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4 décembre 2015Auteure : Marie-Julie Gagnon

Ajaccio: histoire, culture et rando

Notre chroniqueuse Marie-Julie Gagnon a visité  Ajaccio, en Corse, dans le cadre du Salon des blogueurs voyage en mai 2015. 

Devant nous, des montagnes de charcuterie et de tentations locales. Saucissons, terrine de brocciu à la menthe, lonzu (filet de porc maigre), fromage de brebis, miel, confiture de figues… Notre guide pose une bouteille de muscat corse sur notre table improvisée. «Bon appétit!» lance-t-il au petit groupe prêt à attaquer ce pique-nique de rêve. Les vagues viennent se fracasser sur les rochers. Pas de doute, nous sommes bien en Corse.

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Sentier des douaniers. Ajaccio. Photo: Marie-Julie Gagnon

Nous nous baladons sur le Sentier des douaniers, qui longe le littoral, depuis deux bonnes heures. Beaucoup plus accessible que le mythique G20, que plusieurs considèrent comme le plus beau trek au monde, ce sentier offre des points de vue époustouflants, sans pour autant nécessiter une forme physique digne d’un athlète olympique. Le trajet total s’étend sur 26 kilomètres. Aujourd’hui, nous en explorons seulement une infime partie, après avoir traversé le maquis. Au loin, les îles Sanguinaires, que je n’aurai pas la chance de découvrir cette fois-ci, me font de l’œil. Ce n’est que partie remise…

Terre natale de Napoléon

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Si la Corse m’éblouit d’abord à cause de son côté carte postale, c’est surtout son histoire et sa culture qui me captiveront les jours suivants. Le Palais Fesch, musée des beaux-arts, m’apparaît incontournable pour en avoir un aperçu, mais aussi pour mieux comprendre les liens entre Napoléon, la Corse et le reste du monde.

Personne ne raconte mieux Napoléon, né à Ajaccio le 15 août 1769, que Philippe Perfettini, qui, en plus d’être responsable des expositions temporaires et des collections napoléoniennes au musée Fesch, a publié un ouvrage permettant de suivre les traces de ce personnage légendaire, Le Guide Napoléon (éditions Albiana). Pourquoi cette fascination? «Il est le symbole que tout est possible et devrait être un modèle pour qui veut faire quelque chose de sa vie, résume-t-il. C’est un Rocky avant l’heure: il n’a rien, gagne tout, perd tout, gagne encore, perd à nouveau et devient immortel à Sainte-Hélène!»

Il suffit de quelques minutes en sa compagnie pour être contaminé par son enthousiasme. Peu importe la sympathie qu’on porte – ou pas – au premier empereur des Français, force est d’admettre que son ascension fulgurante et sa capacité à rebondir restent fascinantes. La Corse a joué un rôle déterminant dans la vie de l’Ajaccien, qui a pu poursuivre ses études grâce à une bourse du roi peu après que l’île soit devenue française.

On réalise rapidement que les traces du clan Bonaparte sont partout à Ajaccio. Le musée des beaux-arts a par exemple été créé grâce à un don de l’oncle de Napoléon, le Cardinal Joseph Fesch, à sa ville natale…

Le rythme corse

«Le Palais des congrès? Une vingtaine de minutes à pied!» Pendant toute la durée de mon séjour à l’île de beauté, je mets au moins deux fois plus de temps pour me rendre d’un point A à un point B que me le prédisent les gens interpellés au hasard de mes promenades. Il faut dire qu’il est difficile de ne pas s’arrêter toutes les cinq minutes pour prendre des photos…

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Grand cliché de la vie insulaire, l’élasticité temporelle impose un lâcher-prise immédiat. Dès la seconde où l’on comprend que se presser n’est pas compatible avec le mode de vie corse, on commence à profiter réellement du voyage. On s’arrête alors pour discuter avec les vendeurs du marché, on flâne près du port, on s’arrête à la plage et, bien sûr, on prend de longs repas copieux. Quand vient le temps de quitter l’île de beauté, on se promet de revenir et de l’étirer, ce temps qui finit toujours par nous échapper.

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Le lâcher prise... Photo: Marie-Julie Gagnon

Alors, la prochaine fois, on commence par la citadelle de Calvi, les plages de Porto-Vecchio, les falaises de Bonifacio, les vestiges archéologiques de Cauria, les îles Sanguinaires ou Lavezzi? Le tout, bien sûr, ponctué de pique-niques où la charcuterie de montagne sera à l’honneur…

Pratico-pratique:

  • Quand y aller: L’été, c’est la folie! Le printemps et l’automne sont des périodes idéales si vous préférez éviter la foule.
  • S’y rendre: Air Transat propose notamment des vols vers Nice tous les jeudis dès le 5 mai, puis les jeudis et dimanches à compter du 29 mai (jusqu’en octobre). De là-bas, il est possible de prendre le traversier ou un court vol avec Air Corsica.
  • Loger: On trouve tous types d’établissements à Ajaccio. L’auteure de ces lignes a
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    Chambre de l'hôtel Les Mouettes. Photo: Marie-Julie Gagnon.

    adoré son séjour à l’hôtel de charme Les Mouettes, une villa corse du XIXe siècle de 28 chambres, et suites assez loin de l’agitation du centre de la ville, mais quand même à distance de marche. Il est possible d’ylouer une voiture à partir de 50 euros par jour.

  • Se déplacer: Bateaux et trains permettent de rejoindre différents coins de la Corse, mais, si vous souhaitez un maximum de liberté, le plus pratique reste de louer une voiture.
  • Rando: Corsica Natura propose différentes randonnées accompagnées, notamment sur le Sentier des douaniers. Il est aussi facile d’organiser ses randonnées de façon indépendante.
  • Napoléon: La maison natale de Napoléon se dresse toujours à l’angle des rues Saint-Charles et Letizia. Elle abrite aujourd’hui un musée consacré à la famille Bonaparte en Corse. Le site Napoleon.org propose des itinéraires et promenades sous le thème de Napoléon (bien sûr pas aussi complet que Le Guide Napoléon).
  • Croisière: Une bonne manière de découvrir l’île de beauté est sans doute par la mer. Le Ponant offre par exemple une croisière de luxe en Corse.
  • Pour plus d’info sur Ajaccio, consultez le site Web de l’Office de tourisme.

Merci à Air Transat et à l’hôtel Les Mouettes, grâce à qui ce séjour a été possible et un merci particulier à Atout France Canada et à Rail Europe!  Toutes les opinions émises dans ce reportage sont 100% celles de l’auteure.