La chronique Culture avec Claude Deschênes

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

Viens, je t’emmène avec moi

L’été se pointe. Nous sommes doublement vaccinés? La vie est belle, donc! Cette semaine, je vous emmène en balade à la découverte de la métropole, qui a vu sa collection d’art public s’enrichir au cours des derniers mois.



Le 10 juin dernier, la dernière phase du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) a été inaugurée. Dix ans après le début des travaux! C’est le temps d’aller apprécier l’ouvrage, qu’on a tous contribué à payer.

L’entrée de la rue Saint-Denis est spectaculaire avec son amphithéâtre Pierre-Péladeau, une œuvre d’art en soi. Recouverte de panneaux de cuivre perforés, cette structure toute en courbe nous donne l’impression d’un cœur qui bat. À l’intérieur se trouve une salle pouvant accueillir 356 spectateurs qu’on peut transformer en un cabaret offrant 144 places. De quoi avoir envie d’aller à l’hôpital!

Recouverte de panneaux de bronze perforés, cette structure toute en courbe nous donne l’impression d’un cœur qui bat. Photo: Claude Deschênes

Maintenant que cette pièce d’orfèvrerie est complétée, on peut pleinement admirer La vie en montagne, une œuvre de 2 610 mètres carrés qui couvre huit étages de fenêtres du centre ambulatoire du CHUM. Les montagnes qui sont représentées dans les cercles sont constituées de 15 000 mots gravés dans le verre. Une création du duo montréalais Doyon-Rivest.

Les montagnes qui sont représentées dans les cercles sont constituées de 15 000 mots gravés dans le verre. Photo: Claude Deschênes

1+1+1=1

Boulevard René-Lévesque, sur le flanc nord du pavillon administratif qui vient tout juste d’être livré, on retrouve au niveau du trottoir une suite de 15 totems multicolores attribuables à un autre duo, Richard Ibghy et Marilou Lemmens, de Durham-Sud au Québec.

Les 15 totems multicolores sont attribuables au duo Richard Ibghy et Marilou Lemmens. Photo: Claude Deschênes

L’œuvre s’intitule 1+1+1=1, pour rappeler que le CHUM est la somme de trois hôpitaux: l’Hôtel-Dieu, Notre-Dame et Saint-Luc. Chaque colonne évoque différents aspects de l’histoire des trois institutions. Les faits retenus par les artistes, disparates et amusants, évitent le piège de la glorification des bâtisseurs. Pas demain la veille qu’on voudra les déboulonner!

Photo: Claude Deschênes

Depuis soixante ans cette année, chaque chantier public du gouvernement du Québec doit consacrer 1% de son budget à l’intégration d’œuvres d’art à l’architecture. Depuis 1961, aucun autre programme artistique n’a été plus important que celui du CHUM, avec un investissement de 5 millions de $ en œuvres d’art. Le REM devrait bientôt dépasser cette somme.

Photo: Claude Deschênes

Plusieurs œuvres commissionnées se trouvent à l’intérieur du bâtiment. Vous en aurez un aperçu en cliquant ici.

Le patriote Chénier est de retour

Pendant que vous êtes dans le secteur du CHUM, passez voir la statue complètement restaurée de Jean-Olivier Chénier devant le Centre de recherche du CHUM, rue Saint-Denis. Chef de file de la rébellion des Patriotes de 1837-1838, Chénier a retrouvé son socle sur l’îlot qui porte son nom. La sculpture a été réalisée en 1891 par l’artiste allemand Alfonso Pelzer.

La sculpture de Jean-Olivier Chénier a été réalisée en 1891 par l’artiste allemand Alfonso Pelzer. Photo: Claude Deschênes

La pièce manquante du Quartier international

Dix-sept ans après la création de la place Jean-Paul Riopelle dans le Quartier international de Montréal, on peut dire que le tableau est complet. Le sinistre terrain vague qui faisait face à la fontaine La joute de Riopelle s’est mué en un gigantesque complexe qui réunit des fonctions d’habitation en condo, d’hôtellerie et d’espaces à bureaux.

