La chronique Voyage de Marie-Julie Gagnon

Auteur(e)
Photo: Mélanie Crête

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

Sous la pluie

Je vous écris de la Gaspésie, assise en tailleur à l’arrière de la voiture de ma sœur. Sur le siège du copilote, ma mère, qui ne quitte jamais son Lac-Saint-Jean natal, ne manque pas une minute du paysage. «Que c’est beau!» commente-t-elle chaque fois qu’une maison centenaire se profile à l’horizon. Entre deux éclats de rire, nous savourons la chance que nous avons de pouvoir passer du temps ensemble toutes les trois.



La pluie tambourine doucement sur le pare-brise craquelé. J’ai l’impression qu’un nuage gris me suit depuis que j’ai repris la route, à la mi-mai. Heureusement, je les aime bien, moi, ces compagnons impétueux. Sur l’île de Vancouver, alors que le vent faisait tanguer les arbres géants de la baie Clayoquot, des trombes s’en échappaient sans la moindre retenue. À Orlando, dans la moiteur de la nuit, la pluie chaude m’a fait danser comme une enfant en sortant des nouvelles montagnes russes Guardians of the Galaxy: Cosmic Rewind at Epcot pour la troisième fois.

Hier, mon nuage gris a poursuivi sa course au-dessus des rails de Montréal à Québec, puis dans cette voiture bringuebalante qui nous amène doucement vers le Nouveau-Brunswick. Ses rares pauses? Pendant notre escale à Kamouraska, le temps d’un repas dans une ancienne écurie érigée en 1856 avec vue sur le fleuve (bonjour, Café du Clocher!), quelques heures à Tofino et à Vancouver, et lors de ma visite des sections consacrées à Harry Potter au parc Universal, en Floride. Il sait aussi s’esquiver quand il le faut.

Le soleil était au Café du Clocher, à Kamouraska. Photo: Marie-Julie Gagnon

Mon printemps a été rempli de surprises, des moches comme des belles. Vol et train annulés, retards causés par le manque de personnel, lieux fermés pour rénovations, amis des quatre coins du monde retrouvés, rencontres planifiées et d’autres, inopinées... J’adore voyager avant la cohue, même si cela implique de glisser tuques et bikinis dans ma valise.

En Colombie-Britannique

En Colombie-Britannique, ma phobie des ours s’est peu à peu atténuée à leur contact, au fabuleux Clayoquot Wilderness Lodge, en pleine forêt pluviale tempérée.

En contact avec les ours au Clayoquot Wilderness Lodge. Photo: Marie-Julie Gagnon

Sous des airs rustiques-chics, ce campement membre du réseau Relais et Châteaux découvert avec une amie redéfinit le luxe dans sa plus simple expression. Dormir sous la tente quand la salle de bain attenante est dotée d’un plancher chauffant et d’une douche en plein air m’apparaît encore plus magique que Disney World.

Prendre une douche... en plein air! Photo: Marie-Julie Gagnon

Quand, au moment du turndown, on dépose une bouillotte bien chaude sur mon oreiller et un verre d’eau sur ma table de chevet, je me dis que tous les chocolats de la terre ne peuvent remplacer ce type d’attention parfaitement adaptée au contexte (et à la température). Et puis, la musique de la pluie reste pour moi la plus agréable des berceuses, même quand elle s’approche du déluge.

Le sentier qui mène aux tentes du Clayoquot Wilderness Lodge. Photo: Marie-Julie Gagnon

J’ai si bien mangé et si bien bu à Clayoquot que j’ai encore l’impression d’être repue, plus de deux semaines après avoir quitté ce coin de paradis. J’ai en mémoire le camaïeu vert de la forêt, les bouts de nuages accrochés à la cime des arbres, le bruissement des feuilles entre deux averses, les limaces-bananes que je ne me lasse pas d’observer, les odeurs de pétrichor et de terre humide, les repas composés d’ingrédients locaux et les vins, le plus souvent de l’Okanagan et de la vallée de Cowichan, et les sourires, tant ceux des visiteurs que des employés. Le soleil s’est bien montré le bout des rayons le dernier jour là-bas aussi, mais c’est à jamais sous son couvert de nuages que cet endroit loin de tout m’habitera. Un cocon-refuge que je porterai en moi pour m’extraire du monde et de sa frénésie.

Une des tentes du Clayoquot Wilderness Lodge. Photo: Marie-Julie Gagnon

Au Nouveau-Brunswick

Nous voilà maintenant au Nouveau-Brunswick. À nous, le Village historique acadien! La pluie semble bien déterminée à poursuivre le voyage avec nous. Mais on s’en fiche: avant l’arrivée massive des visiteurs, nous aurons tous les sites touristiques à nous seules. Et puis, nous nous avons, nous. Nos éclats de rire compenseront le manque de soleil.

Pratico-pratique:

  • Clayoquot Wilderness Lodge se trouve dans la réserve de biosphère de Clayoquot Sound, à une trentaine de minutes de Tofino. Prix d’une nuitée en basse saison, incluant les repas, les activités et le vin (sauf exceptions): à partir de 1450$ par adulte.
  • Mieux vaut réserver le plus tôt possible des vacances à Tofino et dans les environs: les Canadiens sont nombreux à avoir découvert l’endroit pendant la pandémie! Une suggestion d’hébergement en plein centre-ville, à deux pas du Marine Adventure Centre: Tofino Marina Resort. Il faut aussi absolument aller manger du crabe à son restaurant! À deux pas de la superbe plage Chesterman, The Wickinninish Inn reste une valeur sûre.
  • Ça bouge à Orlando! Je vous reparlerai sans doute bientôt de certaines nouveautés sur place et dans l’ensemble du pays, mais chose certaine, les Québécois y sont attendus avec impatience.
  • Le Village historique acadien se trouve au Nouveau-Brunswick, près de Caraquet. Plusieurs nouveautés seront accessibles à compter du 20 juin.

J’ai visité l’île de Vancouver grâce à Destination British Columbia et Destination Canada et Orlando dans le cadre d’IPW 2022. Merci!