La chronique Culture avec Claude Deschênes

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

Imagine Monet, être tout petit devant le grand Monet

J’ai vu avec bonheur des tableaux de Claude Monet à Paris, Montréal, Ottawa, Québec, Boston, New York, Chicago. J’ai visité son jardin de Giverny en Normandie. Et voilà que cette semaine, j’ai vécu la première mondiale d’une toute nouvelle exposition immersive de l’artiste. Imagine Monet est présentée à Arsenal art contemporain, à Montréal, jusqu’au 27 février 2022. Si vous aimez Monet autant que moi, courez-y, c’est comme être admis dans l’œuvre du maître de l’impressionnisme.



Après nous avoir offert en première nord-américaine Imagine Van Gogh en 2019 à Montréal, et Imagine Picasso l’été dernier à Québec, Annabelle Mauger et Julien Baron nous reviennent avec une nouvelle création autour de l’œuvre de Claude Monet (1840-1926). Le concept de base est toujours le même: dans la grande salle de l’Arsenal, qui fait 20 000 pieds carrés, on projette sur d’immenses écrans un montage de photos de toiles réalisées par l’illustre peintre. Les images en haute résolution (il y en a plus de 300, à partir de 200 toiles, pendant les 40 minutes du spectacle) permettent de s’intéresser à des détails de paysage, aux touches si caractéristiques du peintre, à la lumière qu’il a su si bien rendre.

Photo: Claude Deschênes

Annabelle Mauger a construit la trame narrative de l’exposition en respectant la chronologie de l’histoire de Claude Monet et l’évolution de la lumière dans son œuvre. Quant à Julien Baron, il a chorégraphié, si on peut dire, les choix de sa collègue. Ainsi, on passe de scènes de plage à Étretat, par exemple, à des paysages de campagne (certains avec de la neige!), à sa série sur les cathédrales, celle sur le parlement de Londres, ou cette autre mettant en vedette le pont et les nénuphars de son jardin.

Photo: Claude Deschênes

Nous sommes tout petits devant ces écrans géants qui nous permettent d’entrer dans ces décors d’une grande beauté et d’une infinie zénitude.

Photo: Claude Deschênes

Pour Annabelle Mauger, c’est un naturel de faire une exposition immersive avec le travail de Monet. Par son ampleur, la célèbre série Les Nymphéas de l’Orangerie à Paris, constituée de huit panneaux qui font 93 mètres de long, était une première forme d’art immersif, juge la conceptrice d’Imagine Monet, qui a découvert le pouvoir de l’image totale à la Cathédrale d’images aux Baux-de-Provence en 2000.

Photo: Claude Deschênes

À part deux ou trois occasions où les réalisateurs se sont permis, avec plus ou moins de bonheur d’ailleurs, d’ajouter des éléments d’animation aux images, l’ensemble confère un immense respect au travail du peintre.

Photo: Claude Deschênes

Un des coproducteurs de l’événement, Pascal Bernardin, s’enorgueillit de l’approche essentiellement artistique de la marque Imagine (Van Gogh, Picasso, Monet).

Il faut savoir qu’il existe présentement à travers le monde plusieurs offres d’expositions interactives. Actuellement, à Toronto (et à Ottawa en 2022), le public peut visiter Beyond Monet, une autre exposition immersive qui permet de voir 400 œuvres du peintre en format géant, dont certaines sont animées. Il n’y a pas ce genre d’intervention sur le travail de l’artiste à Imagine Monet.

Photo: Claude Deschênes

Alors que les autres productions utilisent souvent des musiques populaires ou rock, la bande musicale que vous entendrez à l’Arsenal a été conçue à partir de musiques composées par des contemporains de Monet comme Georges Bizet (magnifique extrait de l’opéra Les pêcheurs de perles) ou Heitor Villa-Lobos. À une exception près, puisque vous entendrez aussi une version instrumentale de la chanson La Javanaise de Serge Gainsbourg. Le mariage des images et de la musique est parfait.

Photo: Claude Deschênes

On s’entend que toutes ces propositions d’expositions immersives à partir de l’œuvre de peintres très aimés du grand public, et surtout libre de droits, ont tout d’une mode. La preuve, peu d’événements peuvent se vanter de vendre autant de billets. Juste pour Imagine Van Gogh et Imagine Picasso, on parle de plus d’un million de billets vendus à travers le Canada et les États-Unis en près de 24 mois, majoritairement pandémiques.

Photo: Claude Deschênes

La poule aux œufs d’or ne semble pas vouloir mourir tout de suite. Avant l’ouverture d’Imagine Monet mercredi, 20 000 billets avaient déjà trouvé preneurs, avec très peu de publicité.

Pour répondre à l’importante demande, on acceptera 200 personnes à l’heure dans le respect des règles sanitaires imposées par la Santé publique. Contrairement aux musées, le passeport vaccinal est exigé pour accéder à la salle d’exposition.

Photo: Claude Deschênes

Il est né le divin enfant: Joyeuses crèches!

En voulez-vous des petits Jésus? En v’là!

Le site historique Marguerite-Bourgeoys, rue Saint-Paul dans le Vieux-Montréal, présente Joyeuses crèches, l’exposition la plus de circonstance du temps des Fêtes.

Photo: Claude Deschênes

Le collectionneur Dominick Trudeau a prêté à l’institution 400 des 700 crèches que compte la collection que son père lui a léguée à sa mort et qu’il enrichit depuis.

Pérou, Ouganda, Kenya, Italie, États-Unis, France, Espagne, Portugal, il y en a de partout dans le monde. Y compris du Québec, bien sûr! Elles sont de tous les formats. Fabriquées avec une variété incroyable de matériaux: roche, papier, cire, bois, aluminium, en laine, en papier de bonbons, en fibres de bananes.

Photo: Claude Deschênes

Il y en a des pieuses et d’autres, qui sont humoristiques.

Photo: Claude Deschênes

Il y en a même une très prémonitoire pour le collectionneur. Il s’agit de la dernière crèche que Dominick Trudeau a offerte à son père avant qu’il ne soit emporté par la maladie. Les personnages sont des piluliers.

Photo: Claude Deschênes

Dans le lot, certaines ont été fabriquées par des noms connus: l’artiste du papier Claude Lafortune, le caricaturiste Éric Godin, l’auteur Pierre Huet, la céramiste Rose-Anna Monna.

Photo: Claude Deschênes

Devant ces figurines qui célèbrent l’idéal de la famille et l’arrivée au monde d’un enfant, on retrouve à la fois sa joie et sa candeur d’enfant.

Photo: Claude Deschênes

L’exposition s’étend sur trois étages, y compris dans l’impressionnante voûte du 18e siècle du musée.

Photo: Claude Deschênes

Ne manquez pas de passer par la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours avant de quitter, c’est une des plus belles églises de Montréal.

Et pourquoi pas, après votre visite, aller flâner dans le Vieux-Montréal, qui revêt ses plus beaux atours durant la période des Fêtes?

D’ailleurs, permettez-moi de vous souhaiter un très joyeux Noël et une excellente année 2022. On se retrouve en janvier!