La chronique Voyages en images

Auteur(e)
Photo: Mélanie Crête

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

Le Sénégal loin des touristes

Mon récent séjour au Sénégal a été celui des retrouvailles. Au fil des visites, j’ai pris de nombreuses photos de scènes qui ont attiré mon attention, que je partage avec vous.



Mariée à un Sénégalais depuis bientôt 20 ans, j’ai d’abord découvert le pays de la Teranga – qui signifie hospitalité – de l’intérieur avant de faire des visites plus touristiques. Au fil des ans, j’ai bien sûr eu envie de pousser un peu l’exploration et de sillonner différentes régions du pays.

Après un hiatus de quatre ans, mon récent séjour au Sénégal a surtout été celui des retrouvailles. Au fil des visites, j’ai tout de même pris de nombreuses photos de scènes qui ont attiré mon attention, que je partage avec vous. Si je n’ai pas pu résister à l’envie de retourner au lac Rose, où je m’étais rendue en 2003, et dans le Sine Saloum, une région qui m’a complètement envoûtée lors de mon dernier voyage, en 2018, mon itinéraire a cette fois-ci été principalement déterminé par les amis et la famille à visiter.

1- Un baobab à Mbodiène, sur la Petite-Côte

Il y a bien sûr les plages paradisiaques, l’île de Gorée et son histoire bouleversante et l’étourdissante Dakar. Mais pour moi, le Sénégal, c’est d’abord ce genre de paysage à la fois dénudé et magnifié par la seule présence de cet arbre mythique. Entre légendes, rites, lieu de rassemblement et vertus médicinales, le baobab impose sa majesté, qu’il se trouve au milieu d’un champ ou qu’il soutienne une corde à linge. S’il ne sert plus de sépulture aux griots comme jadis, il reste sacré pour plusieurs peuples. D’un point de vue botanique, ce géant a de quoi étonner: il peut atteindre jusqu’à 40 mètres, se développer à partir d’anciennes branches, et traverser les siècles, voire les millénaires.

Pour moi, le Sénégal, c’est d’abord ce genre de paysage à la fois dénudé et magnifié par la seule présence de cet arbre mythique. Photo: Marie-Julie Gagnon

2- Pêcheurs de Mbodiène

Village traditionnel sérère, Mbodiène s’est retrouvé au cœur de l’actualité quand le chanteur Aakon a annoncé son intention de créer un ambitieux projet immobilier inspiré du Wakanda du film Black Panther, qui mettra en valeur la culture locale autant que la modernité. En attendant l’érection de cette nouvelle ville verte et futuriste baptisée Aakon City, les plages quasi désertes voient défiler tous les jours des pêcheurs qui naviguent à bord de pirogues colorées et s’éreintent à tirer d’immenses filets, comme ils le font depuis des décennies. Bonheur de gourmande: acheter crevettes, langoustes et poissons dès leur arrivée sur la terre ferme. Que de délices!

Bonheur de gourmande: acheter crevettes, langoustes et poissons dès leur arrivée sur la terre ferme. Que de délices! Photo: Marie-Julie Gagnon

3- Couturière de Mbodiène

Au Sénégal, bien des gens continuent de faire faire leurs vêtements sur mesure à partir de tissus soigneusement sélectionnés. Contrairement à ce que plusieurs croient, la majorité des tissus imprimés vendus au Sénégal – le fameux wax – ne sont pas faits sur place, mais aux Pays-Bas.

Contrairement à ce que plusieurs croient, la majorité des tissus imprimés vendus au Sénégal ne sont pas faits sur place, mais aux Pays-Bas. Photo: Marie-Julie Gagnon

4- Thiéboudiène (ou tiep bou dièn)

À base de riz, de légumes et de poisson, le plat national du Sénégal se retrouve sur toutes les tables du pays. Il est même inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis la fin de 2021! On le sert généralement dans un grand plat commun, où chacun mange avec sa main ou avec une cuillère. Selon l’UNESCO, c’est Penda Mbaye (1904-1984), une cuisinière du village de Guet-Ndar à Saint-Louis, qui l’a créé. Son origine est aussi liée à une aberration de l’époque coloniale: la France a, à l’époque, imposé au Sénégal le riz d’Indochine, une autre de ses colonies. La popularité du «tiep» dépasse aujourd’hui largement les frontières sénégalaises.

