1 juin 2017Auteure : Marie-Julie Gagnon

Vancouver, ville «nature»

Vancouver a tout pour elle: la nature et les gratte-ciels, la plage et la montagne, les cultures autochtone et asiatique. La ville la plus chère au Canada se visite aisément à pied, à vélo et en transport en commun. Qu’elle devienne ou non la plus écolo au monde en 2020 comme le souhaite le maire Gregor Robertson, elle compte de nombreux parcs – on en dénombre plus de 200 –, tables véganes et autres bâtiments certifiés LEED. Les produits locaux règnent dans la plupart des restaurants. Parfaite, la ville fondée en 1886? Presque!

Peu importe la température, Vancouver est rafraîchissante. Il y a bien sûr l’air pur et vivifiant, mais aussi les multiples activités de plein air. Sa jeunesse la pousse également à regarder vers l’avant plutôt que de miser surtout sur son passé pour attirer les visiteurs.

Il faut aller du côté de Gastown, cœur du premier centre-ville, pour remonter aux origines de la ville. En prenant le Seabus pour me rendre à North Vancouver à la gare Waterfront, dans ce quartier historique, je réalise que je me trouve dans la gare construite par le Canadien Pacifique en 1914.

Si l’horloge à vapeur de Water Street continue de faire courir les touristes, les Vancouvérois se sont réapproprié le quartier au cours des dernières années, en faisant un lieu bouillonnant de créativité, tant du côté des boutiques que des restaurants et des bars.

Photo: Wikipedia Commons Horloge à vapeur
Photo: Wikipedia Commons Horloge à vapeur

Chez Pidgin, je fais connaissance avec le Québécois Alain Canuel, directeur général, qui habite la Colombie-Britannique depuis plus d’une décennie. Comme plusieurs de ses compatriotes de la côte est, cet ex-spécialiste du marketing qui a changé de carrière après avoir complété un cours de sommellerie et vécu dans la vallée de l’Okanagan a été séduit par le climat de la côte ouest. «Il m’est déjà arrivé de skier le matin et de faire un neuf trous l’après-midi», raconte-t-il alors que je sirote un One Eyed Samurai, cocktail à base de tequila au melon, de saké, de lime et de granité au melon.

Plus tard, je me sustente au Nightingale, petit frère du désormais célèbre restaurant Hawsworth, dont le chef David Hawksworth n’a reçu que des éloges depuis l’ouverture de l’établissement en 2011. Plus accessible côté prix, Nightingale, qui vient de célébrer son premier anniversaire, propose un menu éclectique, allant de variations sur le thème des légumes à la pizza, à une clientèle tout aussi variée. L’atmosphère s’avère aussi fort différente du Hawksworth, les convives se retrouvant dans un espace plus lumineux que feutré. La déco rappelle le nom du restaurant – rossignol, en français. Des oiseaux prennent leur envol un peu partout, tant sur les murs qu’au-dessus du magnifique bar. Mes coups de cœur: à mon grand étonnement, les plats à base de choux de Bruxelles et de choux-fleurs.

Non loin de Gastown et du Chinatown, Skawchàys Lodge, dans le Downtown Eastside, quartier surtout connu à cause des nombreux sans-abris qu’on y croise, offre un très bon rapport qualité-prix (chambres à partir de 129$ en basse saison et de 199$, en haute saison). J’y fais mon nid pour deux nuits.

Photo: Marie-Julie Gagnon Skawchàys Lodge
Photo: Marie-Julie Gagnon Skawchàys Lodge

Ce qui m’a attiré dans cet établissement trois étoiles? La mise en valeur de l’art autochtone, la conscience sociale et le programme de résidence d’artistes. Non seulement on y trouve une galerie d’art, mais les chambres ont aussi été conçues par des artistes issues des Premières Nations. Ceux qui souhaitent pousser l’expérience plus loin peuvent réserver une cérémonie privée de purification dans une hutte à sudation traditionnelle qui se trouve sur la terrasse.

L’incontournable Stanley Park

Parmi les atouts de la ville, impossible de ne pas mentionner les plages et le magnifique parc Stanley, plus grand que Central Park.

Photo: Marie-Julie Gagnon, Stanley Park
Photo: Marie-Julie Gagnon, Stanley Park

Comme le soleil brille, j’en profite pour flâner du côté de Coal Harbour, où je regarde décoller et atterrir les avions devant les montagnes. Plus loin, j’imagine ce que serait ma vie dans l’un des yachts de la marina. Je continue ma promenade en longeant le Seawall.

À Stanley Park, je me donne comme mission de retrouver les totems, sans doute l’une des attractions qui attirent le plus de curieux. Je les repère sans trop de mal après avoir emprunté les sentiers quasi déserts du parc. Entre les arbres gigantesques et les fougères, j’ai l’impression d’être à des kilomètres de la ville, pourtant toute proche. Je mitraille les totems de mon appareil photo et me mets en tête de parcourir la ville jusqu’au pont Cambie, puis d’aller manger dans l’un des restaurants les plus réputés de la ville, qui se trouve de l’autre côté: Viji’s.

