Photo: Patrick Schneider, Unsplash
16 janvier 2020Auteure : Anne Pélouas

Jamais sans mes crampons!

Après quelques chutes de neige mi-novembre, il aura fallu attendre le 30 décembre (du moins pour une bonne partie du Québec) pour avoir une vraie tempête hivernale; mais pluie et verglas se mettent de plus en plus souvent de la partie. Ainsi, les amateurs de sports d’hiver ont déjà sorti leurs crampons et nul doute qu’ils serviront encore dans les prochaines semaines.



J’ai quitté Montréal juste avant Noël pour aller profiter de l’hiver en région. Vu que la météo était particulièrement incertaine en matière de chutes de neige, l’auto était pleine de skis alpins, skis de fond, raquettes, patins ET crampons. Ce dernier type d’équipement de plein air (le moins volumineux de l’ensemble) a finalement été le plus utile de tous.

Plusieurs fois par hiver, il est devenu nécessaire d’avoir des crampons aux pieds pour sortir en toute sécurité, en ville comme ailleurs. La neige se fait parfois désirer et quand la pluie se met de la partie, suivie d’un épisode de froid, bonjour la patinoire sur les trottoirs ou sentiers!

Les types de crampons sont multiples, mais bien spécifiques à l’utilisation qu’on veut en faire: en ville, pour marcher ou courir; en sentiers, pour une randonnée légère ou pour gravir une montagne. Dans un article précédent, j’ai détaillé chaque type de crampons à acheter selon l’activité visée.

Dans le cas des randonnées, même courtes, le meilleur compagnon du crampon est le bâton… ou plutôt les deux bâtons de marche télescopiques. Leur avantage est de faciliter votre équilibre tout en répartissant l’effort sur l’ensemble du corps et non seulement sur les cuisses. Il est très important de bien les ajuster en fonction du terrain: assez courts pour monter, beaucoup plus longs pour les descentes. L’idéal est de tenir fermement les bâtons en main, mais de ne pas les mettre dans les ganses prévues à cet effet. La raison? Si vous dérapez, c’est votre épaule qui prendra tout le choc!

Dans le cas des randonnées, même courtes, le meilleur compagnon du crampon est le bâton… ou plutôt les deux bâtons de marche télescopiques. Photo: Giorgio Minguzzi, Flickr

Le sentier du Ruisseau-des-Chênes, au Parc national du Mont-Orford

Voici un excellent exemple de sentier de raquette, dans les Cantons-de-l’Est, nécessitant – parfois – l’usage des crampons. Le jour où j’y suis allée, juste avant le jour de l’An, il n’avait pas neigé depuis longtemps; la pluie avait par contre frappé fort dans la semaine, puis les températures avaient dramatiquement chuté. Le sentier du Ruisseau-des-Chênes hésitait alors entre piste de luge et patinoire, avec des passages boueux et d’autres à dos de gros rochers. Vous restez chez vous dans une telle situation? Dommage!

Le temps est au beau fixe quand je m’y pointe et le stationnement près de la Savonnerie des Diligences est quasiment plein de voitures. Leurs occupants – presque tous «armés» de crampons – sont partis s’épivarder sur les flancs du mont Orford en empruntant le sentier du Ruisseau-des-Chênes pour un aller-retour de 9,4 km. Quelques dizaines de mètres sur le bord de la route 112 vous séparent de l’entrée du sentier, qui fait partie du parc national du Mont-Orford.

Passé la boite d’autoperception, il grimpe gentiment dans le bois pour atteindre de jolies cascades. Le sentier monte ensuite en lacets dans la forêt et c’est là que les choses se corsent peu à peu. La terre ou la boue gelée laisse place à quelques mètres de sentier où un déluge de glace vive semble s’être déversé. Contourner le tronçon en entrant dans le bois n’est pas une bonne idée si l’on veut préserver la nature. Mieux vaut l’éviter quand ce n’est pas indispensable pour sa sécurité. Avec des crampons, on franchira généralement ces passages difficiles sans difficulté. Évitez cependant l’usage des bâtons et accrochez-vous plutôt aux arbres pour vous aider si nécessaire.

Après un petit parcours en forêt, la récompense se matérialise sous la forme d’un premier beau point de vue. À l’ouest, en contrebas, le lac Orford; à l’est, le majestueux lac Memphrémagog; au loin, les pistes de ski alpin d’Owl’s Head et les montagnes du Vermont en arrière-plan.

Le sentier vire vers l’ouest et grimpe encore. Les passages glacés se succèdent, mais les crampons «mordent» bien. Il faut cependant jouer de prudence, surtout quand le sentier passe sur de gros rochers, comme c’est le cas à l’approche du second point de vue.

La marche se poursuit ensuite en petite descente et remontée à flanc de montagne. La vue se dégage sur le pic aux Corbeaux à l’est et les pistes de ski alpin du mont Orford, lorsqu’on atteint le troisième point de vue.

Il est temps alors d’entamer le trajet de retour qui ne sera pas moins facile que l’aller, bien au contraire. Parfois, il sera plus sécuritaire de descendre «à l’envers» (comme sur une échelle) pour profiter des aspérités des roches ou de la glace et y planter ses «crocs»!

L’utilisation des bâtons en descente n’est recommandée que si leurs pics peuvent être plantés dans le sol. Le mieux, sur surface glacée, est de taper du pied cramponné dans le sens de la pente. Dans le pire des cas, glisser sur ses fesses sur quelques mètres peut être l’arme sécuritaire par excellence.

Aux deux tiers de la pente, la glace se fait plus rare et l’on peut baisser un peu la garde et porter moins d’attention au terrain. On finit en fanfare en marchant «normalement» jusqu’à la sortie du sentier, fier de nos chers crampons bien utiles!

24e tournée québécoise du Festival du film de montagne de Banff

C’est le premier rendez-vous de l’année pour les pleinairistes! La tournée québécoise (23 villes) s’arrête à Montréal du 22 au 26 janvier, et pour la première fois à la belle salle Pierre-Mercure.

Parmi les films coups de cœur, mentionnons Spectre Expédition – Mission Antartica sur un trio d’amis partis à la conquête du Spectre, sommet du massif montagneux le plus éloigné sur terre; Surfer Dan, sur l’histoire d’un surfer du lac Supérieur, au Michigan; Reel Rock 14: High Road, qui fait frissonner en compagnie de la grimpeuse Nina Williams, laquelle n’utilise aucun équipement d’escalade; le court métrage canadien Charge, qui met en scène quatre skieurs très, très freestyles et un pilote de drone champion du monde qui s’éclatent dans la poudreuse de Chatter Creek, en Colombie-Britannique. De quoi vibrer en groupe!

Photo: Facebook Festival du film de montagne de Banff au Québec