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15 décembre 2016Auteure : Anne Pélouas

Plein air

Des crampons pour profiter de la marche en hiver

En ville comme en randonnée, les crampons s’avèrent de plus en plus utiles pour ne pas faire de mauvaises chutes. Mais lesquels choisir?

La variété de crampons est impressionnante et, autant vous le dire tout de suite, il n’y en a aucun de parfait pour satisfaire aux exigences de la marche urbaine, de la course ou de la randonnée en montagne. Avec les conseils éclairés de Maxime Gauthier, responsable plancher chez Mountain Equipment Coop, à Longueuil, je vous présente ici les avantages et inconvénients de différents modèles.

Conseils de base

En premier lieu, il faut veiller à un bon ajustement des crampons. Vendus dans des tailles de XS à large, on les choisit en fonction de la taille de nos bottes d’hiver ou de nos souliers de course. Trop lâches, on risque de les perdre facilement, trop serrés, d’avoir froid aux pieds.

Ensuite, on identifie nos besoins: «seulement» pour la ville, la course ou la rando? Ou une version plus polyvalente? Dans ce cas, Maxime suggère d’appliquer la règle du 80%-20% pour orienter votre choix: 80% de l’utilisation envisagée, par exemple pour la randonnée; 20% pour la course. Ou inversement.

Le prix est très variable, avec des qualités de composants (crampons, harnais de caoutchouc) qui le sont aussi. Le plus important est de regarder la surface de contact couverte par les crampons, qui donnera une bonne idée de l’adhérence future sur la glace…

Cramponné pour la ville?

Ayant déjà perdu deux fois mes crampons dans la neige, je préfère jouer de prudence sur les trottoirs glacés de la ville, avant le passage des équipes de nettoyage-sablage-salage, mais nombreux sont ceux qui recommandent d’en utiliser. «C’est pertinent, assure Maxime, mais pas pour tous les jours, seulement juste après une chute de neige ou de verglas». Et mieux vaut les enlever si vous marchez sur l’asphalte, sinon vous allez vite les abîmer!

Pour la marche en ville, Maxime suggère des crampons minimalistes, avec de petits points de contact, comme les NANOspikes de Kahtoola. Très durables, avec des crampons en acier inoxydable (qui ne rouillent pas), ils montent haut sur le talon et sont vendus autour de 60$.

La gamme City de Life Sports, à prix réduit (15$ à 20$), n’est pas si mal pour marcher en ville. Ils offrent une bonne adhérence sur la glace, mais les petits crampons cylindriques peuvent rouiller facilement. «Il faut prendre soin, suggère Maxime, de bien les faire sécher après usage, comme une lame de patin».

Plus polyvalents, pour la marche ou la course, les crampons Yaktrax Pro (33$) sont dotés d’un bon harnais de caoutchouc avec sangle supérieure. La semelle n’a pas de pics pointus, mais un genre de ressort en métal couvrant tout le dessous du pied, talon compris, et offrant une bonne adhérence.

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Semelle de traction NANOspikes de Kahtoola

Bien équipé pour la randonnée

La marque STABILicers offre un bon compromis, selon Maxime, pour la rando légère (sur sentier tapé) et la marche urbaine, à un prix concurrentiel (27$). La semelle a une plaque de caoutchouc sous la plante du pied avec de petits crampons de métal dans tous les sens, quelques crampons au talon et une bande de caoutchouc solide autour de la chaussure.

Dès qu’on attaque la randonnée plus sérieuse, mieux vaut avoir des crampons nettement plus performants. Vendus autour de 50$, les modèles ICEtrekkers sont aussi originaux qu’efficaces, en plus d’être tout de même assez polyvalents pour la randonnée légère et même la ville en condition difficile. Leur sangle de caoutchouc est robuste. Elle est reliée sous le pied par des chainettes en forme de câble d’acier, avec des billes — aussi en acier — de forme conique qu’on appelle pointes de diamant sans que ça en soit! Le tout est léger et les billes sont très efficaces. Seul problème: la rouille possible qu’on ne peut éviter qu’en les asséchant bien après usage!

Crampons d'appoint Stabilicers Lite.
Crampons d'appoint Stabilicers Lite.

Prêts pour la haute montagne?

Dès qu’on attaque un sommet, même au Québec ou en Nouvelle-Angleterre, la glace sur les hauteurs peut être très dangereuse. Il faut donc avoir dans son sac à dos des crampons à pointes longues et effilées. Plus lourds et dépassant souvent 60$, voire 100$, les modèles varient d’armatures articulées avec crampons intégrés (Hillsound Trail, par exemple) à un système de chaînes avec crampons, comme les MICROspikes de Kahtoola. Ces derniers «sont agressifs et 100% en acier inoxydable», souligne Maxime, mais il ajoute qu’à défaut de faire souvent de la marche vers des sommets dénudés en hiver, mieux vaut louer de tels crampons pour un week-end!

MICROspikes de Kahtoola.
MICROspikes de Kahtoola.

Des bottes d’hiver avec crampons intégrés?

L’idée paraît ingénieuse, mais les crampons s’abîment plus vite que les bottes, surtout si on marche sur l’asphalte. Du coup, on en trouve de moins en moins sur le marché. L’une des dernières innovations est celle de bottes de ville avec semelles pour la glace, sans crampons mais bien adhérentes. Maxime aime bien les Merrell Moab FST Ice + avec deux types de caoutchouc pour la semelle: une dure qui fait tout le contour de la botte et une plus molle au centre et au début du talon, avec des points bleus pour accrocher sur la glace. Le hic? «Elles seront parfaites le premier hiver mais ensuite, la partie molle peut s’user rapidement.» Autre hic, leur prix… à près de 200$, plus taxes!

Bottes Merrell.
Bottes Merrell.

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