Photo: Clay Banks, Unsplash
30 janvier 2020Auteure : Anne Pélouas

Tokyo à vélo

Les quartiers du centre de Tokyo, la capitale du Japon, se prêtent très bien à une découverte à bicyclette, une façon d’éviter l’excellent mais néanmoins trépidant système de transport en commun (métro et train). En prime, on profite de l’ambiance extérieure et on passe d’un quartier à l’autre plus rapidement qu’à pied.

Rien de tel qu’une mégapole pour se concentrer sur la visite de seulement quelques quartiers centraux, surtout quand on n’y passe que quelques jours. Tokyo n’échappe pas à la règle et, s’il est facile de s’y promener à pied, le vélo est un autre moyen de transport «touristique» à tester.

La Tokyo bétonnée, avec ses tours de bureaux, ses autoroutes surélevées et ses larges voies ferrées qui voient passer sans arrêt des trains à haute vitesse Shinkansen (entre autres), n’est qu’une infime partie de la vision que l’on peut avoir de la capitale japonaise. Ses quartiers s’organisent en effet comme autant de villages autour d’une rue souvent très commerçante. Ils fourmillent de jardins, de sanctuaires bouddhistes ou shintoïstes, de boutiques, de restaurants et de marchés en tout genre, comme de ruelles bien tranquilles.

Le vélo est un moyen de transport pour découvrir  les différents quartiers deTokyo. Photo: Anne Pélouas

Vélo en libre-service

Il est relativement facile d’utiliser un vélo en libre-service, encore que le système tokyoïte Docomo Cycle ne propose que des vélos électriques, ce qui n’est pas forcément utile dans une ville sans grand relief et que, surtout, les stations pour les prendre et les laisser ne sont pas très visibles.

Pour utiliser l’un de ses jolis vélos rouges, il faut d’abord créer un compte sur le site de Docomo Cycle et y enregistrer sa carte bancaire. Pensez à télécharger la carte des stations en libre-service, qui sont souvent à l’écart des grands axes ou sur les côtés des gares, par exemple. Sur place, on peut choisir entre une formule à la journée ou au mois, avec paiement par tranche de 30 minutes.

Il est relativement facile d’utiliser un vélo en libre-service à Tokyo. Photo: Facebook Cycle Tokyo!

Tour guidé à vélo

Réserver un tour guidé à vélo est toujours une bonne idée, selon moi, avant d’entreprendre un périple seul dans une grande ville comme Tokyo. Quelques compagnies en offrent toute l’année. J’ai choisi Soshi’s Tokyo Bike Tour qui avait pour point de départ Shinbashi/Shiodome. Dans ce quartier au sud du centre-ville, on passe allègrement de grandes tours de bureaux à un concentré d’izakayas, petits restaurants typiquement japonais situés près de la gare de Shinbashi.

Réserver un tour guidé à vélo est une bonne idée avant d’entreprendre un périple seul dans une grande ville comme Tokyo. Photo: Anne Pélouas

«Soshi, et non pas sushi», a précisé notre guide aux personnes du groupe qui, après les réglages d’usage sur leurs montures respectives, se sont mises en branle pour une sortie de trois heures et 17 kilomètres environ sous un beau ciel bleu de janvier. Nous roulons sur une bande cyclable… sans bande, seulement marquée d’un vélo sur la chaussée d’une large artère qui rejoint d’abord le quartier chic de Ginza, temple du luxe. S’y alignent les boutiques de marques internationales. Le prix au mètre carré y est plus que faramineux.

Nous roulons sur une bande cyclable… sans bande, seulement marquée d’un vélo sur la chaussée d’une large artère. Photo: Anne Pélouas

À une intersection, arrêt de mise face à la tour de l’horloge Wako au sommet d’un des plus vieux immeubles de la ville. Nous poursuivons sur l’avenue Chuo-Dori, sorte de Champs-Élysées nippons, à travers le quartier Nihonbashi.

La tour de l’horloge Wako. Photo: Anne Pélouas

La traversée de la rivière Nihonbashigawa donne un aperçu des contrastes urbains: le pont ancien est surplombé par une autoroute surélevée. Construit en bois en 1603, c’est aujourd’hui un beau pont de pierre à deux arches qui constitue depuis 400 ans le km 0 des cinq routes majeures du Japon partant d’Edo devenue Tokyo.

Nous virons à droite loin de l’agitation urbaine pour emprunter quelques petites rues du cœur historique de la ville. Dans une ruelle de Ningyocho, quartier où se côtoyaient autrefois marionnettistes et geishas, on admire une curieuse pompe à eau en bois et un vieux restaurant avant de visiter, à pied, un petit temple shinto, deuxième religion japonaise après le bouddhisme.

