anniversaire du Canada». Tout pour planifier une visite, découvrir des trésors cachés ou activités dans les parcs et lieux historiques du pays. En plus de cartes interactives, bien sûr.

La Sépaq n’est pas en reste. Sur son site, on suggère de partager «votre expérience plein air grâce au wifi» dans les parcs de son réseau provincial. On offre aussi aux visiteurs de pouvoir rester «connecté tout en profitant des plaisirs d’un périple en pleine nature». On apprécie, certes, que les centres de découverte et de service de tous les parcs soient équipés en wifi, mais un peu moins le nouveau «Parc Parcours», un outil implanté dans plusieurs sites de la Sépaq et qui s’adresse surtout aux enfants. Son ambition: renouveler l’expérience de découverte sur des sentiers via une application mobile. Est-ce vraiment nécessaire en nature d’avoir le nez collé sur un appareil plutôt qu’en l’air?