Photo: Toyota
15 janvier 2020Auteure : Emilie Laperrière

Woven City: la ville du futur?

Une ville servant d’incubateur pour développer l’avenir de la mobilité et de la vie en ville? C’est l’ambitieux projet qu’a dévoilé Toyota la semaine dernière au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas. Le fabricant japonais espère faire de Woven City, la cité du futur imaginée par l’architecte Bjarke Ingels, une réalité dans un avenir rapproché.

À la base du mont Fuji, au Japon, se dressera dans quelques années une municipalité unique au monde. La ville servira de laboratoire pour tester les voitures autonomes, les maisons intelligentes, la robotique et les autres technologies développées par Toyota. Si tout se déroule comme prévu, la construction débutera en 2021.

Woven City servira de laboratoire pour tester les voitures autonomes, les maisons intelligentes, la robotique et les autres technologies développées par Toyota. Photo: Toyota

Environ 2000 personnes pourront vivre dans cet écosystème entièrement connecté. Des espaces seront d’ailleurs réservés pour les retraités, les familles et les détaillants. Certains chercheurs de Toyota y éliront également domicile avec leurs proches.

La ville, du moins sur papier, semble digne des films de science-fiction. Ce n’est pas étonnant, quand on sait qu’elle a été conçue par Bjarke Ingels et sa firme, BIG. L’architecte danois aime explorer de nouvelles approches et nous a habitués à des projets hors normes. Il a notamment signé CopenHill et Via 57 West.

La ville, du moins sur papier, semble digne des films de science-fiction. Photo: Toyota

Un terrain de jeu de 175 acres

Woven City sera érigée sur un site de 175 acres, qui abritait auparavant une ancienne usine de Toyota. La ville sera créée de toutes pièces à partir de zéro. Tous les bâtiments seront construits en bois avec des panneaux photovoltaïques sur les toits. Ceux-ci seront regroupés autour de cours centrales, qui seront reliées les unes aux autres par les rues et les promenades.

Tous les bâtiments de Woven City seront construits en bois avec des panneaux photovoltaïques sur les toits. Photo: Toyota

À une époque où nous semblons plus isolés que jamais, le projet «est conçu pour permettre à la technologie de renforcer le domaine public en tant que lieu de rencontre et d’utiliser la connectivité pour alimenter la connectivité humaine», a expliqué l’architecte.

La petite communauté carboneutre sera alimentée par une combinaison d’énergie solaire, d’énergie géothermique et de piles à combustible à hydrogène. L’ensemble des infrastructures, comme les systèmes de stockage d’énergie hydrogène et de filtration de l’eau, seront enfouies sous la ville. Un réseau de livraison de marchandises autonome se retrouvera aussi sous terre et sera connecté directement aux bâtiments.

La petite communauté carboneutre sera alimentée par une combinaison d’énergie solaire, d’énergie géothermique et de piles à combustible à hydrogène. Photo: Toyota

Même si l’extérieur des résidences rappellera la menuiserie japonaise traditionnelle, l’intérieur présentera des technologies de pointe, comme «la robotique à domicile pour faciliter la vie quotidienne». Bjarke Ingels a par exemple souligné que l’utilisation de l’intelligence artificielle et de capteurs permettra de réapprovisionner automatiquement le réfrigérateur, de sortir les poubelles et de vérifier la santé des occupants.

Même si l’extérieur des résidences rappellera la menuiserie japonaise traditionnelle, l’intérieur présentera des technologies de pointe. Photo: Toyota

La rue, réinventée

Woven City ne comptera pas de rues typiques, avec voie centrale pour les voitures et trottoirs pour les piétons. Les concepteurs ont plutôt divisé la rue en fonction de trois formes de mobilité distinctes.

La voie principale sera utilisée par les véhicules autonomes et sans émission plus rapides, la promenade sera occupée par les différents types de micromobilité, tandis que le parc linéaire sera réservé aux piétons. Cette approche sera intégrée dans les blocs de bâtiments 3 x 3. Malgré son caractère futuriste, la nature y sera aussi très présente. On misera notamment sur la végétation indigène et des jardins hydroponiques.

Malgré son caractère futuriste, la nature y sera aussi très présente. On misera notamment sur la végétation indigène et des jardins hydroponiques. Photo: courtoisie de Toyota

Une occasion en or

Le projet sera une occasion unique pour Toyota. «Imaginez une ville intelligente qui permettrait aux chercheurs, ingénieurs et scientifiques de tester librement des technologies telles que l’autonomie, la mobilité en tant que service, la mobilité personnelle, la robotique, la technologie connectée à la maison intelligente, l’IA, etc. dans un environnement réel», a justement déclaré le PDG de l’entreprise, Akio Toyoda.

De nombreux éléments semblent prometteurs. Reste à voir si le concept restera une utopie technologique ou fera véritablement partie de notre quotidien dans quelques années.