Dans une ruelle de Ningyocho. Photo: Anne Pélouas

Un nouveau pont au-dessus de la grande rivière Sumida qui se jette dans la baie de Tokyo, et nous voilà dans le quartier est de Ryogoku. Bienvenue au royaume du sumo, sport national japonais. L’imposant Stade de sumo Kokugikan peut accueillir 11 000 passionnés de tournois opposant plusieurs fois par an ces lutteurs poids lourds qui sont de «vrais rock stars au Japon», souligne Soshi.

L’imposant Stade de sumo Kokugikan peut accueillir 11 000 personnes. Photo: mystays.com

On met pied à terre pour visiter le Ryogoku-Edo NOREN, lieu culturel et commercial mettant le Tokyo d’autrefois en valeur. Une arène de sumo y a même été reproduite. Derrière le stade se trouve le musée métropolitain d’Edo-Tokyo, autre temple de l’histoire du vieux Tokyo.

Photo: Facebook EDO-TOKYO-Museum

De retour par le nord du centre-ville, nous retraverserons la rivière Sumida, emprunterons de vieilles ruelles moyenâgeuses avant de tomber dans le nec plus ultra des boutiques d’électronique nippone dans Akihabara. Nous rejoindrons ensuite le quartier Marunouchi qui abrite la gigantesque gare de Tokyo, mais aussi le Palais impérial.

Akihabara, le nec plus ultra des boutiques d’électronique nippone. Photo: Anne Pélouas

Le château d’Edo, devenu résidence de l’empereur après le déplacement de la capitale japonaise de Kyoto à Tokyo, trône au cœur d’un espace vert de cinq acres, entouré de douves profondes et d’une promenade de cinq kilomètres qu’affectionnent coureurs et cyclistes. Au nord, les Jardins est du Palais impérial sont ouverts au public, alors qu’au sud, l’entrée principale du Palais impérial (à l’abri des regards) en bloque l’accès.

On se contente de débarquer des vélos au pont Nijubashi, près d’un parc de magnifiques pins japonais sous la jolie lumière de fin d’après-midi. Nous rentrerons en transitant par le quartier des édifices gouvernementaux, puis par le parc de Hibiya, autre petit poumon vert de la grande ville, avant de replonger dans l’effervescence de Shinbashi.

Un parc de magnifiques pins japonais. Photo: Anne Pélouas

Quelqu’un m’avait dit: «Quelle drôle d’idée de vouloir faire du vélo à Tokyo!». Pourtant, c’est très facile et tellement agréable!

La conduite à vélo à Tokyo: des règles à la réalité

Les cyclistes doivent rouler à gauche et sur la chaussée, comme les autos, sauf s’il y a des pistes cyclables, ce qui est plutôt rare. Un marquage de bicyclette sur la chaussée indique simplement où se positionner.

Faire du vélo sur le trottoir est en principe interdit, sauf si la signalisation indique son partage avec les piétons. En réalité, de nombreux cyclistes empruntent les trottoirs et semblent même avoir préséance sur les piétons!

Attention aussi à l’utilisation de la sonnette, qui peut valoir une amende de 5000 yens (environ 59 $ canadiens) si on l’utilise pour alerter un piéton afin qu’il dégage le passage plutôt qu’en cas de danger réel. 

Quelques évènements en plein air au Québec en février

Vélo

  • À Montréal, la troisième édition de «Vélo sans relâche», intégrée au Forum du vélo d'hiver, aura lieu le 8 février prochain. En plus d'une balade familiale dans les rues de Montréal, vous pourrez profiter d'expositions et de conférences, organisées par la Coalition vélo de Montréal, au parc Maisonneuve où se dérouleront également des courses de vélo sur glace.
  • Au parc des Appalaches, dans Chaudière-Appalaches, les Sentiers de l’inconnu accueillent les amateurs de fatbike pour une «ride de nuit» à la lampe frontale les 1er et 22 février au soir.

Randonnée alpine

Dans les Laurentides, retour du 7 au 9 février du Festival Rando Alpine Tremblant, avec essai d’équipements, ascensions guidées en ski pour tous niveaux, défis hors-piste, initiation au fatbike, rando-yoga…

Ski de fond

Dans les Laurentides, le Marathon canadien de ski se déroule les 8 et 9 février entre Tremblant et Lachute sur 160 km, mais on peut skier seulement dans certaines sections de 10 à 20 km et sans faire de compétition.