La chronique Culture avec Claude Deschênes

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

Mes 12 chansons pour l’été 2022

Depuis des lunes, j’ai un rituel quand les vacances estivales approchent. Je me fais une liste de lecture pour accompagner la belle saison. Inspiré par les Francofolies, qui sont en cours jusqu’au 18 juin à Montréal, je vous propose mes 12 chansons pour l’été 2022.


Le temps passe, Emma Peters

Je mets Le temps passe d’Emma Peters au sommet de ma liste parce que la chanson et le vidéoclip qui l’accompagnent sont parfaitement dans l’esprit de l’été, une saison où on aime faire des déplacements relax en auto.

Emma, qui a tout juste 26 ans, est née à Lille, en France. Son premier disque, Dimanche, est paru en mars dernier. Avec ce grain de voix si particulier, qui rappelle un peu celui de Carla Bruni, je pense qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’elle.

Ce n’est pas de la chance, Ariane Roy

Ce n’est pas de la chance a quelque chose d’addictif. Cette chanson m’envoûte. Avec sa guitare, qui a quelque chose d’hawaïen, Ariane Roy a créé un rythme irrésistible qui soutient les 4 min 50 s de cette chanson et qui fait en sorte qu’on ne veut pas qu’elle se termine. D’ailleurs, la toune a une fausse fin, et repart de plus belle pour notre plus grand bonheur. Laissez-vous prendre! Ariane Roy a été Révélation Radio-Canada 2021-2022.

Les années, Ponteix

1, 2, 3, 4, 5 (à prononcer en anglais), on se téléporte en Saskatchewan, le pays de Ponteix. Ponteix, c’est le nom d’un village francophone du sud de cette province, mais c’est aussi celui d’un groupe mené par Mario Lepage, un Fransaskois qui fait très habilement groover les rythmes électroniques. Tourné dans les Prairies, le vidéoclip ne trahit pas une seconde l’esprit planant dans lequel la chanson nous met.

Hasard, Robert Robert

Cette année, le disque Aquanaute d’Ariane Moffatt a 20 ans. Pour l’occasion, il a été demandé à plusieurs artistes de la relève de reprendre les titres de cet enregistrement marquant. Celui qui s’en est tiré le mieux, c’est Robert Robert, avec une version de la chanson Hasard, parfaite pour l’été.

Du reste, j’aurais pu pratiquement choisir n’importe quelle chanson de son premier disque en français paru à pareille date l’an dernier. Silicone Villeray compte plusieurs petits bijoux, notamment L’été je m’ennuie, Les gens et La nuit se plaindre avec Hubert Lenoir. Y’a pas de hasard, juste beaucoup de talent.

Octembre, Hubert Lenoir

Parlant d’Hubert Lenoir! Voilà un spécimen rare qui m’oblige à m’ouvrir à des propositions pas toujours évidentes pour l’homme âgé que je suis. Hubert me bouscule par sa façon d’être, mais il y a plusieurs chansons de son disque Pictura de Ipse: Musique directe auxquelles je ne peux pas résister tant elles sont ensorcelantes, notamment Secret, qui a remporté mercredi le Prix de la chanson SOCAN, une récompense attribuée par un vote public et dotée d’une bourse de 5 000$.

J’aime aussi Octembre, qu’il fait avec Bonnie Banane. Le clip, tourné à Paris, est assez déjanté, comme tout ce que fait Hubert Lenoir.

Pour la première fois, j’ai rencontré l’artiste avec son groupe cette semaine. J’ai été fasciné par sa concentration au travail, la rigueur du personnage qu’il s’est créé, et son intelligence émotionnelle.

Rends l’amour, Benjamin Biolay

Un titre tout chaud maintenant, que je n’ai pas encore totalement apprivoisé. Rends l’amour de Benjamin Biolay est sorti cette semaine.

C’est la première chanson de son prochain disque à paraître en septembre. La barre est haute, car l’album précédent, Grand Prix, était une totale réussite.

J’avoue qu’à la première écoute, le visuel du vidéoclip a monopolisé mon attention. Ce tournage réalisé à Sète, où Biolay habite, est hallucinant. Pour juger la chanson, faites une deuxième écoute avec les yeux fermés. Vous verrez, la toune se tient toute seule.

Tu me play, Juliette Armanet

On reste en France avec Juliette Armanet, native de Lille, comme Emma Peters. Même si elle n’a rien gagné aux Victoires de la musique, on n’oubliera jamais sa tenue inspirée de la boule disco. Ce n’était pas anodin, sur certains titres de son disque Brûler le feu, Juliette Armanet est résolument disco, comme sur Tu me play. D’autres fois, elle rappelle Véronique Sanson.

Les Montréalais ont eu la chance de la voir gratuitement cette semaine aux Francos. Toujours à l’affût de la meilleure nouveauté, le programmateur Laurent Saulnier avait programmé cette nouvelle bombe sur la grande scène extérieure de la place des Festivals jeudi.

Amour toujours, Clara Luciani

Si Juliette Armanet n’a rien gagné aux Victoires de la musique, c’est parce que Clara Luciani a écrasé la concurrence, remportant le prix du meilleur album (Cœur) et celui de l’artiste féminine de l’année. Elle aussi fait dans le disco et nous a visités dans le cadre des Francos. C’était mardi au MTELUS. Le clip de la chanson Amour toujours est amusant. Il met en vedette l’actrice fétiche de Pedro Almodovar, Rossy de Palma.

Rome, Peter Peter

Peter Peter, dont je vous parle souvent, est revenu vivre au Québec après des années dans la capitale française. Il s’est remis au travail pour un nouveau disque à venir bientôt. Son plus récent titre accompagnera mon été avec son beat irrésistible qui nous mène à Rome. Que voulez-vous, j’aime toutes les chansons qui ont Rome pour sujet. Le clip nous offre un cadre dépaysant peu fréquenté des touristes québécois. Il a été tourné en Géorgie, pays du Caucase sur la côte est de la mer Noire.

La vallée des fantômes, Sébastien Lacombe

La toune d’été parfaite, c’est celle qui a une mélodie qu’on fredonne aisément. Sébastien Lacombe a trouvé la formule pour que ça arrive. Je vous mets au défi de ne pas chanter La vallée des fantômes en roulant sur la route ou autour d’un feu de camp avec le plus habile de vos proches à la guitare. Vous allez faire des la la la la c’est sûr, et comme moi, avoir envie d’aller écouter Le chemin des possibles, sixième disque de ce patient artisan de la chanson.

Contigo Escapar, Ramon Chicharron

Je dois saluer ici Alexandre Courteau, animateur de Tellement Courteau à ICI Musique qui, grâce à son enthousiasme, joue souvent auprès de moi le rôle de fournisseur de nouveautés. Je lui dois la découverte de Ramon Chicharron, Montréalais d’origine colombienne. La chanson Contigo Escapar, qui se trouve sur son plus récent disque, Destello Estrallas, est une merveille électrotropicale. Idéale pour chiller à l’apéro ou se déhancher au soleil couchant. Formidable exemple du monde dans lequel on vit désormais, l’artiste autochtone Natasha Kanapé Fontaine amène sa contribution à cet univers.

Bahia, Bon Entendeur

Pour faire une douzaine, je vous laisse avec une chanson qui a 50 ans cette année, Bahia de Véronique Sanson, en version pimpée par le duo français Bon Entendeur, des as du remix.

À bon entendeur, salut! Et bon été!