Photo: Vishal Banik, Unsplash
16 mai 2019Auteure : Anne Pélouas

Mon printemps à vélo

Au printemps, les cyclistes, sauf évidemment les plus endurants qui roulent en hiver, surtout en ville, se précipitent pour sortir les vélos, moi la première. C’est l’occasion d’un tour de piste pour parler sécurité, visibilité et tendances de l’heure en matière de bicyclette avant de s’élancer sur la route, la rue, le sentier de montagne ou de gravier.

À bas les amendes, vive la sécurité!

Vaste sujet que celui de la sécurité en vélo! Pour cette fois, je me concentre sur deux aspects: la visibilité et le casque. Il faut cependant rappeler qu’un vélo en bon état de fonctionnement est la première condition pour rouler de façon sécuritaire, en plus d’améliorer les performances.

On trouve sur Internet de judicieux conseils pour mettre soi-même sa bicyclette en ordre avant les premiers coups de pédale. Évidemment, si vous ne vous en sentez pas le courage (ou les compétences), toutes les boutiques de réparation de vélo offrent un forfait de mise au point.

Voir et se faire voir

L’an passé, le Code de la sécurité routière a été modifié au Québec. Ainsi, gare aux amendes (de 80 $ à 100 $) pour ceux qui se font prendre sans les réflecteurs adéquats!

En plus des réflecteurs avant et arrière, il en faut sur les deux côtés des pneus ou des jantes et sur les deux pédales, en avant et en arrière. On peut opter pour une petite lampe (réflecteur blanc) sur le guidon ou le casque pour l’avant et une lampe (réflecteur rouge) pour être visible de l’arrière.

Pour les ajouts, il existe plusieurs options: des jantes ou des pneus réfléchissants, des réflecteurs jaunes ou blancs dans les rayons de la roue avant, rouges ou blancs pour la roue arrière, visibles des deux côtés.

À défaut d’avoir aussi des réflecteurs sur les pédales, une bande réfléchissante autour des chevilles ou des chaussures pourvues de bandes réfléchissantes feront l’affaire.

Tout cela peut coûter assez cher. La solution la moins coûteuse et la plus facile consiste à installer des bandes réfléchissantes autocollantes (vendues en kit) sur les jantes de roues et les pédales.

Bien sûr, les vêtements réfléchissants augmentent d’un cran la sécurité du cycliste. Il y en a pour tous les goûts. Dernièrement, j’ai découvert les produits réfléchissants et véganes de la compagnie montréalaise Boïda: leggings pour le yoga ou la course à pied, mais aussi pantalons et manteaux de plein air munis de discrets éléments réfléchissants vous rendant visible de tous côtés.

Photo: Facebook Boida Athletica

Jamais sans mon casque (bien ajusté) 

Il y a beaucoup d’adeptes du sans-casque… dont je ne suis pas. Il y a aussi le problème des vélos en libre-service urbain partout dans le monde sans casque fourni. De toutes mes pérégrinations en vélo urbain, c’est à Vancouver seulement que j’ai vu des vélos offerts avec casque via le système Mobi.

Personnellement, quand je prévois faire du vélo dans une ville et que j’ai un peu de place dans mes bagages, j’y glisse mon casque pliable Overade, au volume qui se réduit par trois et qui se déplie en trois secondes. Génial! Sauf qu’il faut le commander sur Internet ou le rapporter d’Europe, car il n’est pas encore vendu au Canada.

Porter un casque, c’est bien, mais encore faut-il bien le choisir (en fonction de l’utilisation qu’on en fera) et bien l’ajuster, ce qui est loin d’être le premier souci de bien des gens.

Pour le choix initial, référez-vous aux conseils de MEC. On y parle de bonne grandeur de casque et aussi du fait qu’il faut en changer dès qu’il semble un peu abîmé, surtout si on est déjà tombé dessus!

Pour le bon ajustement – qu’il faut faire régulièrement –, les principes sont qu’il ne doit pas bouger quand on secoue la tête et qu’il protège bien le front (à deux doigts au-dessus des sourcils). Pour ce faire, les sangles juste au-dessus des oreilles et la boucle de jugulaire doivent être bien serrées, au point de pouvoir à peine ouvrir la bouche. La Cordée suggère qu’on ne devrait «pas être capable de passer plus d’un doigt entre menton et attache».

Dans son numéro de mai-juin, le magazine Vélo Mag consacre plusieurs pages aux «familles» de casques et aux étapes d’un bon ajustement, et propose «10 casques pour toutes les pratiques». 

Le casque pliable Overade est super pratique! Photo: Facebook Overade

Gravel bike et bikepacking

Après le vélo de montagne, le fatbike (à larges pneus) et le gravel bike (dont je vous parlais déjà en 2018) s’installent confortablement sur le marché de la bicyclette, alors que la pratique du bikepacking prend aussi son envol.

Sorte d’hybride entre le vélo de route et le vélo de montagne, avec freins à disque et larges pneus, le gravel bike plaît à ceux qui veulent autant rouler sur l’asphalte qu’aller s’épivarder sur les routes de gravier ou de terre, en forêt ou sur les plages. C’est l’explosion des modèles du côté des fabricants, alors que les parcours ciblés pour les amateurs se multiplient.

Le bikepacking est une version plus aventureuse du cyclotourisme. Vélo adapté à ce qu’on veut faire, équipement minimaliste (encore que les sacoches se multiplient partout sur le vélo) et, hop, on part en autonomie dans le bois, la montagne, la brousse.

Dans le dernier numéro de Vélo Mag, on présente quatre destinations pour le pratiquer, dont un Trans-ZEC Express au Québec et une Traversée de Charlevoix «extrême». La Cordée propose pour sa part des idées sur la façon de bien préparer un itinéraire de bikepacking et fournit des références sur des circuits préétablis. Bien équipé, promet Vincent Lorber, gérant à La Cordée, «on se concentre sur l’essentiel: l’aventure».