La chronique Voyage de Marie-Julie Gagnon

Auteur(e)

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

Comment voyager comme les riches en 10 leçons pratiques

Non, on n’est pas «tous dans le même bateau». Si jamais un grand-oncle inconnu vous léguait une importante fortune, voici quelques pistes à suivre pour vous en procurer un à la (dé)mesure de vos moyens, histoire de naviguer plus paisiblement sur les eaux incertaines de notre époque. Petit guide pour devenir un parfait jet-setter insouciant en temps de pandémie (et, accessoirement, recevoir quelques tomates sur les réseaux sociaux)!


1- Épier Kim Kardarshian

Kim Kardarshian représente la quintessence du clinquant et du fric érigé en religion. Pour son 40e anniversaire, la femme d’affaires a affrété un jet privé et emmené sa famille dans les îles de Tahiti. Elle a bien sûr posé, toutes courbes dehors, sur une plage de rêve, cliché abondamment commenté sur Instagram. Un voyage serait-il réel s’il n’était pas exhibé comme un trophée sur les réseaux sociaux? Pas selon Kim en tout cas. On prend des notes! (Ou pas.)

Pour son 40e anniversaire, Kim Kardashian a emmené sa famille sur les îles de Tahiti... malgré la pandémie.

2- Louer un jet

Selon CNN, les jets privés sont plus accessibles que jamais. Bien sûr, il faut pouvoir dégainer quelques milliers de dollars, même pour de courtes distances. Au diable les dépenses!

En quelques clics, on réalise que les compagnies à offrir ce service sont plus nombreuses qu’on le croit, même au Québec (des exemples ici, ici, ici et ). Bah! Tant qu’à y être, pourquoi ne pas l’acheter une bonne fois pour toutes? Par contre, gardons en tête que personne n’est au-dessus des lois, pas même les plus riches des jet-setters.

Plusieurs compagnies offrent la location d'un jet privé. Photo: Facebook Air Charter Service

3- Considérer l’achat d’un yacht

Tant qu’à être dans un bateau, autant opter pour un modèle hyper-luxueux. On se la joue superstar en vacances, même pour un simple week-end, en devenant l’heureux propriétaire d’un yacht. (Et on compense bien sûr ses émissions de carbone, ainsi que celles de tous ceux qui font partie de notre bulle.)

Des vacances de riches à bord d'un luxueux yacht, un classique! Photo: Mohamed Masaau, Unsplash

4- Magasiner son île privée

Une agence ontarienne, Private Islands Inc., effectue la location ou la vente d’îles privées au Canada et dans les Caraïbes. En avril, son PDG, Chris Krolow, a confié à La Presse avoir observé une hausse spectaculaire de l’intérêt pour ses produits.

Si l’on se fie à un reportage publié ce mois-ci dans The New York Times et repris par Courrier international, la tendance semble mondiale et toujours d’actualité: «Les appels et les courriels arrivent à toute heure du jour et de la nuit. Plus personne ne se soucie de trouver un lieu où faire la fête et exhiber sa fortune. Désormais, les acheteurs intéressés par une île privée posent des questions sur l’approvisionnement en eau douce et les panneaux solaires. Les agents, déroutés, ne savent plus où donner de la tête.»

Les îles de l’océan Indien, comme les Maldives, ont eu la cote auprès des stars l’été dernier, comme l’ont rapporté Slate et Vice.

Louer ou acheter une île privée: une tendance à la hausse. Photo: Mohamed Thasneem, Unsplash

5- Jamais sans mon concierge

Faire ses courses soi-même? Mais pourquoi? À Montréal comme au bout du monde, le top, c’est de ne pas avoir à s’occuper de rien, surtout en pleine pandémie. Mieux: le concierge est le magicien qui vous permettra d’obtenir une table dans un restaurant étoilé à la dernière minute ou d’arriver quelque part à dos de licorne (histoire vraie – l’histoire du restaurant, hein, pas la licorne!).

Pour des vacances personnalisées, l’agence Voyageurs du monde, spécialisée en séjours sur-mesure et qui a pignon sur rue à Montréal et à Québec, inclut les services d’un concierge, qui peut nous aider à régler une foule de détails une fois à destination. (Mieux vaut peut-être ne pas trop prendre l’habitude des licornes, par contre.)