À base de riz, de légumes et de poisson, le plat national du Sénégal est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo: Marie-Julie Gagnon

5- Scène de la vie quotidienne à Mbourg

Parfois, en roulant, je croque des moments au hasard. Ici, à Mbourg, ville animée de la Petite-Côte, un jour de lessive. Je suis toujours étonnée de voir circuler les calèches, les charrettes et les animaux en tous genres à travers la circulation dense et chaotique. Les motos se faufilent n’importe où et certains véhicules arborent des carrosseries patchwork à force d’avoir été rapiécés! Si les guichets automatiques sont inexistants dans les villages environnants, on en trouve plusieurs à Mbourg.

Jour de lessive Mbourg, ville animée de la Petite-Côte. Photo: Marie-Julie Gagnon

6- Menuiserie à Mbourg

Vous cherchez une nouvelle tête de lit? Scrutez le bord de la route… On trouve des boutiques de ce genre un peu partout au pays.

On trouve des boutiques de ce genre un peu partout au pays. Photo: Marie-Julie Gagnon

7- Cimetière de Fadiouth

Face à Joal, où a grandi le président Léopold Sédar Senghor, le village de Fadiouth pique la curiosité. Constituée d’amoncellement de coquillages, l’île est reliée à la côte par un pont de bois sur lequel on croise des écoliers, des marchands, des charrettes, quelques voyageurs… Chaque fois que je viens au Sénégal, je vais m’y balader. Des visites guidées en pirogue sont aussi possibles. J’adore le contraste des maisons colorées avec le blanc des coquillages, les vendeurs d’artisanat et les artistes qu’on y croise. À marée basse, les enfants transforment parfois la plage en terrain de soccer.

Le plus étonnant reste son cimetière mixte, relié à l’île par un autre pont, où se voisinent les défunts catholiques et musulmans dans la plus grande harmonie. Un conseil si vous y passez: après avoir retraversé le pont principal de l’île aux coquillages, arrêtez-vous à la Taverne du pêcheur, au bord de l’eau, pour déguster un délicieux thiof (mérou blanc)!

Dans ce cimetière les défunts catholiques et musulmans se côtoient dans la plus grande harmonie. Photo: Marie-Julie Gagnon

8- Enfants de Fadiouth

Je prends parfois des photos d’enfants en voyage, mais j’évite généralement de les publier. Je ressens un grand malaise avec la mise en scène des «locaux», particulièrement quand il s’agit de mineurs. Alors que je déambulais à travers les petits kiosques de Fadiouth, village habitué à voir défiler les voyageurs, ces fillettes m’ont interpelée, amusées. La scène était tellement spontanée et le moment, si naturel, que je ne résiste pas à l’envie de le partager avec vous.

Alors que je déambulais à travers les petits kiosques de Fadiouth, village habitué à voir défiler les voyageurs, ces fillettes m’ont interpelée, amusées. Photo: Marie-Julie Gagnon

9- Femme de Fadiouth

S’il y a une chose que j’ai apprise en voyage, c’est l’importance de demander la permission aux gens avant de les photographier. Il m’arrive de ne pas le faire quand les protagonistes sont loin, mais sinon, c’est une règle à laquelle je ne déroge pas. La photo est aussi parfois un prétexte pour aborder les gens. Ça devient un jeu. La complicité, si fugace soit-elle, transparaît sur l’écran. Plusieurs refusent que je braque ma lentille sur eux, remarquez. Au Sénégal, les gens sont coquets, les hommes comme les femmes. Quand on me demande de l’argent en échange, je passe mon chemin. Cette vendeuse de Fadiouth s’est prêtée à l’exercice avec tant de générosité!

Cette vendeuse de Fadiouth a accepté de se faire photographier avec tant de générosité! Photo: Marie-Julie Gagnon

10- Poissons séchés à Fadiouth

Tous les goûts sont dans la nature, dit-on. Ces poissons séchés ont pour mon mari des effluves de bonheur et, pour moi, de cauchemar… L’odeur pestilentielle qui s’en dégage rivalise avec n’importe quel roquefort ou reblochon!

Ces poissons séchés ont pour mon mari des effluves de bonheur et, pour moi, de cauchemar… Photo: Marie-Julie Gagnon

11- Des raies sur la corde à linge

Voilà une scène qui fait aussi sourire quiconque ne s’y attend pas: des raies qui sèchent sur une corde à linge! C’est ainsi qu’on les mange au Sénégal.

