La chronique Culture avec Claude Deschênes

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

Vous avez dit déconfinement?

Quels ont été les deux mots de la semaine? «Déconfinement» et «graduel». On les a répétés à satiété, et j’ai compris qu’à mon âge (j’ai plus de 60 ans) je serai plus en mode graduel qu’en mode déconfinement. Ce n’est pas demain la veille que mon fils reviendra partager un souper avec ses «vieux» parents ou qu’on pourra aller rendre visite à la famille et aux amis dans l’Outaouais ou la région de Québec.



Je crains même que les marches que ma blonde et moi faisons régulièrement risquent d’être de plus en plus entravées avec cette réouverture graduelle des activités. En période de confinement, les deux mètres de distanciation sont difficiles à maintenir quand le trottoir fait moins de deux mètres, alors imaginez quand le go pour le déconfinement sera donné! En attendant la reprise prévue pour le 11 mai à Montréal, nous continuons donc d’explorer les rues et les parcs pendant qu’ils sont encore plutôt déserts le matin.

Des musées à ciel ouvert

J’ai même trouvé une façon d’allier culture et grand air. En effet, il existe à Montréal plusieurs endroits où on peut déambuler dans ce qui ressemble à un musée à ciel ouvert. C’est le cas des alentours du Musée des beaux-arts de Montréal. L’institution expose à l’extérieur de ses pavillons (rues Sherbrooke, du Musée, Bishop) des sculptures d’artistes renommés. Son Jardin de sculptures compte des œuvres de Calder, Riopelle, Jaume Plensa, Joe Fafard, Henry Moore, pour n’en nommer que quelques-uns.

Le bronze «Claudia» de Joe Fafard dans le Jardin de sculptures du Musée des beaux-arts de Montréal. Photo: Claude Deschênes

Le Soleil, spectaculaire œuvre en verre soufflé de Dale Chihuly, n’a pas encore été installé, mais au MBAM, on m’assure que Le Soleil brillera de tous ses feux cet été. La date dépend de la Direction de la santé publique.

Le Soleil, spectaculaire œuvre en verre soufflé de Dale Chihuly. Photo: Claude Deschênes

Profitez du fait que vous êtes dans le secteur du Musée des beaux-arts de Montréal pour vous rendre au pavillon Henry-F. Hall de l’Université Concordia, angle de Maisonneuve et Mackay. Il y a là une sculpture qui se transforme au gré du vent. Laissez-vous hypnotiser par Di-Octo. Cette œuvre cinétique de l’artiste américain Anthony Howe est absolument fascinante.

On peut aussi faire une belle marche dans le Vieux-Montréal tout en contemplant des œuvres d’art. On les apprécie davantage du fait qu’il y a moins de circulation et de touristes. Je pense à Source de l’artiste catalan Jaume Plensa, angle Robert-Bourassa et Wellington, à Tai Chi Single Whip de Ju Ming au square Victoria, à Love de Robert Indiana sur le parvis de LHotel Montréal, au 262, rue Saint-Jacques, à La Joute de Jean-Paul Riopelle devant la Caisse de dépôt et placement du Québec, et aux Chuchoteuses de Rose-Aimée Bélanger, angle Saint-Paul et Marie-Morin.

Les Chuchoteuses de Rose-Aimée Bélanger, angle Saint-Paul et Marie-Morin. Photo: Claude Deschênes

Avec le printemps qui va finir par se pointer le bout du nez, il faudra aussi mettre à l’agenda une sortie au parc René-Lévesque, à Lachine. Les nombreuses sculptures qui s’y trouvent, héritées de symposiums de sculpture tenus à cet endroit dans les années 1980 et 1990, sont magnifiées lorsque les arbres sont en fleurs.

Les nombreuses sculptures du parc René-Lévesque, à Lachine, sont magnifiées par les arbres en fleurs. Photo: Claude Deschênes

On retrouve ce même genre d’œuvres monumentales autour du lac des Castors sur le mont Royal; celles-là datent du milieu des années 1960 alors que Montréal accueillait le premier Symposium international de sculpture en Amérique du Nord.

Les œuvres monumentales du parc du Mont-Royal. Photo: Claude Deschênes

Pour rendre vos excursions encore plus intéressantes, je vous conseille de consulter le site web du Bureau d’art public de la Ville de Montréal. Vous saurez tout sur les œuvres de la collection d’art public de Montréal.

Visites virtuelles au musée Pointe-à-Callière

Les musées, forcés de fermer leurs portes pour cause de pandémie, n’ont pas pour autant renoncé à poursuivre leur mission. Plusieurs initiatives extrêmement intéressantes ont été mises en place pour permettre au public de continuer à avoir accès à ces lieux de savoir et de culture. Sur son site internet, la Société des musées du Québec a regroupé un grand nombre de visites virtuelles qu’on peut faire dans les musées de la province.

