La chronique Culture avec Claude Deschênes

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

Y’a d’la rumba dans l’air?

Tout n’est pas perdu. Cette semaine, la Place des arts m’a écrit pour m’informer que le spectacle qu’Alain Souchon devait donner mardi prochain dans le cadre des FrancoFolies était remis au 17 juin 2021 et qu’on me garde mes places. Je n’aurai jamais acheté des billets pour un spectacle aussi longtemps d’avance! Ce petit ajout à mon agenda 2021, couplé aux résultats d’un sondage Léger commandé par le Quartier des spectacles (QDS), me donne espoir qu’il y a de la lumière au bout du tunnel et de chanter la vieille chanson de Souchon Y’a d’la rumba dans l’air.



Pour qu’il y ait reprise, il faut qu’il y ait une offre, mais aussi un public qui répond à cette offre. Or, c’est justement la bonne nouvelle qu’annonce ce sondage: 60% des habitués du QDS interrogés pensent participer à des activités culturelles lorsque les règles de confinement seront levées. Ça se détaille comme suit:

  • Aller au restaurant (79%);
  • Prendre part à une activité de petite ou moyenne envergure à l’extérieur (71%);
  • Assister à un spectacle dans une petite salle (68%) ou une grande salle (58%);
  • Aller au cinéma (65%);
  • Aller au musée ou dans une galerie (66%).

Le sondage nous apprend aussi que le virtuel, qui nous a bien dépannés ces dernières semaines, devrait céder le pas lorsque les arts vivants auront de nouveau droit de cité.

  • 76 % des répondants ayant visionné des œuvres audiovisuelles en ligne durant le confinement n’ont pas l’intention de privilégier ce type de visionnement une fois qu’il sera possible de retourner en salle;
  • Si ces prestations en ligne étaient payantes, 7% y participeraient très probablement, 41% assez probablement et 53% n’auraient pas l’intention d’y participer.

Réouverture du Jardin botanique de Montréal

Autre bonne nouvelle, la Ville de Montréal a annoncé la réouverture du Jardin botanique à compter du 15 juin. Bien sûr, on parle des jardins seulement. Les serres ainsi que les pavillons du Jardin de Chine et du Jardin japonais demeurent fermés pour le moment. Le public est encouragé à réserver son moment de visite en ligne et à porter le masque. Jusqu’au 31 août, l’accès sera gratuit aux enfants de 17 ans et moins.

Photo: Facebook Espace pour la vie

Victor Bourgeau. Un évêque et son architecte au Musée des hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal

Le Musée des hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal rouvre ses portes en fin de semaine avec une toute nouvelle exposition consacrée à un personnage fascinant de l’architecture montréalaise, le trop méconnu Victor Bourgeau (1809-1888).

Le Musée des hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal présente une exposition consacrée à un personnage fascinant et trop méconnu de l’architecture montréalaise: Victor Bourgeau. Photo: Claude Deschênes

Cet architecte, qui avait toute la confiance de Mgr Ignace Bourget, a contribué à la réalisation de près de 300 bâtiments, principalement dans le diocèse de Montréal, et pas les moindres. L’Hôtel-Dieu, avenue des Pins, avec son orphelinat, son hôpital, sa chapelle-église et son monastère est du nombre, le couvent des Sœurs Grises, boulevard René-Lévesque (anciennement rue Dorchester) aussi. On peut ajouter l’église Saint-Pierre-Apôtre, le projet qui l’a lancé, la chapelle du monastère du Bon-Pasteur, l’église Saint-Enfant-Jésus, rue Saint-Dominique, et la décoration intérieure de la basilique Notre-Dame de Montréal.

L'architecte Victor Bourgeau a contribué à la réalisation de près de 300 bâtiments. Photo: Claude Deschênes

À Laval, il signe les plans de l’église Saint-Vincent-de-Paul et de celle de Sainte-Rose-de-Lima. À l’extérieur du diocèse de Montréal, on lui doit notamment la cathédrale de Trois-Rivières, la cathédrale Saint-Germain de Rimouski et l’agrandissement de la basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa.

