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18 mai 2018Auteure : Avenues.ca

Livres de la semaine

À lire: les œuvres des lauréats du Prix des libraires du Québec

Cette semaine, ce n’est pas seulement un livre que nous vous proposons, mais plutôt DES livres. C’est qu’on ne pouvait pas passer sous silence les œuvres des lauréats du Prix des libraires du Québec.

Chaque année, le Prix des libraires du Québec récompense des auteurs dont l’œuvre a marqué l’imaginaire des libraires au cours de la dernière année, autant par leur originalité que par leur qualité littéraire. Ce prix, c’est aussi l’occasion de reconnaître le rôle du libraire, ce conseiller hors pair à tout lecteur désirant faire de nouvelles découvertes.

Voici donc les lauréats du Prix des libraires du Québec 2018.

Christophe Bernard, La Bête Creuse, Quartanier (lauréat Roman québécois)

«Un roman touffu qui aménage dans un feu roulant jubilatoire la rencontre improbable entre des légendes loufoques et des égarements éloquents. La langue océanique et joueuse scintille tandis que les péripéties se succèdent à la vitesse d’une tirade de conteur en état de grâce!», mentionne le comité de sélection du Prix des libraires du Québec au sujet du premier roman de Christophe Bernard.

Résumé

Gaspésie, 1911. Le village de La Frayère a un nouveau facteur, Victor Bradley, de Paspébiac, rouquin vantard aux yeux vairons. Son arrivée rappelle à un joueur de tours du nom de Monti Bouge la promesse de vengeance qu’il s’était faite enfant, couché en étoile sur la glace, une rondelle coincée dans la gueule. Entre eux se déclare alors une guerre de ruses et de mauvais coups, qui se poursuivra leur vie durant et par-delà la mort. Mais auparavant elle entraîne Monti loin de chez lui, dans un Klondike égaré d’où il revient cousu d’or et transformé. Et avec plus d’ennemis. Il aura plumé des Américains lors d’une partie de poker défiant les lois de la probabilité comme celles de la nature elle-même : une bête chatoyante a jailli des cartes et le précède désormais où qu’il aille, chacune de ses apparitions un signe. Sous son influence Monti s’attelle au développement de son village et laisse libre cours à ses excès – ambition, excentricités, alcool –, dont sa descendance essuiera les contrecoups.

Près d’un siècle plus tard, son petit-fils François, historien obsessionnel et traqué, déjà au bout du rouleau à trente ans, est convaincu que l’alcoolisme héréditaire qui pèse sur les Bouge a pour origine une malédiction. Il entend le prouver et s’en affranchir du même coup. Une nuit il s’arrache à son exil montréalais et retourne, sous une tempête homérique, dans sa Gaspésie natale, restée pour lui fabuleuse. Mais une réalité plus sombre l’attend à La Frayère : une chasse fantastique s’est mise en branle – à croire que s’accomplira l’ultime fantasme de Monti de capturer sa bête.

Comédie truculente, parente des Looney Tunes et du tall tale américain, où affleure une mélancolie crépusculaire, La bête creuse dépeint une Gaspésie hallucinée, creuset de prodiges et d’exploits inouïs. Avec ce premier roman, héritier de l’esprit des grandes œuvres comiques, de Rabelais à Thomas Pynchon, de Don Quichotte à Buster Keaton, Christophe Bernard nous offre une fresque foisonnante, une chronique familiale hors-norme, nourrie par l’humour et la langue irréductibles de cette Gaspésie qu’on se raconte encore là-bas, dans les bars d’hôtel ou au large de la baie des Chaleurs.

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La Bête Creuse, Christophe Bernard. Le Quartanier, 2017. 720 pages. 32,95$.

Jonas Gardell, N’essuie jamais de larmes sans gants, Gaïa (lauréat roman hors Québec

«Un roman fabuleux, plein d’humanité, difficile à oublier. Important, bouleversant, essentiel, de ceux qui nous marquent profondément. Une œuvre majeure.» Le comité de sélection a été chamboulé par la lecture de ce roman.

Résumé

1982. Rasmus passe son bac et quitte la Suède profonde pour la capitale. À Stockholm, il va pouvoir être enfin lui-même. Loin de ceux qui le traitent de sale pédé. Benjamin est Témoin de Jéhovah et vit dans le prosélytisme et les préceptes religieux inculqués par ses parents. Sa conviction vacille le jour où il réalise qu'il est homosexuel.

Rasmus et Benjamin vont s’aimer. Autour d’eux, une bande de jeunes gens, pleins de vie, qui se sont choisis comme vraie famille. Ils sont libres, insouciants. Quand arrive le sida. Certains n’ont plus que quelques mois, d’autres quelques années à vivre.

