Photo: Société des musées du Québec
24 mars 2025Auteure : Emilie Laperrière

Le « WOW ! » de la semaine

Maison Wilfrid-Laurier: voyage en 1876

Un personnage incontournable de notre histoire et une maison victorienne qui possède encore tout son charme d’époque: pas de doute, la maison Wilfrid-Laurier justifie à elle seule un détour par Victoriaville.

En 1876, Wilfrid Laurier demande à l’architecte Louis Caron de lui concevoir une maison à Arthabaska, sur la rue de l’Église (aujourd’hui la rue Laurier), en face de son étude d’avocat. Sa construction lui coûte 3000$.

Avec son plan irrégulier, son toit en pavillon surmonté d’un terrasson, ses fenêtres cintrées à l’italienne, ses baies en saillie et son ornementation élaborée, la résidence de briques rouges est un bel exemple de la villa d’inspiration néo-italienne. Elle comporte également une grande véranda à l’arrière. À l’intérieur, on peut constater l’aisance des propriétaires. Les pièces sont spacieuses et richement décorées.

À l’intérieur, on peut constater l’aisance des propriétaires. Les pièces sont spacieuses et richement décorées. Photo: Facebook Musée Laurier

Wilfrid Laurier et sa femme, Zoé Lafontaine, l’habitent jusqu’à ce qu’ils déménagent dans la capitale fédérale, à l’automne 1897. Les Laurier y retournent néanmoins durant l’été et les congés. À partir de 1910, la famille du juge de la Cour supérieure Joseph-Camille Pouliot loue les lieux.

À la demande du juge Pouliot, la maison s’agrandit en 1914. On ajoute notamment une chambre au rez-de-chaussée.

Comme les Laurier n’ont pas d’enfant, c’est leur nièce, Pauline Laurier-Harvey, qui hérite de la demeure après la mort de Wilfrid Laurier en 1919, puis de sa femme deux ans plus tard.

En 1928, deux hommes d’affaires de Montréal, Noah A. Timmins et Andrew Kirk Cameron, prennent possession de la propriété. Ils la remettent au gouvernement du Québec à une condition: qu’on y aménage un musée consacré à la mémoire de l’ancien premier ministre. La promesse est tenue, et le Musée Laurier ouvre ses portes au public l’année suivante.

Le Musée Laurier, consacré à la mémoire de l'ancien premier ministre, lutte aujourd'hui pour sa survie. Photo: Société des musées du Québec

Malgré le travail de moine réalisé au fil des ans pour conserver son lustre d’antan, dont une restauration remarquable de la galerie en 2023, le musée lutte aujourd’hui pour sa survie.

Comme le rapporte Le Devoir, l’institution qui gère également le musée de l’Hôtel des Postes n’a plus un budget suffisant pour payer l’entretien des musées et les salaires de cinq employés. Si vous ne l’avez pas encore fait, c’est donc le temps ou jamais de visiter ce morceau de notre passé.