Les commissaires Raymonde Gauthier et Ginette Laroche nous racontent cette contribution exceptionnelle avec des documents souvent inédits tirés des riches archives des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu et d’autres prêteurs de renom comme la BAnQ et le Centre canadien d’architecture. Ça va de la soutane de Mgr Bourget, fabriquée à Rome, en passant par une photo rare du côté ouest de l’Hôtel-Dieu, des esquisses des premières maisons de la rue Sainte-Famille et des dessins couleur de la décoration du retable de la basilique Notre-Dame.

L'exposition présente des documents souvent inédits tirés des riches archives des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu et d’autres prêteurs de renom comme la BAnQ et le Centre canadien d’architecture. Photo: Claude Deschênes

Lorsque je suis passé au musée, l’installation était encore en cours, mais j’ai eu le privilège de faire ma visite avec Paul Labonne, le directeur du musée qui a supervisé cette exposition. Il m’a raconté les détails de cette époque où les services de santé et de services sociaux étaient l’affaire des religieux. Si vous pensez que la gestion des CIUSS et des CISS par le ministère de la Santé est compliquée, le bras de fer que se livraient à l’époque les Sulpiciens et l’évêque de Montréal était aussi quelque chose.

VU: C’est ça le paradis? de Élia Suleiman

J’ai vu un film bizarre cette semaine: C’est ça le paradis? d’Élia Suleiman, réalisateur palestinien dont c’est le quatrième long-métrage.

Il y a quelque chose de Jacques Tati dans sa manière de faire du cinéma et du Buster Keaton dans sa façon de jouer (il est le personnage principal). Pendant l’heure et demie que dure le film, Suleiman ne dit pas un mot, il observe, d’abord sa ville natale, Nazareth, ensuite Paris et New York. Pour le résident d’une région sous aussi haute tension que la sienne, la capitale française et la métropole américaine pourraient apparaître comme un paradis, mais le regard qu’il pose confirme que non. Sa manière est rusée.

Dans le cas de Paris, par exemple, il filme ce qui saute aux yeux quand on débarque dans cette ville magnifique, mais néanmoins en proie à une perpétuelle tension: l’inconfort qu’on peut ressentir dans le métro, l’omniprésence policière, l’envahissement de la ville par les touristes.

Pour New York, il caricature une société armée jusqu’aux dents où les anges sont pourchassés par la police et il se surprend de voir l’emprise de l’Halloween sur les jeunes. Son regard moqueur ne fait pas rire aux éclats, mais il subjugue le spectateur.

Après avoir obtenu une mention spéciale du jury au dernier Festival de Cannes, Élia Suleiman déclarait à l’Agence France-Presse que son film était une critique de la situation mondiale dans laquelle nous vivons. «Il y a la police, la violence. Nous vivons une guerre non déclarée. C’est l’état d’urgence partout où vous allez.»

Récemment, dans le magazine français Les Inrockuptibles, il ajoutait: «Mon espoir, c’est qu’à travers l’humour les gens oublient de quoi ça parle et ce que je suis en train de critiquer. Je veux d’abord qu’ils rient, et que plus tard, possiblement, ils se disent: "Mais que sommes-nous en train de vivre?"»

Effectivement, pour peu qu’on s’abandonne à cette bizarrerie cinématographique qui ressemble à un tour guidé burlesque, ce film laisse des traces et ses images nous habitent longtemps.

Il faut que je vous dise aussi que C’est ça le paradis? a été tourné en partie à Montréal, qui se fait passer pour New York. Reconnaîtrez-vous le Vieux-Montréal, le parc Lafontaine, la rue Beaubien?

Le film peut être visionné en location sur le site du cinéma du Parc.