Photo: Marie-Julie Gagnon Totems
Photo: Marie-Julie Gagnon Totems

Alors que le soleil descend doucement, j’observe les avironneurs depuis le pont. Au loin se profile le musée Science World, à False Creek, sis dans le dôme conçu pour l’Expo universelle de 1986. Je marche depuis trois bonnes heures et je ne peux m’empêcher de sourire.

En savourant le curry de chèvre du meilleur resto indien au pays, je me dis que oui, Vancouver a tout pour elle… encore plus quand le soleil est de la partie!

Où dormir?

On trouve de tout à Vancouver, des auberges de jeunesse aux hôtels cinq étoiles. Mes coups de cœur? Selon les époques, j’ai adoré séjourner à Jericho Beach Youth Hostel, pour son atmosphère décontractée près de la plage, comme à l’hôtel Rosewood Georgia, qui a rouvert ses portes en 2011 après de spectaculaires rénovations, tout en gardant certains éléments de sa fascinante histoire. Saviez-vous qu’Elvis, les Beatles, Nat King Cole et la reine Elisabeth II y ont déjà dormi?

Alors que la suite où ont été tournées des scènes de Fifty Shades of Grey au Fairmont Hôtel Vancouver a ravi l’amatrice de potins croustillants en moi, le Pacific Rim, avec ses baignoires avec vue et son luxe moderne, m’a fait sentir comme l’une des stars qui le fréquentent. Sans oublier son spa avec terrasse magnifique!

Le Listel, sur la rue Robson, constitue un bon choix pour les amateurs d’art (un détail que j’adore: les bibles ont été remplacées par un recueil de nouvelles d’auteurs canadiens), alors que l’Opus, l’un des premiers hôtels boutiques de la ville, du côté de Yaletown, conviendra autant aux voyageurs d’affaires qu’aux stars… et à celle qui sommeille en vous.

Où manger?

On mange divinement bien un peu partout dans la ville. Au fil des ans, j’ai été particulièrement conquise par Tojo’s, sur West Broadway, qui reste l’une des adresses les plus intéressantes pour déguster du sushi «haut de gamme», Hawksworth, sans doute l’une des meilleures tables au pays, The RawBar, à l’hôtel Fairmont Pacific Rim et Miku, où l’on sert des sushis aburi. Sans oublier les izakayas, ces brasseries japonaises animées, et sa cuisine de rue, qui reste l’une des plus intéressantes au pays!

Où boire un verre?

Si vous hésitez sur votre destination, rendez-vous dans le quartier Gastown. Au Pidgin, la carte change tous les trois mois.  L’Abattoir fait partie des incontournables, particulièrement grâce à la créativité du mixologue Shaun Layton. Ce bar et restaurant se trouve sur le site de la première prison de la ville.

On peut aussi boire un verre au bar du Hawksworth ou aller chez Prohibition, à l’étage en dessous. Non, ce ne sont pas les options qui manquent!

Quoi faire?

Parmi les musées favoris, mentionnons le Museum of Anthropology, qui inaugurera la nouvelle galerie Northwest Coast Masterworks le 21 juin.

Plusieurs activités souligneront aussi le 150e anniversaire de la Confédération, notamment les longues tables du restaurant Timber, sur la rue Robson, pour les groupes de 15 personnes et plus, qui se terminent par une dégustation de S’mores qu’on confectionne soi-même autour d’un feu.

Les amateurs de réalité virtuelle risquent pour leur part d’être séduits par FlyOver Canada, une envolée virtuelle à travers le pays.

Excursions dans les environs

À mi-chemin entre Vancouver et Whistler, Squamish est idéale pour une journée de plein air. Il faut absolument emprunter la «Sea to Sky Gondola», téléphérique inauguré il y a trois ans, pour admirer la vue imprenable sur la région.

 

Photo: Marie-Julie Gagnon, Squamish
Photo: Marie-Julie Gagnon, Squamish

Une fois là-haut, plusieurs sentiers attendent les randonneurs. Des cours de yoga avec vue sont également au programme. Envie d’une expérience un peu plus intense? Optez pour la via ferrata! À noter qu’une navette permet de se rendre à Squamish depuis Vancouver.

Un nouveau traversier pour passagers seulement permet par ailleurs de se rendre à Victoria le matin et de revenir en après-midi.

 

Merci à Air Transat, qui propose maintenant des vols directs entre Montréal et Vancouver, et à Tourism Vancouver, qui m’a aidée à attacher les ficelles de ce séjour. Merci aussi à Élyse Mailhot et à Tourism Squamish. Lors de mon récent passage à Vancouver, j’ai été invitée au Skwachàys Lodge et dans certains restaurants. Toutes les opinions émises sont bien sûr 100% les miennes.


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