Voilà une scène qui fait aussi sourire quiconque ne s’y attend pas: des raies qui sèchent sur une corde à linge! Photo: Marie-Julie Gagnon

12- Charrette sur la route à Fatick

Peu de voyageurs tentent l’expérience de conduire eux-mêmes au Sénégal (ce ne sont pas les taxis et autres voitures avec chauffeur qui manquent!). La conduite chaotique et les véhicules en tous genres exigent d’avoir des yeux tout le tour de la tête, surtout la nuit venue. J’ai pris cette photo de charrette sur la route nationale.

J’ai pris cette photo de charrette sur la route nationale. Photo: Marie-Julie Gagnon

13- Pêcheur de Missirah

Il me fallait passer par Missirah pour rejoindre l’île de Kathior, dans le Sine Saloum, où se trouve un gîte pour lequel j’ai eu un véritable coup de cœur il y a quatre ans. À mon arrivée, le soleil s’apprêtait à se coucher et les pêcheurs, à rentrer. J’avais l’impression que le temps était suspendu, entre deux états. Une dizaine de minutes de pirogue plus tard, j’ai retrouvé mon petit coin de paradis, où la symphonie des oiseaux m’apparaît parmi les plus belles de la planète.

À mon arrivée à  Missirah, le soleil s’apprêtait à se coucher et les pêcheurs, à rentrer. Photo: Marie-Julie Gagnon

14- Bibliothèque du Bonobo Lodge

Avant même de m’attarder aux oiseaux, lors de ma première visite au Bonobo Lodge, je suis tombée sous le charme de cette bibliothèque de brousse hautement instagramable. Pas de grand luxe dans le seul gîte de cette île qui se trouve dans un parc national, mais une grande créativité et de délicieux petits plats. Notez qu’il est préférable de réserver en direct que par Booking.

Je suis tombée sous le charme de cette bibliothèque de brousse hautement instagramable. Photo: Marie-Julie Gagnon

15- Coucher de soleil au Bonobo Lodge

La sérénité de cet endroit est sans pareille!

La sérénité du Bonobo Lodge est sans pareille! Photo: Marie-Julie Gagnon

16- Un dimanche à Missirah

C’est l’une de mes photos favorites de ce récent voyage, prise un dimanche au marché de Missirah, dans le Sine Saloum. Tout y est: les échanges commerciaux, les bâtiments délabrés coiffés d’antennes paraboliques, la variété de styles.

Une de mes photos favorites, prise un dimanche au marché de Missirah, dans le Sine Saloum. Photo: Marie-Julie Gagnon

17- Vieillard de Boyar

Le Sénégal m’a réconciliée avec le mot «vieux». Ici, les gens âgés sont respectés, aimés, bichonnés. Ils portent l’histoire. Ils sont importants. J’ai croisé cet homme dans le village de Boyar, dans le département de Fatick.

Photo: Marie-Julie Gagnon

18- Lac Rose (ou lac Retba)

Pourquoi l’eau est-elle de cette couleur? La version courte: à cause d’une algue. Deux éléments sont nécessaires pour que l’eau tourne au rose: le soleil et le vent. Non, elle n’a pas toujours cette teinte! Je précise que je n’ai pas retouché les couleurs de ces photos.

Pourquoi l’eau est-elle de cette couleur? La version courte: à cause d’une algue. Photo: Marie-Julie Gagnon

19- Lac Rose (ou lac Retba)

Lors de ma première visite de ce lieu très prisé, en 2003, l’intensité des vendeurs et autres rabatteurs m’avait particulièrement épuisée. Cette fois-ci, j’ai réservé des chambres dans un petit gîte de l’autre côté du lac et j’ai profité d’une balade en pirogue en fin de journée, quand la plupart des touristes sont rentrés à Dakar. J’ai tellement aimé le calme de la fin de journée!

J’ai tellement aimé le calme de fin de journée de ce lieu très prisé. Photo: Marie-Julie Gagnon

20- Vendeuse d’Ouro Sogui

Au nord-est du pays, tout près du fleuve Sénégal et de la frontière mauritanienne, le marché d’Ouro Sogui est tout ce qu’il y a de plus typique. J’y suis passée le 8 mars dernier. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle plusieurs femmes arboraient des tenues ou des foulards jaunes et rouges, m’a-t-on expliqué: pour souligner leur journée. Les droits des femmes, voilà un dossier fort complexe dans une contrée où les traditions sont profondément liées au genre.

Au nord-est du pays, tout près du fleuve Sénégal et de la frontière mauritanienne, le marché d’Ouro Sogui est tout ce qu’il y a de plus typique. Photo: Marie-Julie Gagnon