La chronique Voyage de Marie-Julie Gagnon

Auteur(e)
Photo: Mélanie Crête

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

Redécouvrir Victoria

Longtemps perçue comme une ville plutôt ennuyeuse, Victoria compte aujourd’hui d’excellentes tables et bars à cocktails. Dès l’arrivée des beaux jours, la végétation donne envie de flâner longuement dans ses rues fleuries. Si plusieurs s’arrêtent seulement quelques heures dans la capitale de la Colombie-Britannique avant d’entreprendre un road trip sur l’île de Vancouver, sachez qu’il y a de quoi se tenir occupé pendant deux ou trois jours. Impressions d’une visite printanière.



Il y a bien sûr les jardins imaginés par Jennie Butchart dans l’ancienne carrière de calcaire qui se trouvait dans son arrière-cour il y a plus d’un siècle.

Photo: Facebook The Butchart Gardens

La roseraie, le jardin japonais au bord de la mer et le jardin italien créé sur l’ancien court de tennis font partie des tableaux floraux que peuvent toujours admirer les visiteurs.

Un des nombreux spécimens de la roseraie des Butchart Gardens. Photo: Marie-Julie Gagnon

Site historique national du Canada, Butchart Gardens renferme des millions de plantes à massif dans plus de 900 variétés.

Butchart Gardens renferme des millions de plantes à massif dans plus de 900 variétés. Photo: Marie-Julie Gagnon

Mais même en plein cœur de la ville, les fleurs semblent crier que l’hiver est enfin fini. C’est, du moins, ce que la Québécoise frileuse que je suis ressent en ce mois de mai frisquet. Impossible de rester de glace devant les tulipes multicolores.

Les plaques disséminées dans la cour de la maison de l'artiste Emily Carr permettent d’en apprendre davantage sur l’histoire de la famille de cette peintre et écrivaine canadienne. Photo: Marie-Julie Gagnon

Les jacinthes bleu vif accueillent les visiteurs de la maison de l’artiste Emily Carr. Bien qu’il soit impossible de pénétrer dans la résidence – les visites estivales ont débuté seulement à la fin mai les mercredis, jeudis, vendredis, samedis et dimanches –, les plaques disséminées dans la cour permettent d’en apprendre davantage sur l’histoire de la famille de cette peintre et écrivaine née en 1871 qui s’est prise de passion pour l’art et la culture des Premières Nations.

Il y a des fleurs partout autour de la maison d'Emily Carr. Photo: Marie-Julie Gagnon

On peut par exemple lire un extrait de son livre Book of Small en anglais et en français: «Lorsqu’il se mit à explorer le monde, mon père ne se rendit pas directement d’Angleterre à Victoria. Il visita de nombreux pays, observant, réfléchissant, choisissant. Enfin, il entendit parler de la Californie. Mais une fois la ruée vers l’or terminée, il retourna en Angleterre et épousa une jeune Anglaise. Quelques années plus tard, il décida de rentrer vivre "chez lui". Mais le Nouveau Monde lui avait plu, aussi se rendit-il à Victoria sur l’île de Vancouver, qui était alors une colonie de la Couronne…»

Statue d'Emilie Carr. Photo: Marie-Julie Gagnon

Pour voir ses œuvres et mieux comprendre qui elle était, une escale à la Art Gallery of Greater Victoria, où une salle lui est consacrée, peut être intéressante. On y trouve notamment un portrait de l’artiste reconnue pour ses excentricités réalisé par Edythe Hembroff-Schleicher, qui la représente avec son singe domestique sur l’épaule. On aperçoit aussi l’animal à ses côtés sur la statue de bronze érigée près de l’hôtel Fairmont Empress.

Portrait d'Emily Carr par Edytge Hembroff-Schkeicher, Art Gallery of Greater Victoria. Photo: Marie-Julie Gagnon

Où manger et dormir?

Par beau temps, se balader le long du port s’avère incontournable. On y découvre les maisons flottantes habitées à l’année et, surtout, le Fisherman’s Wharf, d’où partent plusieurs excursions d’observation de baleines.

Par beau temps, se balader le long du port s’avère incontournable. Photo: Marie-Julie Gagnon

Mon activité de prédilection? M’arrêter dans les différents kiosques pour goûter les spécialités du coin. Comment résister à une chaudrée de saumon et aux fish and chips? Le plus chouette pour s’y rendre quand on a déjà trop marché: en bateau-taxi! On en trouve facilement un peu partout le long du port.

On trouve facilement des bateaux-taxis le long du port. Photo: Marie-Julie Gagnon

En soirée, les bons restaurants sont pris d’assaut par un mélange de locaux et de visiteurs, alors mieux vaut réserver. Bastion Square, où les piétons sont rois, recèle de bonnes adresses. C’est ici que se trouvait jadis le fort Victoria. L’été, les terrasses s’animent. Artisans et musiciens prennent ses rues d’assaut. Un nom à retenir: Wind Cries Mary.

Un nom à retenir parmi tous les restaurants: Wind Cries Mary. Photo: Marie-Julie Gagnon

Mon plus grand coup de cœur reste toutefois The Courney Room, à l’hôtel Magnolia, parfaitement situé pour explorer la ville à pied. Tout, des cocktails aux plats en passant par les bouchées et les entrées servies au bar, m’a ravie. Pendant la saison, il faut absolument savourer les crevettes tachetées avec un vin local comme le pinot gris de Blue Grouse. Le plus: le menu indique la provenance des ingrédients.

Mon plus grand coup de cœur culinaire: The Courney Room, à l’hôtel Magnolia. Photo: Marie-Julie Gagnon

Aller se promener du côté du Chinatown le plus ancien au pays ouvre aussi l’appétit. On en profite pour manger des dumplings chez Chubby Dumpling ou au Don Mee, plus classique, après avoir déambulé dans l’étroite Fan Tan Alley.

Dumplings chez Chubby Dumpling. Photo: Marie-Julie Gagnon

Si les musées restent aussi incontournables, sachez que le Royal BC Museum est en pleine cure de jouvence. On se promet de revenir... En attendant, on en profite pour se promener plus longtemps.

J’étais l’invitée de Destination Canada et Destination BC. Toutes les opinions émises sont 100% les miennes.