La chronique Culture avec Claude Deschênes

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

Feu vert pour les musées: y’a de la joie!

L’annonce mardi de la réouverture des musées a créé une déferlante belle à voir. Sur les médias sociaux, les manifestations de joie, de soulagement, d’espoir venaient de tous bords, tous côtés. À l’évidence, le public s’est ennuyé d’aller voir des expositions. Les musées, eux, ont été pris par surprise de pouvoir rouvrir leurs portes à compter du lundi 8 février. Voici un aperçu de ce qui nous attend.


Riopelle, à la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones au Musée des beaux-arts de Montréal

Plus d’une centaine d’œuvres de Jean-Paul Riopelle (peintures, sculptures, œuvres sur papier, souvent de très grand format) attendent depuis novembre le regard curieux des amateurs d’art.

Depuis l’inauguration de cette exposition consacrée au rapport que Riopelle a entretenu avec les territoires nordiques et les cultures autochtones, on a dû se contenter d’une visite virtuelle. D’aucuns diront que c’était mieux que rien, mais franchement, je pense qu’il n’y a rien comme être face à ses œuvres pour en ressentir toute la puissance, ce que l’on pourra faire à compter du jeudi 11 février. On peut réserver ses billets en ligne dès le 9 février.

Vue de l’exposition Riopelle : à la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones. Photo MBAM, Denis Farley

Dans la foulée de cette réouverture, on pourra également voir au Musée des beaux-arts de Montréal les œuvres du peintre montréalais d’origine haïtienne Manuel Mathieu, une exposition sur cinq siècles de gravure en Allemagne et en Autriche, et Yehouda Chaki: Mi Makir. À la recherche des disparus, une installation en hommage aux victimes et aux survivants de la Shoah.

Vue de l’exposition Yehouda Chaki. Mi Makir : à la recherche des disparus, Musée des beaux-arts de Montréal. Photo MBAM, Denis Farley

Turner et le sublime au Musée national des beaux-arts du Québec

Quand ils rentreront au Musée national des beaux-arts du Québec le mercredi 10 février, les visiteurs vont réaliser ce que ça aura voulu dire d’être privés de sublime. Avec l’exposition Turner et le sublime, ils auront rendez-vous avec une vision de la beauté et du romantisme, celle qui a fait la renommée du Britannique Joseph Mallord William Turner (1775-1851). 75 peintures et œuvres sur papier, dont plusieurs appartiennent à la Tate de Londres, ont été réunies pour cet événement unique au Canada.

Joseph Mallord William Turner, Le Rigi bleu, lever de soleil, 1842. Aquarelle sur papier, 29,7 x 45 cm. © Tate, Londres 2017

Effets spéciaux au Musée de la civilisation de Québec

Québec accueillera une autre exposition flambant neuve en février. Le jeudi 18 février, le Musée de la civilisation inaugurera Effets spéciaux, une incursion interactive dans le monde mystérieux de ces techniques qui permettent de bluffer les cinéphiles. Le green screen n’aura plus de secret pour vous. Il s’agit d’une adaptation de l’exposition Effets spéciaux, crevez l’écran! présentée à Paris en 2017-2018, qui a attiré 481 000 visiteurs.

Effets spéciaux offrira une incursion interactive dans le monde mystérieux de ces techniques qui permettent de bluffer les cinéphiles.

La machine qui enseignait des airs aux oiseaux au Musée d’art contemporain de Montréal

Depuis que le Musée d’art contemporain a annoncé sa prochaine exposition, La machine qui enseignait des airs aux oiseaux, j’ai un grand point d’interrogation quand je vois son titre. Je pense que c’est en arpentant les salles du MAC qu’on en comprendra le sens. Pour nous donner une piste, le commissaire Mark Lanctôt explique, dans une vidéo mise en ligne par le MAC, que la serinette (cette machine inventée au 17e siècle pour recréer de manière mécanique le chant des oiseaux est devenue avec le temps l’orgue de Barbarie) est une métaphore pour illustrer l’idée de cette exposition qui regroupe des œuvres dont la conception, le sens ou la fonction sont le résultat d’une mutation. On pourra juger par nous-même à compter du mercredi 10 février. Le musée sera ouvert du mercredi au dimanche, de midi à 18h. La réservation en ligne est obligatoire.

