La chronique Culture avec Claude Deschênes

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

Les scènes fortuites: le blond de Like-moi fait du cinéma

Si je vous dis Guillaume Lambert, savez-vous de qui il s’agit? Peut-être pas. Si je précise qu’il s’agit du blond de Like-moi, là, il y a un peu plus de chances que vous le replaciez, non? Alors je continue.



En plus de faire partie de la distribution de la plus cool des émissions de Télé-Québec, Guillaume Lambert a joué dans Nouvelle adresse (Radio-Canada), L’âge adulte (ICI Tout.tv), dansé pour Dave St-Pierre (Le cycle de la boucherie), publié un livre chez Leméac (Satyriasis, mes années romantiques), remporté un prix Jutra pour son court-métrage Toutes des connes. Pas mal pour un gars de 33 ans! Et le voilà qu'il ajoute un premier long-métrage à sa feuille de route.

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Un gars à surveiller

Les scènes fortuites, qui sort cette semaine, a valu à Guillaume Lambert une invitation à Tout le monde en parle dimanche dernier. Assis entre l’humoriste Stéphane Rousseau et la journaliste Michèle Ouimet, le blond de Like-moi est maintenant officiellement en orbite selon moi. Guy A. Lepage lui a donné sa bénédiction, et Danny Turcotte, sur sa petite carte, a renchéri en décrétant qu’on n’a pas fini d’entendre parler de lui, ce avec quoi je suis pas mal d’accord.

OK, on se calme, ce n’est pas le film du siècle. Ça a été tourné en 20 jours avec les moyens du bord et un budget de moins de 200 000$. Mais il y a, compte tenu de tout ce que ce garçon de Sorel a accompli à ce jour, le germe de quelque chose de très personnel qu’on pourrait appeler une signature.

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Les aléas de Damien Nadeau-Daneau

Guillaume Lambert a écrit et réalisé Les scènes fortuites en plus d’y tenir le rôle principal. Il a puisé dans ses propres expériences de vie pour créer son personnage, qu’il a déjà comparé en entrevue à un Charlie Brown de 30 ans qui traîne sa mélancolie partout où il passe. Damien Nadeau-Daneau, c’est son nom, est malheureux dans sa job de monteur de capsules vidéo humoristiques, encaisse difficilement qu’on refuse son projet de film avec l’acteur français Denis Lavant (le vrai fait partie de la distribution), s’emmerde au mariage en deuxièmes noces de sa mère, se cherche toutes sortes de maladies, s’humilie à jouer les lutins dans une vidéo de père Noël, etc.

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Un film très Y

J’arrête ici avant que vous pensiez que c’est déprimant. Le montage très rythmé de toutes ces scènes incongrues et le regard empreint de réalisme que Guillaume Lambert jette sur ces situations désespérées ont quelque chose de décalé qui fait sourire. C’est parfois absurde comme seule la vie peut l’être, ou délicieusement «malaisant». On est dans la veine des films low-fi à la Stéphane Lafleur (Tu dors Nicole, En terrains connus), mais à l’humour plus noir.

Les actrices (Valérie Cadieux, Sarianne Cormier, Monia Chokri, Bianca Gervais, Léane Labrèche-Dor) et les acteurs (Alexandre Goyette, Jean-Carl Boucher, Mickaël Gouin) donnent un ton très juste à cette partition 100% génération Y. Pas étonnant, ils sont tous nés dans les années 80, comme Guillaume Lambert. C’est d’ailleurs François Pérusse (Les 2 minutes du peuple), le héros de leur jeunesse, qui a hérité du rôle du narrateur.

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Va falloir chercher pour le trouver

Les scènes fortuites ne fera pas le box-office de Trip à trois (2 millions $ atteints cette semaine), sa distribution est beaucoup trop restreinte. Le film sort seulement dans deux cinémas cette semaine, le Beaubien à Montréal et Le Clap à Québec, et à Sherbrooke le 2 février. Mais le distributeur, Entract Films, a mis sur pied une tournée de projections spéciales. Le réalisateur accompagnera son ovni à Trois-Rivières, Saint-Eustache, Saint-Jérôme, Sorel-Tracy, Belœil et Saguenay. Soyez à l’affût, un nouveau talent, ça s’attrape au début quand on se rappelle davantage de la couleur de ses cheveux que de son prénom. D’ailleurs, il s’appelle comment?