Le projet Humaniti, de la société immobilière québécoise Cogir, offre une bonne place à l’art public. La pièce maitresse de cette nouvelle adresse est une œuvre de l’artiste Marc Séguin intitulée Hanima. Il s’agit d’un arbre dont le feuillage multicolore est constitué de 2 000 panneaux d’aluminium, culminant à 32 pieds de hauteur au-dessus d’un bassin d’eau réfléchissant. L’artiste a utilisé un véritable tronc d’arbre qu’il a coulé dans le bronze. En guise de clin d’œil à une tradition bien québécoise, il y a accroché une chaudière d’eau d’érable.

Hanima est une œuvre de l’artiste Marc Séguin composée d'un arbre dont le feuillage multicolore est constitué de 2 000 panneaux d’aluminium, culminant à 32 pieds de hauteur au-dessus d’un bassin d’eau réfléchissant. Photo: Claude Deschênes

Disons que tout ce secteur, comprenant Humaniti, le siège social de la Caisse de dépôt et placement, le Palais des congrès, la place Riopelle et le Centre de commerce mondial, est devenu extrêmement «instagrammable».

Commémoration de La Grande Paix de Montréal

Direction l’îlot Bonaventure, pour voir, à l’angle du boulevard Robert-Bourassa et de la rue William, Dans l’attente de la Montréalaise d’origine algonquine Nadia Myre. L’œuvre est là depuis 2019, mais elle est toujours d’actualité.

Cette année, c’est le 320e anniversaire de la Grande Paix, un accord signé à Montréal le 4 août 1701 par 39 nations autochtones venues de partout en Amérique du Nord, et le gouverneur de la Nouvelle-France Louis-Hector de Callière. Comme quoi la cohabitation a déjà été plus heureuse.

L’installation en bronze de Nadia Myre recrée en trois dimensions quelques-unes des signatures des chefs autochtones qu’on trouve au bas de ce traité historique. C’est l’une des plus importantes œuvres d’art public autochtone à avoir été réalisée à Montréal en cinquante ans.

L’installation en bronze de Nadia Myre est l’une des plus importantes œuvres d’art public autochtone à avoir été réalisée à Montréal en cinquante ans. Photo: Claude Deschênes

À voir durant l’été

Le sentier des îles, parcours qui permet de découvrir la richesse culturelle, patrimoniale et naturelle du parc Jean-Drapeau, demeure un incontournable cet été. Le tracé qui guide les promeneurs dans leur visite vient d’être rafraichi. En suivant les lignes verte et bleue, pas de danger de se perdre!

Le phare du cosmos d’Yves Trudeau. Photo: Claude Deschênes

À vous Le phare du cosmos d’Yves Trudeau, L’Homme de Calder, la fontaine Wallace de Charles-Auguste Lebourg, les jardins fleuris, relents des Floralies, et les tonnes de souvenirs d’Expo 67 que ce lieu fait surgir. Un véritable voyage dans le temps sur les bords de notre beau fleuve Saint-Laurent. Vous pouvez télécharger le dépliant du parcours ici.

Une exposition de photos de foules

Cet été, le musée McCord revient avec son exposition de photos en plein air sur l’avenue McGill College. Le thème: les rassemblements populaires extérieurs. En fait, tout ce dont on a été privé depuis le début de la pandémie en vingt photos grand format, tirées des riches archives du musée.

Photo: Claude Deschênes

L’exposition compte beaucoup de photos de la Saint-Jean. Dans celle-ci prise lors du Défilé de la Saint-Jean en 1993, la première Fête nationale de mon fils, j’ai cru reconnaître dans la foule anonyme le reporter de La Presse Richard Hétu, aujourd’hui correspondant à New York et que je lis assidument. Je l’ai relancé en lui envoyant la photo. Il m’a confirmé que c’était bien lui avec son collègue Éric Trottier, qui est devenu par la suite son patron. Je n’imagine pas le nombre de personnes qui reconnaîtront des gens dans ce lot de visages anonymes.

Photo: Claude Deschênes

Le musée offre aussi des circuits extérieurs autoguidés. Il s’agit d’une application qu’on obtient gratuitement sur AppStore ou WebApp qui permet de découvrir l’histoire de différents points d’intérêts montréalais comme le Mille carré doré, le quartier Griffintown ou les grands magasins du centre-ville.

Plus de détails ici.

PAUSE

Sentez-vous l’appel du large? Moi, oui. Je vous annonce d’ailleurs que je serai en pause pendant la belle saison. Aussi, je vous laisse avec ce qui sera ma chanson de l’été, l’irrésistible Pause de Corneille.