Face à une épidémie mortelle inconnue, les politiques sociales ou sanitaires du « modèle suédois » échouent. Les malades séropositifs sont condamnés à l’isolement et à l’exclusion. Un témoignage unique sur les années sida, un roman bouleversant.

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N’essuie jamais de larmes sans gants, Jonas Gardell. Gaïa, 2016. 592 pages. 44,95$.

René Lapierre, Les adieux, Les Herbes Rouges (lauréat poésie québécoise)

«Rare sont les recueils qui se présentent à nous comme une somme, en totalité. Avec Les adieux, René Lapierre propose son livre le plus ambitieux, le plus soufflant. Écrit sans concession, le poète est ici journaliste ou enquêteur, il erre dans le dernier siècle de faits divers en catastrophes, construisant un recueil comme on construit une maison: avec charpente et passion», mentionne le comité de sélection.

Résumé

Qu’est-ce que l’amour, et que fait-il de nous à la fin?

Pour ce onzième recueil de poésie aux Herbes rouges, René Lapierre rassemble ses forces et ses fragilités, et s’attaque à ces questions avec courage. Sur une période de cent années, l’auteur trace un portrait saisissant du monde dans lequel nous vivons. À la clé: l’amour, aussi essentiel que douloureux.

Avec l’adresse qu’on lui connaît et une maturité qui force l’admiration, René Lapierre entremêle la grande et la petite histoire jusqu’à effacer leurs frontières. Qu’il relate le premier vol au-dessus de la Manche ou évoque les femmes amérindiennes disparues, qu’il plonge dans les registres généalogiques de la Nouvelle-France ou dans ceux de sa propre famille, René Lapierre ouvre grand les bras. Pour lui tout amour est politique, parce qu’il est résistance: «J’en appelle / au soulèvement. J’en appelle / à la révolte.»

À ce «nous» expressément retourné dans le poème contre «l’obsession de l’argent», «la haine de la parole [et] l’amour du pouvoir», René Lapierre offre ce livre comme une bienveillance: «je ne veux pas dire / donner mon indigence / mais mon débordement».

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Les adieux, René Lapierre. Les Herbes rouges, 2017. 432 pages.

Jonathan Durand Folco, À nous la ville!, Écosociété (lauréat essai québécois)

À nous la ville!, 1er livre de Durand Folco, annonce «l’émergence d’un intellectuel d’envergure. Un essai remarquable, tant pour son solide ancrage théorique que pour sa fine analyse de la conjoncture municipale québécoise. Qu’il partage ou non sa philosophie politique, tout lecteur reconnaîtra la force de conviction qui anime l’auteur. Un livre d’un optimisme contagieux qui en convertira plus d’un aux vertus du municipalisme», selon le comité de sélection du Prix.

Résumé

Les villes peuvent-elles changer le monde ? Considérées comme les espaces où se joueront en grande partie les luttes politiques du XXIe siècle, les villes tardent pourtant à susciter l’attention qu’elles méritent dans les cercles progressistes. Pour Jonathan Durand Folco, la gauche doit urgemment investir cet espace politique qui est au centre des enjeux sociaux, économiques et écologiques du XXIe siècle et qui possède un potentiel de transformation inédit.

Prenant appui sur de solides bases théoriques, nourri des expériences d’ici et d’ailleurs, l’auteur expose les contours d’une nouvelle stratégie politique : le municipalisme. Il montre que la ville est au cœur des contradictions du capitalisme avancé, qu’une tension de plus en plus forte s’exprime entre le développement de la « ville néolibérale » et les revendications du « droit à la ville », et que la question écologique, la spéculation immobilière et la défense des communs sont au centre des mobilisations citoyennes.

Cherchant à dépasser le clivage ville/région et à surmonter les écueils posés par les stratégies de transformation sociale « par le haut » ou « par le bas », Jonathan Durand Folco donne des pistes pour s’organiser et passer à l’action. Comment penser le front municipal ? Comment articuler les échelles locale, nationale et internationale dans la perspective d’une République sociale vue comme Commune des communes ? À quels problèmes organisationnels faisons-nous face ? Cela passerait-il par la création d’un Réseau d’action municipale ? Et selon quelles valeurs et quels principes organisationnels ? Autant de questions auxquelles tente de répondre l’auteur pour réhabiliter la municipalité comme espace politique et vecteur de transformation sociale.

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À nous la ville!, Jonathan Durand Folco. Écosociété, 2017. 200 pages.