Un concierge peut vous obtenir une table dans un restaurant étoilé à la dernière minute. Photo: Kenny Luo, Unsplash

6- Mettre le cap sur les îles Fidji… même si c’est interdit

Bien que l’archipel du Pacifique ait décidé que ses frontières ne rouvriraient pas aux vols commerciaux au moins jusqu’en mars 2021, Laucala Private Island Resort s’est associé à Fiji Airways pour concocter un forfait accessible à une vingtaine de passagers à partir de Los Angeles. «Les quelques voyageurs autorisés à entrer aux Fidji à l’heure actuelle sont soumis à une quarantaine obligatoire de 14 jours, mais en raison de l’éloignement de Laucala, le ministère de la Santé a autorisé ces clients à ne pas s’isoler, rapporte Capital. Cependant, il faudra présenter trois tests COVID-19 négatifs: un deux semaines avant le voyage, un 72 heures avant l’embarquement et un à l’arrivée aux Fidji.»

Laucala Private Island Resort s’est associé à Fiji Airways pour concocter un forfait accessible à une vingtaine de passagers à partir de Los Angeles. Photo: Facebook Laucala Island

7- Réserver un resort entier

Pour être certain de ne pas croiser d’autres humains à l’hôtel, l’idéal est de le louer… en entier. C’est possible pour la modique somme de 1 500 000 $US pour trois nuits au Hyatt Regency Maui Resort and Spa. Le défi sera de décider dans laquelle des 810 chambres on dormira.

Il est possible de louer le Hyatt Regency Maui Resort and Spa au complet, pour trois nuits. Photo: Hyatt Regency Maui Resort & Spa

8- Réserver son voyage en train de luxe pour l’an prochain

Nommé meilleur voyage en train de luxe au monde par les Readers Choice Awards 2020 de Condé Nast TravelerBelmond British Pullman, de la famille du légendaire Venice Simplon–Orient-Express, attire les gens riches et (parfois) célèbres de partout dans le monde. «Un des wagons du service transcontinental d’origine a été pris dans une traînée de neige à l’extérieur d’Istanbul pendant 10 jours, un incident qui a inspiré le roman classique d’Agatha Christie "Meurtre sur l’Orient Express"», rappelle News 24.

Le Belmond British Pullman a été nommé meilleur voyage en train de luxe au monde. Photo: Facebook Belmond British Pullman

9- Tester les vols Jetz d’Air Canada

Ce n’est pas parce qu’on a son propre avion qu’on encourage plus l’économie locale, hein. Pendant la période des Fêtes, Air Canada proposera des vols exclusifs dans des appareils Jetz, qui transportent normalement «des équipes sportives professionnelles, des groupes musicaux populaires en tournée et des clients commerciaux faisant une location à la demande». Les vols auront lieu entre le 12 décembre 2020 et le 6 janvier 2021 et les prix s’apparenteront à ceux des billets de la classe affaires.

Pendant la période des Fêtes, Air Canada proposera des vols exclusifs dans des appareils Jetz. Photo: Air Canada

10- S’offrir le bout du monde

Plus c’est loin, plus c’est bien. C’est bien connu: en l’absence de bulletins de nouvelles, les problèmes fondent comme gelato au soleil. Pouf! Partis, les soucis!

Au bout du monde, les pauvres et la COVID n’existent plus. Nous, on se dore la couenne en buvant de grands crus et des cocktails avec des paillettes d’or. En prime, on évite les paparazzis. L’argent achète tout. Y compris le silence et la sainte paix.

L’argent achète tout. Y compris le silence et la sainte paix. Photo: Ishan, Unsplash

P.S.: Vous l’aurez compris, c’était de l’humour noir. Jamais je n’endosserai le déni, les déplacements non essentiels et outranciers ou l’étalage excessif de richesse dans une période aussi sombre. Cela dit, si des gens plus fortunés peuvent contribuer à faire rouler l’économie de manière sécuritaire et éthique, tant mieux! Pour un point de vue plus sérieux sur le voyage en période de pandémie, (re)lisez plutôt cette chronique.