La chronique Partir

Auteur(e)

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

29 janvier 2019

Luxe et plage à Bali

Quand on pense à Bali, toute une galerie de personnages viennent à l’esprit: les hippies, les backpackers, les yogis, les surfeurs, les hipsters, le tsunami de divorcées émules d’Elizabeth Gilbert, auteure du livre Mange, prie, aime, adapté au cinéma, à la recherche de sosies de Javier Bardem… Sa proximité avec le pays des kangourous en fait aussi le «Cuba des Australiens».



À l’autre extrême, on trouve des établissements haut – parfois très haut – de gamme. Le coût de la vie étant très bas, le prix d’une nuitée dans un hôtel cinq étoiles équivaut à celui d’une chambre standard dans une ville comme New York (j’exagère à peine). Aujourd’hui, je vous propose une incursion dans le luxe accessible, en direct d’un lit-balançoire du très chic Beach Club du Como Uma Canggu (pour ajouter au cliché, je rédige cette chronique en buvant de l’eau de coco directement dans la noix).

Photo: Marie-Julie Gagnon

Bienvenue à Bali!

Dès mon arrivée à Bali, je débarque littéralement dans un fantasme. Le majordome du Belmond Jimbaran Puri, où je commence mon voyage, m’accueille avec une fleur d’ylan-ylan, dont le parfum subtil m’accompagnera pendant tout mon séjour au Belmond. Le massage balinais prodigué dans l’une des huttes du spa avec l’huile issue des noix de coco cueillies sur la propriété («Nous avons notre propre grimpeur-cueilleur de noix de coco!», m’apprendra plus tard Vandani K. Putri, responsable des ventes et des relations publiques) me fait presque oublier la nuit blanche que je viens de passer à Kuala Lumpur, gracieuseté des fuseaux traversés en plus de 24 heures de transport.

Massage dans une hutte du spa! Photo: Marie-Julie Gagnon

Le temps étant incertain, je n’ai pas la chance de vivre l’expérience directement sur la plage dans le pop-up spa, mais allais-je m’en plaindre? J’émerge de mon moment de détente juste à temps pour apercevoir le soleil se coucher et la lune, bien ronde, lui voler la vedette.

Ma villa avec piscine privée – l’une des 22 de la catégorie deluxe – allie confort, esthétisme balinais et raffinement. Entouré d’une moustiquaire, le lit me donne envie de dormir pendant 100 ans. Mon application météo prédisait de la pluie en continu: je n’aurai droit qu’à une petite douche quelques heures après mon arrivée, puis le matin de mon départ.

La villa avec piscine creusée. Photo: Marie-Julie Gagnon

Complètement revampé en 2018, le restaurant et bar Puri devient rapidement mon coin favori. Manger des fruits de mer en regardant le soleil se coucher sur la mer, les deux pieds dans le sable blanc, correspond pas mal à ma définition du bonheur.

De l’Orient-Express à LMVH

Moins connue que les Four Seasons et Ritz Carlton de ce monde, Belmond n’en est pas moins mythique. Pour la petite histoire, Belmond est le nouveau nom d’Orient-Express Hotels. Oui, le même Orient-Express que le train légendaire… En 2014, la compagnie a rebaptisé sa marque afin de mettre de l’avant ses établissements hôteliers. Belmond compte aujourd’hui 47 hôtels, trains et croisières fluviales. Ce qui distingue la marque? Le désir d’offrir des expériences uniques.

Les premiers chalets du site ont été construits au milieu des années 1980 par une famille balinaise. Une compagnie française a par la suite racheté l’endroit, suivi de Belmond en 2006. L’esprit initial a été préservé et des matériaux comme le bambou, le teck et la pierre indonésienne sont toujours à l’honneur.

Belmond vient par ailleurs d’être acquise pas nulle autre que LMVH, qui souhaite renforcer sa présence dans l’hôtellerie d’exception.

