La chronique Culture

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

12 janvier 2018

Lumière sur le cinéaste Jean-Claude Labrecque

Déjà 2018! Bonne année, chers lecteurs! Je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve que la vitesse avec laquelle le temps passe est affolante. On est toujours rendu demain. C’est pour ça que j’aime bien, quand l’occasion se présente, chérir avec vous des moments du passé et célébrer des pionniers qui ont ouvert le chemin. C’est pourquoi, cette semaine, je vous parle du documentaire Labrecque, une caméra pour la mémoire, un hommage bien justifié au grand cinéaste Jean-Claude Labrecque, présentement à l’affiche en salle.

Le rôle de Jean-Claude Labrecque dans notre cinématographie est immense. Ce cinéaste a montré et raconté le Québec, immortalisé des moments historiques et inventé des techniques de tournage. On lui doit les images de films mythiques comme La vie heureuse de Léopold Z de Gilles Carle, Le Chat dans le sac de Gilles Groulx, À tout prendre de Claude Jutra, la réalisation du documentaire sur la visite du général de Gaulle en 1967 et celui sur les Jeux olympiques de Montréal en 1976, deux projets qui ont nécessité des moyens logistiques colossaux. En fiction, Les Vautours, inspiré de sa jeunesse à Québec, laisse un souvenir impérissable avec Gilbert Sicotte dans le rôle principal.

Affiche du film «La vie heureuse de Leopold Z» de Gilles Carle.
Affiche du film «La vie heureuse de Léopold Z» de Gilles Carle.

Jean-Claude Labrecque a été réalisateur et directeur photo d’une quarantaine de films en plus de 50 ans de carrière. Ce n’est pas la matière qui manque. Le réalisateur Michel La Veaux nous gâte avec une multitude d’extraits de son travail au fil des décennies. Des images qui témoignent à la fois de son sens esthétique (Mémoire en fête), de ses prouesses techniques (60 cycles) et de son talent à encapsuler des moments historiques (La nuit de la poésie).

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Mais La Veaux ne se contente pas de plaquer des extraits d’archives sur les propos de son sujet. Non, il met brillamment Jean-Claude Labrecque dans la lumière, dans des mises en scène où le cinéaste a comme partenaire des caméras, comme l’Arriflex, sa préférée, des lentilles, des projecteurs, de la pellicule. Tout ce qui a constitué son univers.

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Labrecque, qui aura quand même 80 ans cette année, s’est même prêté au jeu de reprendre place au centre du stade olympique de Montréal pour refaire, pour la caméra de La Veaux, la fameuse séquence du relais 4 X 100 mètres que les Américains ont gagné en 1976. De le voir tout petit dans ce stade gigantesque nous fait encore mieux comprendre lorsqu’il raconte les embûches qu’il a dû surmonter pour imposer ses idées au comité olympique, qui n’avait jamais eu à composer avec un réalisateur ayant une vision aussi humaine de l’aventure olympique.

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«Être à hauteur d’homme» a toujours été un objectif pour Jean-Claude Labrecque. Cela a même donné le titre au film qu’il a tourné en 2003 avec un Bernard Landry en campagne électorale, une campagne qui tournera à la défaite. Dans ce film, on peut voir une scène inédite en politique, celle où un premier ministre concède la victoire à son opposant. Encore une fois, le documentariste se sera trouvé au bon endroit, au bon moment pour capter, avec discrétion et empathie, un moment d’histoire.

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Jean-Claude Labrecque est de la trempe des plus grands. Il a choisi de rester au Québec pour faire des films sur nous autres. Il les a faits avec une ambition et une exigence sans limites, ce qui ne l’a pas empêché de rester un artisan modeste. Ce film est tout à son honneur et le plus grand hommage qu’on pourrait lui rendre, c’est d’aller le voir en grand nombre. Action!


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