La chronique Culture

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

10 février 2017

L’érotisme et le vieil âge, le nouveau documentaire de Fernand Dansereau

Après avoir réalisé en 2012 un film sur le vieil âge et le rire qui a bien fonctionné, le cinéaste Fernand Dansereau voulait faire un film sur la vieillesse citoyenne.

Le documentariste de 86 ans désirait démontrer que tout le monde aurait à gagner d’une implication plus grande des vieux (c’est son mot) au niveau social et politique. Aucun diffuseur n’a voulu de son sujet. Fin renard, Fernand Dansereau est revenu à la charge avec un thème aguichant auquel les programmateurs ne résistent jamais longtemps: le sexe!

Ça a donné L’érotisme et le vieil âge, un documentaire d’une heure et demie sur les différents aspects de la vie sexuelle des personnes âgées. Ça sort en salles au Québec cette semaine et ça vaut la peine d’aller le voir.

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Un film qui fait le tour de la question

Le film donne la parole à quelques spécialistes, mais l’intérêt se trouve bien davantage dans les témoignages recueillis par Fernand Dansereau auprès d’une grande variété d’aînés, de Janette Bertrand à Louise Portal en passant par Jean Beaudin et plusieurs personnes méconnues du grand public, mais dont les propos sont tout aussi pertinents. Les points de vue varient selon que les intervenants sont sexas, septuas, octos ou nonagénaires. Selon aussi qu’ils vivent seuls, en couple avec une personne en santé, malade ou du même sexe. Tous les cas de figure sont abordés, et franchement, personne n’utilise la langue de bois.

Manifestement, quand on laisse la chance aux langues de se délier, les inhibitions tombent. En fait, le tabou autour de la sexualité des personnes âgées vient bien plus de la société que de ceux qui sont rendus à cette étape de la vie.

Louise Portal et Michel Hébert. Photo: Valérie Paquette
Louise Portal et Michel Hébert. Photo: Valérie Paquette

Moins de pulsion, mais pas moins sexuel

La sexologue Jocelyne Robert, à qui j’ai demandé de visionner le film, dit ceci:

«La porno s’est démocratisée, mais pas le droit à la sexualité. On a encore beaucoup de problèmes avec le sexe lorsqu’il se pratique en dehors du paradigme de la procréation comme les relations homosexuelles, la sexualité des enfants, des personnes handicapées, et bien sûr celle des aînés. En vieillissant, on est moins performant, moins dans la pulsion, mais on n’est pas moins sexuel. Il ne faut jamais oublier le pouvoir de l’imaginaire érotique. En vieillissant, ça prend une immense place.»

Pour Louise Portal, qui participe au film à la fois comme intervieweuse auprès des gens de la rue et comme sujet, ce film nous prépare à ce qui s’en vient. «Ça nous montre que l’amour est encore possible et que, même si on est seul, on peut toujours vibrer au désir et au besoin d’être aimé. Il peut y avoir autre chose, il faut y travailler.»

En tout cas, le film de Fernand Dansereau contribue vaillamment à nourrir une réflexion sur un sujet qui n’a pas fini de faire jaser. En 2030, 25% de la population canadienne aura plus de 65 ans; ce serait bien étonnant que cette horde vieillissante de baby-boomers se satisfasse de faire l’amour les lumières éteintes.

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Coup de cœur pour les nouveaux kiosques du lac aux Castors du mont Royal

Les avez-vous remarqués? Ils sont trois au pied de la pente où on glisse sur le mont Royal, à quelques pas du lac aux Castors. Je parle des nouveaux kiosques de service du mont Royal. Ce sont trois jolies petites maisons qui font office de billetterie, de local d’accueil pour les classes de neige et d’espace de service pour les employés de la Ville. Si vous n’avez pas noté leur présence en déambulant dans le secteur, ça veut dire que les architectes Sylvie Perrault et Pierre Morency de l’Atelier Urban Face ont réussi une partie de leur mission qui consistait à fondre dans le décor ces trois bâtiments et à limiter au maximum leur empreinte. Mais pour arriver à ce résultat, il y a eu tout un processus qui relève de l’architecture, cette discipline qu’Antoni Gaudi qualifiait de premier art.

Les concepteurs sont d’abord retournés aux principes qui ont guidé Frederick Law Olmsted lorsqu’il a créé les plans du parc du Mont-Royal. Ils se sont ensuite inspirés des lieux, le secteur de la clairière, de son microclimat, le vent qui souffle en permanence à cet endroit, de la géographie, l’escarpement de la montagne qu’on note à cet emplacement.

Ça a donné trois petites maisons de 32 mètres carrés, couvertes de zinc, ouvertes grâce à de grandes fenêtres, et inclinées comme si le vent ou la pression de la montagne les faisaient pencher. En observant bien, on réalise même que chaque kiosque a une inclinaison différente qui va de 10 à 30 degrés. Comme l’équipe de Urban Face ne laisse rien au hasard, les kiosques ont pris le nom de leur inclinaison. Il y a le K-10, qui reçoit les groupes, le K-20, réservé aux employés, et le K-30, qui sert de billetterie.

Vus de loin, ils ont l’air de petites lanternes. Les 3-K m’ont plu du premier coup, mais encore plus depuis qu’on m’a expliqué leur conception. L’architecture, c’est vraiment un art à raconter.

Photo: Fany Ducharme photographe
Photo: Fany Ducharme photographe

Un deuxième coup de cœur?

M’accordez-vous le droit d’un deuxième coup de cœur? Il va à Maurice. Depuis plus de 20 ans, Maurice Grondin patine au Vieux-Port de Montréal. TOUS les jours! Quand j’y vais aussi, on jase de films, il voit tout. De musique classique, qu’il adore. De ses voyages, il est allé dernièrement en Chine, en Roumanie, en Espagne, à Cuba, s’apprête à partir pour la Russie. Jamais de jérémiade chez lui. Son seul défaut? Trop humble. Ce qui nous émerveille et nous motive, nous, ses amis patineurs, c’est que Maurice a 80 ans, le même âge qu’Henri Richard! Il les a eus samedi passé et nous étions bien contents de l’attention de la Société du Vieux-Port, qui a fait de notre Maurice, notre beau modèle 1937, un membre honoraire à vie de la patinoire. Bien mérité!

Photo: Claude Deschênes
Photo: Claude Deschênes