La chronique Voyage de Marie-Julie Gagnon

Auteur(e)
Photo: Mélanie Crête

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

Noël à Bath, Angleterre

Station thermale fondée par les Romains, Bath, située à une heure et demie de Londres, revêt chaque année les couleurs de Noël comme pas une. Se balader dans son marché animé garantit d’émouvantes retrouvailles avec son enfant intérieur.



On m’avait prévenue. Les touristes sont légion dans les rues de Bath pendant la période des Fêtes. Je comprends rapidement pourquoi en déambulant à mon tour à travers les quelque 180 kiosques de bois: les sourires générés par cet univers féérique sont contagieux. Je me surprends à arborer mon plus grand, les yeux remplis de flocons, d’étoiles et autres guirlandes scintillantes. Ici, je m’arrête pour découvrir une échoppe de fromage. Là, je verse presque une larme devant des écoliers qui entonnent un cantique, parfois maladroits, mais ô combien charmants! En soirée, des vidéoprojections transforment les murs de l’abbaye et des bâtiments environnants. Alors que la température descend peu à peu, vin, cidre et chocolat chaud deviennent les élixirs de prédilection des visiteurs.

Les touristes sont légion dans les rues de Bath pendant la période des Fêtes. Photo: Marie-Julie Gagnon

Ville très prisée par la bourgeoisie au 20e siècle, Bath a servi de décor à de nombreux films et séries. C’est le cas de la populaire série Bridgerton, diffusée sur Netflix. On reconnaît aisément la boutique de la modiste et certaines des résidences qui abritent les principaux personnages de la série.

The Abbey Deli est la demeure de la modiste dans Bridgerton. Photo: Marie-Julie Gagnon

Entre classiques et culture

Bien que de petite taille, Bath regorge d’attractions, à commencer par son architecture. On se promène la tête en l’air en scrutant les façades des bâtiments néoclassiques, accompagné d’une nuée de points d’exclamation. Que c’est beau!

Bien que de petite taille, Bath regorge d’attractions, à commencer par son architecture. Photo: Marie-Julie Gagnon

Qui dit Bath dit bien sûr… bains. Pour mieux saisir le rôle qu’ils ont joué dans l’histoire de la ville, je m’arrête visiter le musée qui leur est consacré. Il y a 2000 ans, les Romains vénéraient la déesse Minerve et venaient se baigner dans les eaux curatives des thermes naturelles. De multiples artéfacts témoignent de l’importance du site et des offrandes de ses visiteurs.

Les bains romains. Photo: Marie-Julie Gagnon

Je vais à mon tour faire trempette du côté du Thermae Bath Spa, seul établissement de jour à mettre en valeur les eaux thermales naturelles. En plus du bassin principal, un bain privé peut accueillir jusqu’à dix personnes.

The Cross Bath au Thermae spa. Photo: Marie-Julie Gagnon

À deux pas du Jane Austin Centre, où il est nécessaire de prendre part à une visite guidée avec guide costumée, Mary Shelley’s House of Frankenstein est à la fois sombre et intrigante. On y découvre l’histoire de la jeune auteure et ce qui a mené à la création du personnage, en plus des films, des jouets et des affiches le mettant en vedette. Certaines pièces ont de quoi glacer le sang. Dans l’une d’elles, un berceau en mouvement nous accueille dans une chambre décrépie, musique glauque à l’appui. Je n’ai pas osé descendre l’escalier qui mène au sous-sol, trop effrayée par les bruits qui en émanaient.

La maison de Frankeinstein, à la fois sombre et intriguante. Photo: Marie-Julie Gagnon

Heureusement, j’ai rapidement retrouvé ma bonne humeur. Au Royal Victoria Park, les patineurs virevoltent sur l’étendue de glace – ou tentent d’éviter de rejouer la scène de Bambi, selon leur niveau d’aisance.

Bath on ice au Royal Victoria Park. Photo: Marie-Julie Gagnon

Chez Roseate Villa, l’heure du thé a des airs de fêtes. J’opte pour le Lady Whistledown, qui me séduit tout de suite avec son goût floral, puis pour le mélange Jane Austin, baptisé en l’honneur de l’une des plus célèbres résidentes de la ville.

Les délices de Roseate Villa. Photo: Marie-Julie Gagnon

Dans tous les restaurants où je m’arrête pendant mon bref séjour, je m’extasie devant le mariage des saveurs. Bath répand sa magie jusque dans l’assiette. Celui qui m’a le plus ravie? Sans contredit le Elder, où mon velouté d’artichaut avec trompettes braisées, truffes et mascarpone a fait taire pour de bon les mauvaises langues dont j’avais enregistré les commentaires dénigrant la gastronomie anglaise au fil des ans. À base de céleri-rave plutôt que de riz, mon «risotto» m’a ensuite fait taire, moi, qui parle toujours beaucoup trop, même la bouche pleine.

Vous avez dit «magique»?

Le velouté d’artichaut avec trompettes braisées, truffes et mascarpone du restaurant Elder. Photo: Marie-Julie Gagnon

Pratico-pratique :

  • Le trajet de train entre Londres et Bath dure environ une heure et demie.
  • Le marché de Noël dure 18 jours. Il se termine cette année le 18 décembre.
  • Si la période des Fêtes est fabuleuse, elle est aussi très prisée: il faut réserver tôt! Les week-ends sont particulièrement intenses.
  • Pour une expérience gastronomique différente, on opte pour les dômes alignés dans la cour de l’hôtel The Bird.
  • La patinoire – Bath on ice – est ouverte jusqu’au 3 janvier.
  • On trouve aussi un mini-golf lumineux pendant la période des Fêtes.
  • Côté hébergement, on trouve un peu de tout à Bath. L’Abbey Hotel est bien situé (demandez une chambre aux étages supérieurs).
  • Jane Austin a vécu plusieurs années à Bath. Vérifiez l’heure des visites guidées avant de vous rendre au centre qui lui est consacré, car il n’est pas possible de jeter un coup d’œil au site autrement.
  • À goûter absolument: le sticky toffee pudding. Celui du restaurant Coppa Club est à se rouler par terre!
Pour une expérience gastronomique différente, on opte pour les dômes alignés dans la cour de l’hôtel The Bird. Photo: Marie-Julie Gagnon

J’étais l’invitée de Visit Britain. Toutes les opinions émises sont 100% les miennes.