Photo: Facebook Parc régional Montagne du Diable
10 janvier 2019Auteure : Anne Pélouas

Duo ski de fond et raquette à la Montagne du Diable

Au parc régional Montagne du Diable, dans les Hautes-Laurentides, ski de fond et raquette font bon ménage. Les pistes n’ont guère changé depuis mon premier séjour ici, bien avant que le site devienne un parc régional, mais le plaisir des retrouvailles avec ce beau petit massif est toujours au rendez-vous!

Il faut dépasser Mont-Laurier, puis Ferme-Neuve, pour rejoindre ce centre de plein air situé à une vingtaine de kilomètres du réservoir Baskatong. Le parc régional a magnifiquement évolué depuis ses débuts, conservant son authenticité naturelle tout en misant sur la qualité de ses nouveaux équipements.

Au pied de la montagne, le «Village des bâtisseurs» abrite désormais un pavillon d’accueil avec cuisine commune, sanitaires, salle à manger et salle de fartage. Huit chalets-nature très confortables sont disséminés près du lac des Îles. Y dormir la veille d’une longue randonnée est une très bonne option.

Au matin, on se prépare à «attaquer» la montagne pour rejoindre l’un des sept refuges situés en forêt ou sur la crête. Certains valeureux transportent leurs gros sacs à dos, garnis de tout pour deux ou trois jours et nuits, tandis que d’autres utilisent le service de transport de bagages par motoneige.

Notre groupe s’est séparé en deux, histoire d’explorer pour les uns les sentiers de raquette et pour les autres ceux de ski de fond. Le territoire est vaste, avec 80 kilomètres de «choix» pour la raquette et 56 pour le ski de randonnée nordique, débutant par une piste facile, bien tracée, au pied de la montagne. But commun: opérer une boucle sur trois jours et, dans un premier temps, se retrouver au refuge Versant Sud, après 700 mètres de montée environ.

Dans les deux cas, on traverse une forêt majestueuse, grimpant d’abord dans une érablière avant d’atteindre une zone où les résineux prennent toute la place. En route, on fait halte à l’abri des Ruisseaux pour se réchauffer et manger son lunch. La suite demande un effort nettement plus soutenu. Certains auront mis les peaux d’ascension sous leurs skis, histoire de se faciliter la tâche en montée.

Photo: Anne Pélouas

Tout le monde au sommet

La récompense est au sommet Belzébuth, à 749 mètres d’altitude, avec vue plongeante côté sud. On atteint ensuite le grand refuge Versant Sud, sur un site bien dégagé, adossé au sommet du Diable.

La vie en refuge est presque réglée comme une horloge. On alimente le poêle à bois pour se réchauffer; on s’installe sur un matelas à l’étage pour la sieste; on placote autour du feu sur une chaise berçante ou on profite du paysage extérieur. Puis vient le temps de la préparation du souper, de la neige à faire fondre sur le poêle à bois pour la vaisselle ou la toilette, voire pour boire si on n’a pas opté pour le transport de bagages avec bidons d’eau. Le repas terminé, on se couche tôt pour profiter pleinement du lendemain.

Au jour 2, la crête est au programme. En raquette comme en ski, il est possible de se rendre jusqu’au sommet du Garde-feu, puis à l’abri de la Paroi de l’Aube, plein est, pour l’heure du lunch. Les deux pistes séparées suivent peu ou prou la ligne de crête, avec de beaux résineux chargés de neige fraîche. Le soleil n’est pas au rendez-vous et la vue, plutôt bouchée. C’est là que les souvenirs de ciel bleu perçant à travers les branches et au-dessus de la vallée sont bienvenus… Le retour vers le refuge se fait sur le même tracé en ski, tandis que les raquetteurs peuvent descendre un peu sur le flanc sud de la montagne et rentrer par le sentier des Versants Est et Ouest, avec arrêt éventuel au restaurant Halte-titude, relais de motoneigistes très prisé.

Photo: Anne Pélouas

Descente en douce ou en folie

Après une seconde nuit en refuge, le temps est venu de rejoindre le Village des bâtisseurs. C’est là que les choses se corsent en ski, alors qu’en raquette, on peut reprendre le trajet aller par le sentier 3c ou opérer une jolie boucle en faisant le tour du sommet du Diable par le sentier des Sommets avant de piquer au cœur de la forêt pour le dernier tronçon.

La piste la plus «facile» en ski est longue et tout de même agrémentée de bonnes descentes en forêt, avec virages serrés, voire ruisseaux non gelés en plein milieu de vagues traces laissées par d’autres skieurs.

Notre groupe a choisi de garder ses peaux d’ascension pour freiner la descente et pouvoir absorber aussi quelques bonnes montées. Le parcours en direction de l’abri du Vent, près du lac Windigo, compte en effet plusieurs petits sommets et prend donc la forme de «montagnes russes». À un kilomètre de l’abri du Vent, nous renonçons – la fatigue aidant – à faire le petit détour qui y mène et mangeons notre lunch dehors. Il ne fait pas froid. Les derniers kilomètres à dos de collines nous donneront encore quelques bonnes sueurs. Quand nous tombons sur la piste verte 8b, bien tracée, c’est avec une joie ravageuse que les peaux des skis seront «arrachées» pour profiter de la «glisse» sur le terrain presque plat des trois kilomètres restants.

Photo: Anne Pélouas

En prime

Glamping d’hiver au Village Windigo Baskatong

Pour finir le périple en beauté, on pousse un peu plus loin sur le chemin Windigo pour aller vivre une autre expérience hors du commun: dormir sous un «dôme» face au grand réservoir Baskatong.

Une grande plateforme de bois domine l’étendue gelée, avec «sphair-dôme», table de pique-nique, chaises Adirondacks et foyer extérieur. La structure de plastique épais et transparent en forme d’igloo abrite un grand lit bien garni, avec couette et couvertures, une lampe et deux chaufferettes électriques. C’est bien conçu, mais il faut tout de même être un peu équipé pour venir passer une nuit là, en plein hiver, quand les températures chutent, qu’il neige ou qu’il vente. Surtout si, comme moi, vous n’aimez pas trop le bruit des chaufferettes. Dans ce cas, on dort très bien avec la tuque sur les oreilles!

Le complexe du Village Windigo compte 20 chalets, 20 condos, un bon restaurant, une sphair-dôme et deux autres petites «sphrairs», sortes de bulles avec vue sur la voie lactée, mais disponibles seulement l’été. Sur place, en hiver, il y a de beaux sentiers de ski de fond et de raquette. On peut aussi faire du fatbike et du patin.

Photo: Anne Pélouas

Le retour du Festival du film de montagne de Banff au Québec

Grand-messe de l’aventure et des expéditions hors-normes en images, la tournée québécoise de ce festival est de retour, du 22 au 27 janvier à Montréal, puis jusqu’à la mi-mars dans 25 villes, de Gatineau à Kuujjuaq, en passant par Québec. Bonne nouvelle, il reste partout des billets.

La 23e édition propose une sélection de neuf courts et moyens métrages issus de la programmation du festival de Banff. Il y a en a pour tous les goûts un brin «givrés»: du vélo de montagne extrême à Jackson Hole et en Nouvelle-Zélande à un portrait de vieux coureur ou une équipée mère-fille de six mois à ski à travers la chaîne côtière de Colombie-Britannique. On suit aussi deux Allemands – partis de leur pays avec skis, vélos et sacs à dos – dans leur traversée des Alpes jusqu’à la Méditerranée. Entre autres.

L’adrénaline par procuration est assurément au rendez-vous de cette édition!