Les «chalets» du Belmond. Photo: Marie-Julie Gagnon

D’une plage à une autre

Quelques jours plus tard, c’est au COMO Uma Canggu que je pose mon sac à dos. Inauguré en février 2018, le nouvel établissement de la chaîne singapourienne s’est rapidement retrouvé dans le viseur de la presse voyage. CNN l’a notamment inclus dans sa liste d’hôtels à surveiller en 2019, en plus de le mentionner parmi les 22 meilleurs nouveaux hôtels en Asie.

Le COMO Uma Canggu figure dans la liste des meilleurs nouveaux hôtels en Asie. Photo: Marie-Julie Gagnon

Opéré jadis sous une autre bannière, le troisième hôtel COMO à Bali est encore en pleine transformation. Le cinq étoiles de 117 chambres mise sur un design contemporain et un service personnalisé.

De ma suite avec cuisine et salon, j’entends les vagues fracasser les rochers. Très prisée des surfeurs, Echo Beach n’est cependant pas recommandée aux baigneurs. La plage de sable noire n’attire pas non plus le même type de clientèle que celles de Jimbaran – du moins, à première vue.

Très prisée des surfeurs, Echo Beach n’est cependant pas recommandée aux baigneurs. Photo: Marie-Julie Gagnon

Chaque hôtel COMO possède sa propre personnalité. Celui-ci compte 11 types de chambres. C’est surtout au Beach Club, restaurant et bar avec vue sur la mer, qu’on peut sentir la petite touche balinaise, particulièrement dans le choix des matériaux. «Nous disons de nos hôtels qu’ils sont "faits à la main"», m’explique le directeur, Filipe Lopo.

Pendant mon séjour, je n’ai pas croisé de sosie de Javier Bardem, mais j’ai bel et bien vu défiler toute la galerie de personnages que j’avais en tête à mon arrivée. Ce que j’en retiens? L’incroyable liberté d’être soi, partout, peu importe son budget.

Alors, envie d’une noix de coco?

Photo: Marie-Julie Gagnon

Pratico-pratique:

  • Le Belmond Jimabaran Puri se trouve à une vingtaine de minutes de l’aéroport, mais on n’y entend pas du tout les avions. L’hôtel compte 65 villas et cottages. On peut se rendre à pied au village en quelques minutes.
  • Coût d'une nuitée au Belmond Jimbaran Puri: à partir de 351 $US. Prix d'une nuit dans une villa comme celle que j'ai occupée (One-Bedroom Deluxe Pool Villa): 956 $US.
  • Tous les jours, des séances de yoga, de méditation ou de taï-chi sur la plage sont offertes gratuitement aux clients du Belmond. La culture balinaise y est également valorisée. Des cours de massages balinais et de langue traditionnelle bahasa font partie des activités proposées.
  • Les véhicules motorisés comme les motomarines et les speedboats sont bannis de la baie de Jimbaran.
  • Comme dans plusieurs coins du monde, le vent et la mer charrient des déchets de plastique vers les plages. L’équipe du Belmond Jimbaran Puri nettoie la plage devant l’hôtel deux fois par jour. Le contraste avec les sections où les déchets sont ramassés moins fréquemment saisit.
  • De nombreux efforts environnementaux sont faits un peu partout à Bali. Au Beach Club du COMO Uma Canggu, les pailles aborent le mot-clic #iamnotplastic. «Elles sont faites de manioc», m’apprend l’une des employées.
  • Des cours sont également offerts aux résidents du COMO Uba Canguu, notamment de yoga et de Pilates sur reformer. D’autres cours payants peuvent également être ajoutés à la carte. L’hôtel comprend aussi un superbe gym.
  • Prix d’une chambre au COMO Uma Canggu: à partir de 250$US la nuit pour une chambre standard en basse saison, jusqu’à environ 2000$ pour un penthouse en haute saison.
  • Turkish Airlines proposera des vols vers Bali dès juillet 2019.

Merci à Turkish Airlines, grâce à qui ce voyage a été possible. J’étais l’invitée du Belmond Jimbaran Puri et du COMO Uma Canggu. Toutes les opinions émises sont 100% les miennes.