Scott Benesiinaabandan, Animiikiikaa 10-97, 2017. Piste sonore, 5 min, en boucle ; mousse acoustique, haut-parleurs. Avec l’aimable permission de l’artiste. Photo : Guy L’Heureux

Christian Dior au Musée McCord

Cet automne, le public n’a eu que cinq jours pour aller voir l’exposition Christian Dior au Musée McCord. On pourra se reprendre à compter du jeudi 11 février.

Le génie de Dior, exprimé de 1947 (année de création de sa maison de couture) à 1957 (son décès), est raconté en sept zones distinctes, des croquis aux accessoires. Je suis persuadé que la magnificence des créations de ce maître de la haute couture n’a rien perdu pendant cette pause obligée.

La magnificence des créations de Christian Dior est exposée au Musée McCord. Photo: Marilyn Aitken

Les autres expositions qui étaient à l’affiche lors de la fermeture sont également de retour: les caricatures de Serge Chapleau, les photos de Griffintown de Robert Walker et Porter son identité, sur les vêtements des premiers peuples.

À noter que désormais, il est obligatoire de réserver sa visite d’avance sur le site web du musée.

Les caricatures de Serge Chapleau sont toujours à l'affiche. ©Laura Dumitriu

Train, transporteur de rêves au Musée Pointe-à-Callière

Au Musée Pointe-à-Callière, le train est en gare, prêt pour un départ le jeudi 11 février à 10h.

L’exposition Train, transporteur de rêves est toute nouvelle, encore jamais vue, sauf virtuellement. Elle propose d’admirer de près plusieurs centaines de trains miniatures, des objets reliés au monde ferroviaire, des maquettes de trains marquants.

Parallèlement, c’est une partie de l’histoire de Montréal, du Québec et du Canada qui nous est racontée puisque l’évolution de notre ville et de notre pays est étroitement liée au développement de l’industrie ferroviaire.

Myriam Ménard, © Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal

La réouverture de Pointe-à-Callière permettra également de découvrir la toute nouvelle exposition permanente À l’abordage! Pirates ou corsaires? Dans ce cas-ci, c’est à bord d’un navire qu’on monte, le D’Iberville, pour vivre une expédition en mer à l’époque de la Nouvelle-France. 

Regards en dialogue: Hébert, Laliberté, Suzor-Côté et Fleming. La collection A.K. Prakash de sculptures historiques au Musée d’art de Joliette

Le Musée d’art de Joliette (MAJ) n’a pas attendu longtemps pour dire présent. Dès le lendemain de l’annonce du premier ministre Legault, il annonçait que toutes ses salles d’exposition rouvriraient le mardi 9 février.

Son directeur, Jean-François Bélisle, avait très hâte de montrer au public la nouvelle collection de bronzes du musée. Il s’agit d’œuvres réalisées par les sculpteurs Louis-Philippe Hébert, Alfred Laliberté et Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté et offertes au MAJ par le collectionneur canadien d’origine indienne A.K. Prakash.

Parmi les nouveautés à voir au Musée de Joliette, il y a également une murale d’Eruoma Awashish à la mémoire de Joyce Echaquan.

Vue de Mackwisiwin [La force], une murale d'Eruoma Awashish, à la mémoire de Joyce Echaquan, au Musée d'art de Joliette, 2020.

