Photo: Radio-Canada

Jean-Pierre Ferland, le petit roi, n’est plus

Quelle tristesse… Jean-Pierre Ferland, artiste incontournable de la scène musicale québécoise, est décédé ce 27 avril. Il avait 89 ans.



Étrangement, on a l’impression que c’est un membre de notre famille qui vient de nous quitter. On ne le connaissait pas personnellement, mais il est si souvent entré dans notre maison avec ses chansons qu’il faisait, d’une certaine façon, partie de nos vies. Certaines paroles de ses chansons ont même su se tailler une place dans notre vocabulaire. En effet, on ne compte plus les fois où on a utilisé le fameux «une chance qu’on s’a». Pourtant, rien ne semblait prédestiner Ferland à une si grande carrière musicale…

De timides débuts

Dans l’appartement familial du Plateau Mont-Royal où il habite, on compte seulement deux disques. Même s’il joue déjà avec les mots à un jeune âge, Ferland n’aime pas l’école et décroche. C’est une petite annonce dans le journal qui lui permet d’obtenir un emploi de commis au courrier pour Radio-Canada, un employeur qui jouera un rôle majeur dans le déploiement de son talent.

Dès qu’il a une pause, Jean-Pierre prend sa guitare et chante pour ses collègues. C’est d’ailleurs l’un d’eux, l’animateur Henri Bergeron, qui lui propose de l’enregistrer. Ainsi nait son premier disque.

Alors qu’il travaille toujours pour Radio-Canada, Ferland fonde Les Bozos avec Hervé Brousseau, Clémence DesRochers, Jacques Blanchet, Raymond Lévesque et Claude Léveillée. Ensemble, ils chantent au cabaret du même nom. Le succès est présent, mais ne dure pas.

Ferland quitte Radio-Canada en 1958 et se consacre alors à temps plein à sa carrière d’auteur-compositeur-interprète.

Un album qui change tout

À l’automne 1970, Jean-Pierre Ferland fait paraître Jaune. Ce 10e album en carrière marque un tournant dans celle de Ferland, mais aussi dans l’univers musical québécois. Exit le style chansonnier. Ferland propose ici une musique plus pop, plus moderne. Cette audace lui fait perdre quelques fans, mais qu’importe, le succès est au rendez-vous malgré tout.

En 2008, Jaune est nommé meilleur album de tous les temps au Québec par un jury regroupant 50 personnalités de l’industrie du disque. Plusieurs des chansons les plus connues de Ferland s’y trouvent, notamment Le petit roi, Quand on aime on a toujours 20 ans et Le chat du café des artistes.

De succès en succès

Jean-Pierre Ferland a cumulé les succès tout au long de sa carrière. Il a chanté avec les plus grands (Gilles Vigneault, Ginette Reno, Claude Léveillée, Yvon Deschamps, Robert Charlebois, etc.), animé de nombreuses émissions de télévision (Les fleurs de macadam, Station soleil, L’autobus du show-business, etc.) et reçu par dizaines des prix, distinctions et hommages nationaux et internationaux (l’Ordre national du Québec, grand prix de l’Académie Charles-Cros, etc.).

C’est un grand, très grand artiste qui vient de nous quitter. Jean-Pierre Ferland serait décédé de causes naturelles dans un CHSLD de la région de Lanaudière où il avait été admis en février dernier. Nous offrons toutes nos condoléances à sa famille et proche. Nombreux sont les Québécois qui seront émus par son départ. Le petit roi de la chanson québécoise restera à jamais dans la mémoire collective.