12 février 2020Auteure : Anne Pélouas

Via ferrata en raquettes dans Charlevoix

Grimper en raquettes, suivre une via ferrata et redescendre en rappel, puis en glissade au pied des Palissades: c’est le quatuor emballant que propose ce magnifique site de plein air en montagne dans la région de Charlevoix.

Le parc Les Palissades est bien connu des grimpeurs qui escaladent depuis longtemps ses parois de granit de 4 kilomètres de large sur 400 mètres de haut. Cet impressionnant massif qu’on découvre sur la route 170 à 10 kilomètres de Saint-Siméon (en direction du Saguenay–Lac-Saint-Jean) est un vrai petit paradis pour la randonnée, le camping et les amateurs de via ferrata puisqu’il abrite l’une des pionnières du genre au Québec... qui est également accessible en hiver.

Le parcours de via ferrata est aménagé à même une paroi rocheuse, sécurisé par un câble d’acier permanent. On s’y accroche à l’aide d’un harnais muni de deux gros mousquetons, tout en progressant avec ses mains et ses pieds. Voilà une excellente façon de découvrir des paysages autrefois réservés aux adeptes d’escalade tout en fournissant un effort sportif modéré.

Via ferraquette

À partir du chalet d’accueil, au pied de la montagne, on monte en raquettes par le sentier de l’Aigle. Le parcours de 2,5 km en lacet dans la forêt est plus ou moins exigeant selon la quantité de neige tombée dans la région.

La montée en raquettes. Photo: Anne Pélouas

À 250 mètres d’altitude, on n’est pas encore rendu au sommet, mais la vue est déjà splendide sur la vallée glaciaire en contrebas. La rivière Noire s’y écoule en zigzag, encadrée de montagnes et par temps clair, on aperçoit le fleuve Saint-Laurent.

À 250 mètres d'altitude, la vue est déjà splendide. Photo: Anne Pélouas

Il est temps d’enlever ses raquettes pour les fixer sur son sac à dos, de mettre son casque sur la tête et de partir pour une autre aventure, deux mousquetons en mains bien gantées pour s’accrocher au câble du «petit parcours du Faucon», voie écourtée de la via du Faucon «normale».

On progressera de la même manière, pieds sur la roche, sur de mini-marches taillées dans le roc ou d’autres en acier incrustées dans la paroi, mains s’accrochant de même aux aspérités du granit quand elles ne sont pas en train de manier les mousquetons.

La sécurité exige en effet de progresser le long du câble en ayant toujours au moins un des deux mousquetons rattachés à notre harnais de taille qui soit refermé sur ledit câble. Il faut donc sans arrêt ouvrir un mousqueton pour le bloquer plus loin sur le câble, puis faire de même avec le deuxième, ce qui n’est pas chose aisée par temps froid. La beauté de la chose, c’est qu’on peut parfois «s’asseoir» dans son harnais, mains dans les airs, pour profiter du paysage ou se reposer un peu sur une mini-plateforme naturelle.

Certains passages sur roches peuvent être enneigés ou glacés, mais jamais suffisamment pour empêcher d’avancer jusqu’au pont suspendu, dont le passage procure quelques sensations fortes au-dessus du vide, avant d’atteindre la fin du parcours sur les hauteurs.

Notre  courageuse journaliste sur le pont suspendu.

Ceux qui n’ont pas (trop) le vertige choisissent alors la descente en rappel sur corde, assurés par le guide. La technique exige un certain lâcher-prise pour se «jeter» dans le vide, les deux pieds sur la paroi verticale et les mains sur la corde pour contrôler sa descente. Les débuts sont rarement spectaculaires, mais on finit par comprendre qu’avec un peu de souplesse (mentale et physique), on peut s’éloigner de la paroi en poussant sur ses jambes et prendre un peu plus de vitesse pour progresser vers le bas, 70 mètres plus bas.

Une petite frousse avant le début de la descente en rappel.

Les deux pieds dans la neige, on admire alors l’agilité du guide, qui descend à son tour à la vitesse de l’éclair! Il est temps de remettre nos raquettes aux pieds. Un champ de neige s’étend sous nos yeux. L’occasion est trop belle pour ne pas tenter une belle glissade sur les fesses jusqu’à la lisière de la forêt, quitte à avoir un peu de mal pour se remettre ensuite sur ses pattes, dans la neige folle.

Un dernier regard sur la belle paroi et nous voilà remplis de l’allégresse du «devoir» accompli sur le court chemin du retour qui mène par la forêt jusqu’au chalet d’accueil.

Bon à savoir

  • L’activité se décline aussi en via ferraski, avec parcours un peu plus long en skis hors-piste pour grimper plus haut, accrocher ensuite ses skis à son sac à dos, suivre un court parcours de via ferrata, descendre en rappel et finir sur les skis.
  • Les sorties pour la via ferraquette se déroulent tous les samedis jusqu’à fin avril et celles pour la via ferraski, tous les dimanches jusqu’à fin avril.
  • On peut dormir sur place l’hiver, en auberge ou en chalet.

Nouveauté

L’hôtel réputé de La Malbaie, Fairmont Le Manoir Richelieu, vient tout juste d’inaugurer sur son terrain une via ferrata de 500 mètres de long sur la paroi rocheuse faisant face au fleuve Saint-Laurent. L’activité sur la via ferrata «La Charlevoix» est offerte jusqu’au 20 mars, puis à partir du 9 mai. 

Photo: Facebook Fairmont Le Manoir Richelieu

Agenda

Merci au sympathique alpiniste, grand aventurier et guide émérite François-Guy Thivierge, fondateur d’Aventurex, pour cette expérience hors du commun de via ferraquette.