Julie Rocheleau, Betty Boob, Casterman (laureate bande dessinée québécoise) 

«À chacun de ses projets précédents, Julie Rocheleau s’est imposée comme une artiste majeure dans le milieu de la bande dessinée internationale. Avec cet album, elle confirme encore une fois sont talent à mettre en image émotions et sentiments. Sans un mot, sans une phrase (ou presque), Roceheleau raconte et développe une narration purement graphique, ce qui donne une grande charge émotive au scénario de Vero Cazot. Jamais perdu, jamais ennuyé, le lecteur ne peut être qu’envouté par Betty Boob», affirme Marco Duchesne de la Librairie Pantoute, à Québec.

Résumé

Betty est atteinte d’une tumeur au sein qui doit lui être enlevée. Elle est alors licenciée pour manque de conformité. Heureusement, une troupe de spectacle burlesque lui permet de se reconstruire en lui offrant l’opportunité de monter sur scène et de transformer le regard sur le cancer. Un album onirique et poétique sur le parcours d’une malade.

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Betty Boob, Julie Rocheleau. Casterman, 2017. 184 pages.

Bastien Vivès, Une sœur, Casterman (lauréat bande dessinée hors Québec)

Le comité de sélection a souligné le talent de Bastien Vivès qui aborde avec Une sœur ce «moment suspendu entre l’enfance pas tout à fait révolue et l’adolescence, plein d’émotions excitantes et confuses, avec une sensibilité et une tendresse mises en valeur notamment grâce à un tracé minimaliste mais évocateur qui suggère plutôt qu’il ne révèle.»

Résumé

Antoine, 13 ans, passe comme chaque été ses vacances en famille. Très réservé, il aime passer son temps à dessiner et à jouer avec son petit frère. L’arrivée d’Hélène, 15 ans, fille d’amis de ses parents, vient cependant bouleverser son quotidien.

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Une sœur, Bastien Vivès. Casterman, 2017. 216 pages.

Isabelle Arseneault, L’oiseau de Colette, La Pastèque (lauréate littérature jeunesse Québec)

«C’est avec un bonheur lumineux que l’on découvre cet album tout de jaune vêtu. La jolie Colette, fraîchement déménagée, rage de ne pas pouvoir avoir un animal de compagnie. Discrets mais curieux, les enfants qui l’observent ont vite fait de s’approcher. Et voilà Colette qui raconte une aventure rocambolesque avec sa perruche qu’elle aurait perdue. Les enfants, émerveillés, se laissent prendre au jeu et s’invitent dans cette joyeuse aventure. Isabelle Arseneault, avec un talent renouvelé, présente un charmant album qui invite à l’imagination et à la fantaisie. C’est chaleureux, mignon et amusant !» assure Chantal Fontaine, de la Librairie Moderne à St-Jean-sur-Richelieu.

Résumé

Pauvre Colette, récemment déménagée dans un nouveau quartier, sa mère lui refuse un animal de compagnie. Mais lorsqu’elle cherchera à se faire de nouveaux amis, ce sera grâce à une perruche… imaginaire!  ​

Ce livre est le premier d’une série mettant en vedette les personnages de la bande du Mile-End. Chaque livre apportera de nouvelles aventures, de nouvelles couleurs et des univers propres à la personnalité de chacun.

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L’oiseau de Colette, Isabelle Arseneault. La Pastèque, 2017. 48 pages.

Julien Béziat, Le bain de Berk, Pastel (lauréat littérature jeunesse hors Québec)

«Berk a glissé dans le bain ! Catastrophe ! Plongez avec cette bande de jouets hilarante dans une aventure inusité où chacun tentera de sauver son ami de la noyade ! Riez aux éclats des inquiétudes démesurées d’une tortue hystérique ! Frissonnez devant les catastrophes qui s’accumulent et s’empirent ! Mais surtout, prenez garde : Berk a glait gligli dans le glain ! Un album que les enfants vous réclameront encore et encore», affirme Catherine Chiasson de la Librairie Bric à Brac à Montréal.

Résumé

L’autre jour un truc terrible est arrivé dans mon bain. J’ai posé Berk sur le bord de la baignoire et je suis allé jouer dans ma chambre, le temps que l’eau finisse de couler. Le problème, c’est qu’il a glissé, et PLOUF ! Trouillette ma tortue a paniqué : « Berk se noie ! ». Drago, Poulp et Aspiro étaient prêts à tout pour l’aider mais qu’est-ce que le doudou-chouchou essayait de leur dire, la bouche remplie d’eau ?

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Le bain de Berk, Julien Béziat. Pastel, 2016.

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