23 mai 2017Auteure : Émilie Laperrière

Seoullo 7017: le nouveau parc surélevé de Séoul

Les promenades surélevées ont la cote dans les grandes villes du monde. La High Line séduit les visiteurs depuis près de dix ans à New York, Barcelone compte depuis l’an dernier les jardins de la Rambla Sants et Los Angeles rêve au Park 101 depuis quelques années. C’est aujourd’hui au tour de Séoul d’entrer dans la danse.

Le 20 mai dernier, le maire de Séoul a officiellement inauguré le Seoullo 7017, le nouveau parc public de la ville, en présence des architectes de MVRDV. Le projet de 53 millions de dollars était en développement depuis 2015.

(c) Ossip van Duivenbode
(c) Ossip van Duivenbode

Les racines du parc remontent toutefois aux années 1970, lors de l’ouverture de la gare de Séoul. À l’époque, on avait construit une autoroute surélevée en parallèle pour mieux gérer la circulation. La voie, en proie à des problèmes de sécurité, était destinée à la démolition en 2006. Réalisant son potentiel, les administrateurs ont plutôt décidé de la métamorphoser. Une bonne partie du budget a servi à renforcer la structure, qui peut désormais supporter le poids de 50 000 personnes.

(c) Ossip van Duivenbode
(c) Ossip van Duivenbode

«Les piétons ont besoin d’espaces verts, mais les nouveaux terrains coûtent cher. C’était beaucoup plus efficace de transformer l’ancien viaduc en espace vert que de le détruire», a récemment expliqué le chef du projet, Kwon Wan-taek. La mission des concepteurs était donc de rendre la ville, en particulier le quartier de la gare centrale, plus verte, plus conviviale et plus attrayante.

(c) Ossip van Duivenbode
(c) Ossip van Duivenbode

Un «dictionnaire vivant»

La nouvelle promenade, qui s’élève à 16 mètres de hauteur, s’étend sur près d’un kilomètre. Contrairement aux autoroutes qui créent souvent une brèche dans la ville, elle relie le marché de Namdaemun à trois quartiers en passant au-dessus de la gare centrale.

On y retrouve pas moins de 24 000 arbres, arbustes et fleurs plantés dans 645 pots de différentes grosseurs. L’expérience se veut éducative. Cinquante familles de végétaux, rassemblant 228 espèces et sous-espèces, y sont représentées et placées en ordre alphabétique.

(c) Ossip van Duivenbode
(c) Ossip van Duivenbode

Le parc linéaire a été divisé en sections, chacune d’elles ayant son identité, qui variera selon les saisons. L’automne, les passants pourront par exemple admirer les feuilles rouges des érables, tandis que les arbres fruitiers donneront de la couleur au parc l’été. Au printemps, ce sont les cerisiers en fleurs qui voleront la vedette et parfumeront l’air.

«Notre design offre un dictionnaire vivant de plantes qui font partie du patrimoine naturel de la Corée du Sud», a souligné Winy Maas, partenaire fondateur de MVRDV.

En plus de donner l’occasion aux habitants de se dégourdir les jambes au cœur de la ville et de prendre une bouffée d’air frais, Seoullo 7017 servira éventuellement de pépinière urbaine. Certains arbres cultivés sur place pourront ainsi être transplantés dans d’autres secteurs lorsqu’ils arriveront à maturité.

(c) Ossip van Duivenbode
(c) Ossip van Duivenbode

Plus qu'un parc surélevé

Le projet comprend aussi des restaurants, des salons de thé, un théâtre, des centres d’information et des boutiques. La nuit, des lumières bleues éclairent les 983 mètres de la promenade. Pendant les festivals et les événements, la couleur pourra toutefois être modifiée. De nombreux escaliers, passerelles, ascenseurs et ponts relient la structure à la ville.

(c) Ossip van Duivenbode
(c) Ossip van Duivenbode

Ce n’est pas la première fois que Séoul donne une deuxième vie à une autoroute. En 2005, un viaduc du centre-ville a fait place au canal Cheonggyecheon, une promenade de six kilomètres le long de la rivière. Celle-ci est devenue une véritable attraction pour les résidents et les touristes, elle a diminué de 40 % la circulation au centre-ville et a permis de réduire les îlots de chaleur.

Peut-on s’attendre à un projet du genre au Québec? Alors que la dalle-jardin a été rayée des plans du nouvel échangeur Turcot et que l’ancien pont Champlain sera tout simplement démoli, rien n’est moins sûr. Mais on peut toujours rêver.