La chronique Partir

Auteur(e)

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

25 août 2016

Escale à Saint-Andrews, Nouveau-Brunswick

J’aime me faire raconter des histoires. Je suis fan des guides touristiques qui arrivent à me faire «ressentir» une œuvre dans un musée en m’expliquant le contexte dans lequel elle a été créée. Explorer une ville en me plongeant dans son passé m’assure une meilleure compréhension de son présent. Je ne me lasse pas, non plus, des mille et une légendes et anecdotes liées à un lieu.

Fascinée par l’époque de la construction du chemin de fer et des premiers balbutiements de l’industrie touristique au Canada, dès que j’en ai l’occasion, je plonge dans un chapitre de cette histoire. C’est ainsi que je me suis retrouvée à l’hôtel Algonquin de Saint-Andrews, au Nouveau-Brunswick.

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Érigé en 1889, l’Algonquin a été la première station balnéaire au pays (c’est du moins ce qu’on peut lire sur le site web de l’établissement). À l’époque, une nuitée coûtait entre 3 et 5$. Aujourd’hui, il faut compter au moins 289$ pour une chambre standard en basse saison...

L’hôtel, qui fait partie de la collection Autograph de Marriott depuis trois ans, a vu défiler nombre de personnalités, dont la princesse Diana. Le train a cessé de s’y rendre en 1958.

Une île au gré des marées

L’homme qui dirigeait la compagnie de chemin de fer du Canadien Pacifique au moment de la construction de l’Algonquin, William Van Horne, disposait d’une résidence d’été à Minister’s Island, île accessible seulement à certains moments de la journée à cause des marées (pour l’anecdote, l’île tire son nom de son premier résident, un curé qui, paraît-il, n’était pas très assidu sur les visites aux paroissiens à cause desdites marées…).

Aujourd’hui ouverte aux visiteurs, l’imposante résidence d’une cinquantaine de pièces propose un véritable saut dans le temps. Près de l’entrée, la chambre de l’homme d’affaires révèle qu’il ne dormait que quatre heures par nuit. Le visiteur découvre ainsi des toiles qu’il a peintes pendant ses nombreux temps libres, mais aussi une foule d’anecdotes qui permettent de brosser un portrait plutôt sympathique du personnage. Par exemple, quand son médecin lui a recommandé de ne pas fumer plus de trois cigares par jour, Van Horne a commandé la fabrication de cigares… d’un pied de long!

Croisières aux baleines

Saint-Andrews est également l’endroit tout indiqué pour une croisière aux baleines. À bord du voilier Jolly Breeze, j’ai eu la chance d’observer une maman rorqual et son «petit» (tout est relatif, hein!) pendant une bonne heure.

La prochaine fois que j’irai dans les parages, je me promets de me rendre sur l’île Grand Manan, choisie par les lecteurs du Reader’s Digest comme l’une des sept petites îles les plus intéressantes au monde. On peut là aussi y voir des baleines, mais également se prélasser sur des plages désertes et explorer des villages de pêcheurs.

Ma curiosité risque de m’emmener aussi sur l’île de Campobello, plus facilement accessible par les États-Unis. L’ancien président américain Franklin D. Roosevelt y passait ses étés avec ses parents avant de poursuivre la tradition avec sa femme et ses enfants. Le Franklin D. Roosevelt­ Memorial Bridge permet de s’y rendre à partir du poste frontalier de Lubec, dans le Maine.

Outre ses plages, ses forêts de conifères et ses oiseaux, l’île attire les visiteurs à cause du musée de la résidence d’été des Roosevelt, une maison de 34 pièces qui se trouve dans le parc international Roosevelt-Campobello, financé et géré conjointement par le Canada et les États-Unis. On peut notamment y prendre le thé et prendre part à une causerie à propos d’Eleonor Roosevelt.

Oui, je repasserai dans le coin…

Pratico-pratique

Se rendre à Saint-Andrews: il faut compter environ 9 heures en passant par le Maine, un trajet beaucoup plus paisible que par les autoroutes.

Où manger: on trouve de nombreux restaurants à Saint-Andrews. Nous nous sommes entre autres régalés au Rossmount. Si vous y allez, il faut absolument manger du poisson!

Se renseigner: pendant mon séjour, les guides Fabuleuses Maritimes et Provinces maritimes du Canada, publiés aux éditions Ulysse, m’ont été fort utiles tant pour trouver des infos pratiques que pour mieux comprendre certains aspects culturels (certaines infos se retrouvent dans les deux guides).

Une partie des frais de ce voyage a été payée par Tourisme Nouveau-Brunswick.