Chaque institution a sa manière. Par exemple, le jeudi midi, le musée Pointe-à-Callière donne rendez-vous à son public sur Facebook pour des visites virtuelles en direct. Cette semaine, l’archiviste des collections et la chargée de projets aux expositions ont raconté les dessous du montage d’une grande exposition. La semaine prochaine, on nous propose la visite de l’exposition Ici a été fondée Montréal, le 14 mai, on parcourra les vestiges de Pointe-à-Callière, alors que le 21 mai, on nous guidera à travers l’exposition Les bâtisseurs de Montréal.

Si vous n’êtes pas disponible à l’heure dite, l’enregistrement de ces visites est ensuite rendu disponible en ligne.

Pointe-à-Callière chez vous - Visite guidée virtuelle de l'égout collecteur

Posted by Pointe-à-Callière, cité d'archéologie et d'histoire de Montréal on Thursday, April 23, 2020

VU: Le documentaire Le Château

Au moment où l’hébergement des personnes âgées vivant au Québec fait la manchette, nous arrive un documentaire qui nous amène au cœur du sujet, mais dans une perspective prépandémie.

Dans le film Le Château, le réalisateur Denys Desjardins nous ouvre la porte sur la vie dans une résidence privée pour aînés du boulevard Gouin, un secteur de la ville de Montréal qui en compte déjà beaucoup et où il ne cesse de s’en construire de nouvelles.

En fait, Denys Desjardins nous montre comment sa mère se débrouille dans cet environnement. Octogénaire enjouée qui se dit comblée par ses enfants, Madeleine Ducharme n’aspire qu’à une chose: finir ses jours paisiblement dans son appartement du Château Beaurivage qu’elle adore. Dans son esprit, le bail qu’elle a signé est pour la vie. «À la vie, à la mort», se plaît-elle à répéter.

Mais le jour où la maladie d’Alzheimer commence à lui voler sa mémoire et son autonomie, le petit bonheur d’une vie tranquille dans son logement, dernier refuge d’indépendance, s’effrite. Il faut voir Madeleine résister devant ses enfants qui lui parlent de déménagement. Ces derniers n’ont d’autres choix que de faire valoir les arguments des autorités de la résidence, qui n’a pas le personnel requis pour s’occuper du cas lourd qu’est devenue leur mère et qu’on voit péricliter sous nos yeux.

Le documentaire est plus impressionniste que vindicatif, mais il n’en demeure pas moins percutant par les questions qu’il pose. Qu’est-ce qu’on fait avec nos personnes âgées? Où est-ce qu’on les loge? Comment les traite-t-on? Comment les nourrit-on? À qui confie-t-on la tâche de s’occuper d’eux et de leurs besoins? Des questions on ne peut plus d’actualité!

Comme les cinémas sont fermés, le film Le Château ne sortira pas en salle. Le service de télévision numérique Illico le présentera en exclusivité à partir du 5 mai. Il sera ensuite disponible sur différentes plateformes à compter du 19 mai.

Mon vidéoclip de la semaine

Il s’en est dessiné des arcs-en-ciel depuis l’apparition de la COVID-19! Ce retour aux crayons de couleur a inspiré les Cowboys Fringants.

Le groupe a profité de la disponibilité de ses fans pour leur demander de participer à la réalisation de son nouveau clip, Sur mon épaule, chanson du nouveau disque Les antipodes. Plus de 300 d’entre eux, provenant de toute la francophonie, ont répondu à l’appel lancé par Jean-François Pauzé, Jérôme Dupras, Karl Tremblay et Marie-Annick Lépine sur Facebook.

Le défi était de dessiner des images que le groupe avait tournées lors d’un enregistrement de la chanson avec leurs enfants. En utilisant une technique d’animation connue sous le nom de rotoscopie, le réalisateur Gabriel Poirier-Galarneau a assemblé plus de 2000 de ces dessins pour en faire une sorte de fresque musicale des temps modernes. Le résultat est touchant quand on pense que chacun a fait ça de son côté, comme quoi il n’y a rien pour contraindre la créativité et le travail collectif, même en période de confinement.

MA bonne nouvelle de la semaine

On trouve son bonheur où on peut. Moi, cette semaine, ma bonne nouvelle est venue de l’auteur-compositeur-interprète Peter Peter, mon pref en musique québécoise. Il a enfin sorti une nouvelle chanson, disponible sur Apple Music, Spotify, Bandcamp. Conversation est inspirée de ses visites chez sa psy à Paris, où il vit désormais. Pour un gars qui cultivait le mystère dans ses textes, ça me semble tout un changement. Pour ce qui est de la forme, les synthés, la rythmique infaillible, la voix suave, tout y est! J’ai très hâte d’entendre le reste du disque Super comédie. La sortie est prévue pour le 25 septembre.