La chronique Partir

Auteur(e)

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

10 octobre 2018

Lettre à Lyon

Chère Lyon,

Je ne savais pas trop par quel bout te prendre, les premières fois où je me suis baladée dans tes rues. Par tes attraits touristiques, qui font voyager dans le temps? Par le ventre, toi qu’on surnomme la «capitale de la gastronomie» depuis 1935? Par tes traboules, qui mènent d’une rue à l’autre à travers des immeubles et des cours?

Une traboule, ce passage pour piétons qui permet de passer d'une rue à l'autre. Photo: Marie-Julie Gagnon
Une traboule, ce passage pour piétons qui permet de passer d'une rue à l'autre. Photo: Marie-Julie Gagnon

J’ai commencé par prendre un peu de hauteur. Du métro, j’ai emprunté le funiculaire pour aller contempler la vue de la colline de Fourvière. Dès l’Antiquité, l’endroit a joué un rôle clé dans la vie spirituelle et culturelle de tes habitants. En scrutant l’horizon depuis la colline, on peut même apercevoir le mont Blanc!

En scrutant la vue, on peut même voir le Mont Blanc!
En scrutant l'horizon, on peut même apercevoir le mont Blanc!

Tant qu’à être dans le coin, je suis entrée dans la basilique, mentionnée dans tous les guides de voyage. «Je me suis pris une claque», comme disent les Français. En franchissant son seuil, on se retrouve propulsé non pas dans une, mais plutôt devant des dizaines d’œuvres d’art. Au fond de la basilique, on découvre par exemple le tableau d’Orsel, réalisé en 1832 pour remercier la Vierge Marie d’avoir sauvé la ville d’un énième fléau. Car tu en as évité, des fléaux, Lyon! Au fil des épidémies et des guerres, tu as vu la promesse d’un lieu voué à la prière et à la protection se préciser. 

Dès le Moyen-Âge, une première chapelle a été érigée en l’honneur de la Vierge Marie. Détruit par les guerres de religion, le bâtiment est reconstruit en 1586. Il faut toutefois attendre 1870 pour que les Lyonnais s’engagent à édifier une grande église dédiée à Marie si les Prussiens n’envahissent pas la ville. Les travaux ont commencé deux ans plus tard. «La basilique fait partie du site lyonnais inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle est classée Monument Historique», nous apprend le site Web de Notre-Dame de Fourvière. 

À l'intérieur de la magnifique basilique. Photo: Marie-Julie Gagnon
À l'intérieur de la basilique. Photo: Marie-Julie Gagnon

Entre les yeux et le ventre

Lors de cette première visite, j’ai repris le funiculaire pour aller me balader dans le Vieux-Lyon, très prisé des touristes. Quelques années plus tard, j’ai plutôt suivi une guide vers les théâtres romains, jadis au cœur de la cité de Lugdunum. Je me suis mordu les doigts de ne pas m’être mieux informé car le lendemain, Vanessa Paradis, que j’adore, y donnait un concert dans le cadre des Nuits de Fourvière. Je me promets depuis de revenir à cette période de l’année, munie de quelques billets de spectacles. 

Photo: Marie-Julie Gagnon
Le funiculaire. Photo: Marie-Julie Gagnon

Lyon, je dois te faire un aveu. Bien que j’aie visité ton superbe Musée des Confluences, que je me sois baladée de la rue Saint-Jean à la Croix-Rousse et que j’aie goûté différents parfums de crème glacée (dont l’infecte glace au roquefort – pourquoi?), je n’ai jamais mangé dans l’un de tes célèbres bouchons. Je sais, c’est terrible, pour quelqu’un qui est passé te voir aussi souvent. II m’est arrivé de chercher trop tard et de me heurter à des portes closes. Mais j’avoue avoir aussi  du mal à saliver en pensant à certaines de tes spécialités. Les charcuteries, ça va, mais le tablier de sapeur, à base d’estomac de bœuf? Les andouillettes aux oignons? La tête de veau? Heureusement, la simple évocation de tes desserts aux pralines et autres spécialités sucrées suffit à stimuler mes glandes salivaires. 

Une chose est sûre: Lyon, je ne me lasserai jamais de longer le Rhône ou la Saône au pas de course ou en mode flânerie. Je continue de confondre continuellement tes deux cours d’eau, mais je te promets de parvenir à les distinguer… le jour où je savourerai des abats dans tes bouchons!

Photo: Marie-Julie Gagnon
Une rue du Vieux-Lyon. Photo: Marie-Julie Gagnon

Pratico-pratique:

  • Lyon se trouve à environ deux heures et quart en TGV de Paris.
  • Il y a différentes visites thématiques et insolites à Lyon. Vous aurez l’embarras du choix, selon vos intérêts.
  • Bon à savoir: la Lyon City Card inclut 22 musées, des visites guidées et les transports en commun.

Merci à Air Transat, qui offre des vols directs de Montréal jusqu’en octobre, et à Rail Europe, grâce à qui ce voyage a été possible.