L’Art en vues au Théâtre Outremont

L’automne dernier, le Festival du film sur l’art (FIFA) et le Théâtre Outremont lançaient un événement reprenant quelques-uns des meilleurs films de la programmation du FIFA. La série L’Art en vues comprenait huit films projetés à raison d’un par mois, de novembre à juin.

En mars, l’événement a été annulé à cause de la pandémie. Les partenaires reviennent à la charge avec une version en ligne proposant en juin et juillet trois films réalisés par des femmes et s’intéressant à trois artistes du monde de la chanson.

Du 12 au 16 juin, vous pourrez louer le documentaire Mouffe, muse et mentore de Carmel Dumas, du 26 au 30, Albin de la Simone, images fantômes de Pauline Jardel, et du 10 au 14 juillet, Que l’amour de Laeititia Mikles sur Jacques Brel, un film qui a remporté le prix du public lors du dernier FIFA. La location est au coût de 3,99$ taxes incluses pour chaque film.

Mouffe, Albin de la Simone et Laeititia Mikles participeront aussi à des entrevues en direct sur les comptes Facebook et YouTube du Théâtre Outremont.

AZ Films ouvre ses voûtes

Visionner des films en ligne est devenu de plus en plus facile et le choix de plus en plus en grand avec la pandémie, qui a obligé les cinémas à cesser leurs activités.

Le distributeur AZ Films, qui amène au Québec nombre de films européens, annonçait cette semaine le lancement d’une toute nouvelle plateforme de films en VSD (vidéo sur demande).

Plus d’une centaine de films de son catalogue sont désormais accessibles pour location ou achat. Quelques titres? Les plus belles années d’une vie de Claude Lelouch avec Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant, Ma folle semaine avec Tess, qui a suscité beaucoup d’enthousiasme au dernier Festival international du film pour enfants de Montréal (FIFEM), Papicha de Mounia Meddour, qui nous amène en Algérie à l’époque de la guerre civile des années 1990, Les chatouilles avec Karin Viard, Le mystère Henri Pick avec Fabrice Luchini. Le prix de location est de 5,99$.

Les plus belles années d’une vie de Claude Lelouch avec Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant est disponible en ligne sur la nouvelle plateforme du distributeur AZ Films.

Ma vidéo coup de cœur de la semaine

La Société chorale de Saint-Lambert (SCSL), comme bien d’autres organismes culturels, a dû mettre une croix sur des rendez-vous importants de sa saison 2019-2020, dont l’Ode à la joie à la Maison symphonique le 7 juin dernier. Les choristes ne se sont pas tus pour autant.

Sous la direction de leur dynamique chef Xavier Brossard-Ménard, les choristes ont enregistré, en demeurant chacun chez eux, un extrait du Messie de Haendel que la SCSL souhaite pouvoir présenter en décembre. Le réalisateur Jean-Marc Létourneau a mis ça ensemble. Le résultat, qui est le fruit de centaines d’heures de travail, est fulgurant. Portez attention à la soliste, elle est hallucinante. Avant le chant lyrique, elle faisait du metal!

Notre choeur virtuel en 3D !Voici notre projet vidéo réalisé dans le plus grand confinement au cours de ce printemps surréel!Un extrait du Messie de Haendel que nous espérons chanter en décembre avec l’ Orchestre classique de Montréal et la mezzo-soprano Rihab ChaiebOn a travaillé très fort sous la direction de notre chef de choeur Xavier Brossard-Ménard. Merci XBM! Merci aussi à notre réalisateur Jean-Marc Letourneau, un pro qui nous a permis de vous présenter ce micro-concert dans une cathédrale inventée et en 3D…Merci d'aimer notre page et de la partager !Suivez-nous aussi sur INSTAGRAM Pour plus d’information, visitez notre site web:https://www.chorale-stlambert.qc.ca

Posted by Société Chorale de Saint-Lambert Choral Society on Wednesday, June 10, 2020