1 décembre 2016Auteure : Anne Pélouas

Plein air

La cani-randonnée, marcher avec un chien

J’adore découvrir de nouvelles activités et celle-ci — la cani-randonnée — m’a donné récemment bien du plaisir et quelques sensations fortes!

J’ai rendez-vous à l’auberge Appalaches, dans la région de Chaudière-Appalaches. Il a déjà neigé un peu, plu avant, et le temps est frisquet. Rien pour arrêter l’amatrice de plein air qui ne sommeille jamais en moi. Les aboiements guident mes pas vers un chenil. Une quarantaine de chiens de traîneau attendent pour emmener des humains en… randonnée pédestre! Ces beaux toutous travaillent toute l’année et n’ont qu’une envie: se faire détacher de l’enclos pour aller courir en forêt.

Le b.a.-ba de la cani-randonnée

L’équipement de base de la cani-randonnée n’est pas très compliqué. Habillé comme pour une randonnée à pied ou en ski de fond, on place une large ceinture autour de sa taille. Le chien est muni d’un harnais avec un long élastique (corde bungee) d’environ deux mètres, qu’on attache à la ceinture. Puis, c’est parti! Vigoureux (surtout au début), le chien va vite vous entraîner vers l’avant. Sa puissance décuplera la vôtre. Attention, l’animal n’est pas toujours facile à ralentir!

Sur un sentier qui grimpe, on a plaisir à se laisser tirer. Dès qu’on atteint une piste plus étroite, mieux vaut attraper la corde du chien afin de le maîtriser minimalement. C’est aussi ce qui permet de contrôler ses propres mouvements afin de passer soi-même de façon sécuritaire par-dessus les obstacles (branches, racines) et éviter de glisser dans la boue en descente ou sur une passerelle de bois…

Après quelques frayeurs, on parvient assez bien à gérer ses propres déplacements et ceux du chien. L’animal est devenu notre nouveau compagnon de rando… à condition de s’adapter aussi à son rythme. La plupart du temps, vu que le terrain n’est pas trop accidenté dans cette portion du parc régional des Appalaches, le chien conserve beaucoup de puissance et l’on doit plutôt jogger derrière lui… Après une heure, le toutou se sera un peu calmé et on pourra poursuivre à un rythme moins cardio mais se rapprochant plus de la marche rapide que de la balade le nez en l’air.

La cani-randonnée est une bonne façon de marcher autrement dans les entre-saisons, avant ou après la neige, et de faire «corps» avec un chien comme avec un traîneau en hiver.

Photo: Unsplash.
Photo: Unsplash.

Avec ou sans chien?

Si vous avez un chien assez fort, il peut vous emmener loin… Il existe de nombreux clubs sportifs associant chiens et humains. On peut en trouver une bonne liste sur le site de Canicross Québec, réseau provincial d’information sur les «sports canins tractés à petits attelages». Les sentiers ne sont pas tous accessibles aux chiens, même en laisse. Mieux vaut donc vérifier avant de vous y rendre. Dans les parcs nationaux du Québec, par exemple, seuls deux (Jacques-Cartier et Oka) acceptent les chiens depuis peu. La plupart des parcs régionaux, comme celui des Appalaches ou celui des Chutes-Monte-à-Peine (dans Lanaudière) le font, de même que le parc naturel de Sutton ou la station de plein air Au Diable-Vert, dans les Cantons-de-l’Est, entre autres.

Sans chien «personnel», on peut tout de même profiter de ce type d’activité dans plusieurs régions, où elle est proposée par des entreprises spécialisées en traîneaux à chien. En plus de l’auberge Appalaches, le centre d’activités nature Kanatha-Aki, dans Lanaudière, est réputé pour la cani-randonnée, avec des forfaits d’initiation d’une heure ou deux, tout comme Les Secrets Nordiques à la Station Mont-Sainte-Anne (Beaupré). Manitou Mushers, en Mauricie, propose aussi des forfaits de trois heures à une journée, tandis que Randonnée Mïcklà, à Plessisville (Centre-du-Québec), fait de la cani-randonnée (en dehors de la saison de traîneau à chiens) dans l’érablière de l’ancienne Sucrerie d’antan.

Canicross. Photo: Ralf Κλενγελ, Flickr.
Canicross. Photo: Ralf Κλενγελ, Flickr.

Les cani-déclinaisons

En plus de la cani-rando et évidemment du traîneau à chiens, il existe une variété de «sports canins attelés». Parmi eux, le canicross est le plus en vogue au Québec.

Venu d’Europe, il permet de faire de la course ou du jogging en sentier avec son chien devant soi. Un vrai sport d’équipe où l’humain peut augmenter sa cadence grâce à la traction canine! On peut en faire l’initiation aux Secrets Nordiques ou avec un groupe répertorié par Canicross Québec. Le site de l’entreprise FouBraque, qui vend de l’équipement spécial pour ce type de sport, contient aussi une foule d’infos sur le sujet.

Se développent par ailleurs de plus en plus de courses Canicross. À Sherbrooke, on organise ainsi un Canicross de Noël le 3 décembre. Le 25 février prochain, La Virée Nordique présentera le premier «Canicross FouBraque de Charlevoix» au Fairmont Manoir Richelieu de La Malbaie. Et il y a un cani-raid Foubraque au parc des Appalaches en septembre depuis sept ans!

Pour l’hiver, se profile à l’horizon un fort développement de la cani-raquette, après le ski-jöring (à skis) et la cani-trottinette. Au printemps, il y en a pour troquer le ski pour le vélo tracté par un chien… Sûrement décoiffant en sentier!