La chronique Culture avec Claude Deschênes

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

La part du diable: un condensé du Québec des années 70

Je m’assume. Je vous parle encore du passé cette semaine. C’est que j’ai vu un bijou, La part du diable de Luc Bourdon, seul long métrage canadien en compétition internationale au Festival du nouveau cinéma.



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Je m’attendais à aimer ça, car Luc Bourdon reprend ici le même procédé qui lui avait tant réussi pour La mémoire des anges, gagnant du Jutra du meilleur documentaire en 2009. Il nous raconte de nouveau le Québec à partir d’archives de l’Office national du film.

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Cette fois, le réalisateur a fouillé dans ce qui a été produit de la fin des années 60 au début des années 80. Durant ces années-là, l’ONF était sur tous les fronts à l’affût de tout ce qui bougeait, tirait, déboulonnait. Ses équipes ont capté l’air du temps sur la question nationale, les luttes syndicales, l’apparition des revendications féministes, la transformation du territoire, etc.

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Luc Bourdon a visionné plus de mille heures de pellicule de ces archives. Il a retenu des extraits d’environ 175 films. Des films qui ont documenté la misère de l’époque, montré les assauts de la jeune génération contre l’ordre établi, immortalisé des traditions aujourd’hui disparues.

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La part du diable nous vaut aussi de revoir René Lévesque dans toute sa splendeur pédagogique; Micheline Lanctôt, sculpturale dans un extrait de Souris, tu m’inquiètes; de renouer avec la pasionaria Pauline Julien ou de se rappeler que c’est René Simard qui chantait la chanson officielle des Jeux olympiques de Montréal.

La prouesse, c’est d’avoir donné une cohérence à ce flot d’images plutôt disparates. Toutes ces perles enfilées donnent un portrait impressionniste et impressionnant d’une société en ébullition, en butte à ses contradictions. Si par moment on n’en revient pas du chemin parcouru, à d’autres on a l’impression que l’histoire se répète. En tout cas, chacune des 102 minutes de cette anthologie cinématographique nous dit d’où l’on vient.

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En attendant la date précise de la sortie en salle de La part du diable, je vous suggère de voir, ou revoir, La mémoire des anges disponible pour écoute sur le site de l’ONF.