Paysages montréalais - œuvres d’art de la collection Power Corporation du Canada au Château Ramesay

Si comme moi vous avez manqué l’exposition Paysages montréalais au Château Ramezay l’été dernier, réjouissez-vous, elle est prolongée jusqu’en septembre 2021. Elle compte une trentaine de scènes montréalaises tirées de la prestigieuse collection de la compagnie Power Corporation. Ces tableaux sont réalisés par une quinzaine d’artistes différents, dont Adrien Hébert (1890-1967), qui a su, comme personne, représenter les rues et le port de Montréal. Généralement le Château Ramezay est ouvert 6 jours par semaine en hiver, mais devant la difficulté de rapatrier tous ses employés (l’institution est fermée depuis 4 mois), le musée n’ouvrira que les samedis et dimanches, de 10h à 16h30, à compter du 20 février.

Le port de Montréal. Adrien Hébert. 1928 © Collection Power Corporation du Canada.1996.042.1

Françoise Sullivan au Musée régional de Rimouski

Françoise Sullivan est en prolongation au Musée régional de Rimouski! La rétrospective consacrée à cette figure majeure de l’art moderne et contemporain québécois, qui devait prendre fin le 31 janvier, est prolongée jusqu’au 21 mars. La réouverture du musée aura lieu le mercredi 10 février, en respectant la capacité maximale de 30 visiteurs à la fois.

L’exposition, qui se déploie dans trois salles, permet de célébrer les multiples facettes de cette artiste qui est à la fois peintre, sculpteure et chorégraphe. Il est extraordinaire de penser qu’à 97 ans, Françoise Sullivan a contribué, avec le commissaire Mark Lanctôt, à la conception de cette présentation.

Une ouverture le 26 février pour le Musée POP de Trois-Rivières

Le Musée POP de Trois-Rivières (connu autrefois sous le nom de Musée de culture populaire de Trois-Rivières) attendra au 26 février pour ouvrir ses portes, à temps pour la semaine de relâche. Le musée met la touche finale à deux nouvelles expositions, une sur l’ADN des superhéros et l’autre, sur le système carcéral québécois, du 19e siècle à aujourd’hui.

L’exposition permanente Attache ta tuque sera aussi de retour. Hockey, gastronomie, hiver, langue, les thèmes abordés ont été choisis à la suite d’un sondage mené auprès de mille Québécois. Bref, une exposition à l’image du Québec, qui a obtenu le prix d’excellence de la Société des musées en 2020.

À voir: ’exposition permanente Attache ta tuque, qui a remporté le prix d’excellence de la Société des musées en 2020. Photo: museepop.ca

Deux nouvelles expositions à l’Écomusée du fier monde

À compter du mercredi 11 février, la réouverture de l’Écomusée du fier monde sera l’occasion de découvrir deux nouvelles expositions.

De l’usine à votre porte, consacrée aux produits Familex, rappellera des souvenirs à ceux qui consommaient cette gamme de produits (médicaments, cosmétiques, produits nettoyants, insecticides) mise en marché par Roméo Parent et sa femme Laurence Bissonnette de 1928 au début des années 80.

L’autre exposition, De Amherst à Atateken, raconte l’histoire de cette artère qui part de la Tour de l’horloge et monte jusqu’à la rue Sherbrooke.

L'exposition consacrée aux produits Familex, rappellera des souvenirs à ceux qui consommaient cette gamme de produits.

Coup de cœur pour Home de Rhye

Terminons cette chronique avec mon premier coup de cœur musical de 2021: Home, le nouveau disque de Rhye.

Rhye est un duo formé du musicien canadien Mike Milosh, qui vit maintenant en Californie, et du producteur danois Robin Hannibal. Milosh a une voix de haute-contre, très androgyne, qui fait penser un peu à Patrick Watson et à Sade. Musicalement, le son électronique est enrobé de R&B, de cordes et de chœur (les voix du National Danish Girl’s Choir). C’est à la fois enveloppant et beaté. Si je vous en parle, c’est parce que tous les titres (il y en a 13) sont bons. Et je l’avoue, j’ai un côté chauvin, Mike Milosh est non seulement canadien, mais il a fait sa formation musicale à Montréal, à l’Université Concordia.