La chronique Partir

Auteur(e)

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

4 août 2016

À la pêche en famille!

Du plus loin que je me souvienne, mon père a toujours pêché. Étant prof au secondaire, il profitait de ses matinées d’été pour taquiner le poisson dès les premiers rayons du soleil. Je l’ai bien accompagné à quelques reprises, mais je dois avouer n’avoir jamais été particulièrement «mordue» (je n’ai peut-être pas hérité de son amour pour la pêche mais, comme lui, je résiste difficilement aux jeux de mots faciles!). Quand la Sépaq m’a proposé de tester la formule «prêt-à-pêcher» avec mon mari, ma fille et mes parents, je me suis dit que l’occasion de retenter l’expérience était trop bonne!

Nous nous retrouvons dans un chalet de la réserve faunique des Laurentides, à environ une heure de Saguenay*. Nous faisons connaissance avec Jordan, qui agira comme conseiller dans l’aventure. «Voici vos cannes à pêche, vos coffres et vos permis!»

Nous sommes prêts à partir… ou presque! Je dois avouer qu’après une trentaine d’années sans lancer une ligne à l’eau, j’ai besoin qu’on me rafraîchisse la mémoire. Jordan promet de nous prodiguer le cours «canne à pêche 101» dès le lendemain matin.

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Photo: Marie-Julie Gagnon.

En pleine nature!

«Une souris!» Assise sur la table, ma fille pointe l’endroit où elle vient d’apercevoir l’intruse. Rien. «Peut-être que j’ai halluciné?» dit-elle. Jordan revient quelques minutes plus tard avec une trappe et du beurre d’arachide (paraît que c’est le meilleur des appâts!). Nous tombons tous rapidement dans les bras de Morphée, oubliant l’incident.

Clac! Je me réveille en sursaut. J’entends mes parents chuchoter dans la pièce d’à-côté, ainsi que des bruits étranges. Bang! J’apprendrai plus tard que ladite souris s’était pris une patte dans la trappe tout en continuant sa course dans la cuisine et que mon père avait dû l’achever avec une pelle.

Je me rendors rapidement, persuadée que le dossier est clos (et que mes parents ont de la graine de serial killer).

Clac! Cette fois-ci, je me lève juste à temps pour apercevoir ma mère en train de réinstaller la trappe, après avoir disposé du cadavre de Souris no. 2. Impossible de ne pas éclater de rire. Devant moi, ma mère, cette citoyenne exemplaire qui va à l’église tous les dimanches, arme le piège comme une pro. Clac! Troisième prise, moins de quinze minutes plus tard...

Le quatrième «Clac!» sera le dernier. Je félicite ma mère pour sa bravoure (tout en m’inquiétant de son aisance à gérer la situation) et retourne au lit.

Pêche 101

Photo: Marie-Julie Gagnon.
Photo: Marie-Julie Gagnon.

Le lendemain matin, Jordan nous retrouve pour la leçon de pêche. Il pleut à boire debout. Je réprime quelques bâillements en tentant de comprendre comment faire un «bas de ligne». Soyons honnête: l’exercice me passionne à peu près autant que le tricot, c’est-à-dire pas du tout. Mais bon, il faut ce qu’il faut, hein? J’ai bien l’intention de pêcher le souper de tout le groupe!

Nous avions prévu nous rendre dans un lac voisin réputé pour être plus «mordeux» (si je ne maîtrise pas l’installation de ma ligne, j’intègre rapidement le vocabulaire des initiés!), mais la pluie nous convainc de rester dans les parages. Nous pêcherons depuis le quai aujourd’hui!

Pour le souper, toutefois, nous devrons passer au plan B: aucune truite ne semble avoir envie du gros vers bien gluant (que j’ai moi-même accroché à mon hameçon) dans ce lac.

Cette nuit-là, aucune souris ne réveillera les pulsions de tueurs en série de mes parents.

Combien de poissons?

Photo: Marie-Julie Gagnon.
Photo: Marie-Julie Gagnon.

Dernier jour pour mettre en pratique les conseils de Jordan! Heureusement, le soleil est enfin revenu. Nous sommes seuls sur le petit lac, dans deux chaloupes. C’est si calme…  Si calme, en fait, que même les poissons semblent tous partis au spa.

Au bout d’environ une heure, mes parents reviennent vers nous.

—  Combien avez-vous pêché de truites? s’enquiert mon père.

— Heu…. Zéro.

Aucun poisson n’a daigné goûter à notre appât (je persiste à croire que les vers en gélatines seraient plus appétissants que ces gros trucs bruns dégoûtants et gigotants).

— Et vous?

— Dix!

Même s’il le cache bien, je sais que mon père est plutôt fier. D’ailleurs, je crois qu’il n’a toujours pas digéré la fois où j’avais pêché un doré de quatre livres, cinq minutes après avoir pris place dans sa chaloupe, alors que j’étais âgée d’une dizaine d’années… Il nous indique un coin du lac que les truites semblent particulièrement apprécier.

Eh ben vous savez quoi? Niet! Rien! Nous reviendrons bredouilles au chalet, alors que mes parents pêcheront à eux deux trois autres truites.

La scène finale n’aura peut-être pas l’air d’un banquet d’Astérix, mais je peux vous dire que les truites offertes par mes parents nous ont permis de bien nous régaler!

Morale de l’histoire: la pêche, c’est un sacré beau prétexte pour se retrouver en famille, mais peut-être pas le meilleur moyen d’assurer notre survie. Du moins, si on compte sur moi pour attraper le souper ou chasser les souris!

Photo: Marie-Julie Gagnon.
Photo: Marie-Julie Gagnon.

Pratico-pratique:

  • Si vous souhaitez réserver un séjour de pêche, faites-le le plus rapidement possible car plusieurs récidivistes le font un an à l’avance!
  • La formule «prêt-à-pêcher» est offerte dans les réserves fauniques des Chic-Chics, des Laurentides, de Mastigouche, de Matane, de Papineau-Labelle, de Port-Cartier-Sept-Îles, de Port-Daniel, de Portneuf, de Rimouski, de Rouge-Matawin et du Saint-Maurice, en plus des parcs de la Gaspésie, des Grands-Jardins et de Jacques-Cartier.
  • Les droits de pêche, la chaloupe, le moteur, l’essence, les cannes à pêche, les leurres, le coffre, les vers de terre et les vestes de sauvetage pour adultes font partie du forfait.
  • Il n’y avait pas d’électricité au chalet où nous étions (pas le choix de décrocher!), mais les électroménagers et les lampes fonctionnaient au propane.
  • Pour en savoir plus sur les forfaits de pêche de la Sépaq, par ici!

*  À noter que la formule «prêt-à-pêcher» n’est généralement pas offerte au chalet Cyriac, où nous étions.

Merci à la Sépaq pour l’invitation et à Jordan pour sa patience!