29 janvier 2019Auteure : Emilie Laperrière

Vivre (avec bonheur) avec l’hiver, c’est possible

Êtes-vous de ceux qui pestent contre le froid, la neige et la glace six mois par année? Si c’est le cas, le Laboratoire de l’hiver entend bien vous faire changer d’idée. Voici comment.

La semaine dernière, La Pépinière | Espaces Collectifs, Rues principales et Vivre en Ville ont lancé à la Maison du développement durable le Laboratoire de l’hiver, qui a pour mission d’aider les Québécois à se réapproprier la saison froide. Celui-ci réunira acteurs locaux (organismes et citoyens), milieu privé et administrateurs publics pour le partage d’idées, l’expérimentation et la recherche de solutions.

Pour concevoir une cité qui ne s’éteint pas de novembre à avril, l’organisme Vivre en Ville a lancé à la même occasion le guide Ville d’hiver: principes et stratégies d’aménagement hivernal du réseau actif d’espaces publics montréalais. Son objectif: «Aménager des milieux de vie de proximité qui favorisent la pratique de l’activité physique, brisent l’isolement et révèlent le caractère identitaire et inclusif de l’hiver.» Tout un défi!

Réduire la sloche

Avec 210 centimètres, Montréal est l’une des grandes villes du monde qui reçoit le plus de neige par année. Son hiver est froid (avec une moyenne de -10 °C en janvier) et ponctué de redoux fréquents. Malgré les perceptions, il est également relativement court (avec 148 jours de gel). Comment peut-on changer les mentalités de ses habitants et célébrer l’hiver? En adoptant une série de mesures, petites et ambitieuses, pour mieux vivre cette saison.

Le guide propose notamment de réduire la sloche, ce mélange de glace, d’eau et de neige qui fait l’unanimité contre elle et qui est particulièrement désagréable lorsqu’elle s’accumule en grandes flaques aux coins des rues. Surélever des passages pour piétons et des intersections, aménager des saillies de trottoirs ou opter pour un drainage central de la rue permettrait d’y remédier.

Limiter les vents mordants

Vivre en Ville veut aussi atténuer l’impact des vents froids en plantant des conifères, qui sont reconnus pour les diffuser et les ralentir. Le guide souligne que les conifères en pots et même les sapins de Noël récupérés pourraient être intégrés plus fréquemment dans les aménagements.

Mettre en place des mesures pour assurer le confort aux arrêts d’autobus touchés par les axes de vents dominants, comme le boulevard René-Lévesque, serait une autre bonne option.

Encourager le jeu

Peu nombreux sont les citoyens qui investissent les aires de jeu l’hiver venu. Pour changer la donne, pourquoi ne pas aménager plus d’espaces de glissade? L’activité est simple et ne coûte que trois fois rien. Il faut seulement une pente, qu’il est aisé d’aménager, pour glisser. Les événements et les festivals hivernaux encouragent aussi les gens à mettre le nez dehors.

Là encore, il faut porter attention aux détails. S’assurer que les bancs près des glissoires dans un parc soient au soleil en fin d’après-midi, après la sortie des classes, peut par exemple faire toute la différence entre un lieu animé et déserté.

D’autres stratégies, comme doter les parcs d’équipements utilisables à longueur d’année, aménager des placotoirs et des terrasses quatre saisons, créer des espaces publics intérieurs, ou encore déneiger moins, mais mieux, sont avancées. Après leur implantation, celles-ci seront évaluées grâce au volet recherche du Laboratoire.

Le guide n’en est qu’à sa première version, mais on espère que plusieurs villes du Québec embrasseront le concept. Dans un pays où l’hiver dure presque six mois, on a tout intérêt à mieux vivre notre nordicité.