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3 avril 2019Auteure : Julie Chaumont

D’ingénieure à lauréate de prix littéraires

Après une longue carrière d’ingénieure civile en environnement, Diane Landry s’est lancée corps et âme dans l’écriture. En 2018, alors âgée de 60 ans, elle remporte le Prix du récit Radio-Canada. Elle nous raconte ici son parcours et son amour des mots.

Avenues: Quelles sont les grandes lignes de votre parcours scolaire et professionnel?

Diane Landry: J’ai fait mes sciences pures au Collège de Bois-de-Boulogne, puis un baccalauréat en génie civil à l’École polytechnique de Montréal.

Après mon baccalauréat, je me suis trouvé un emploi de responsable de l’organisation des congrès pour l’Association des producteurs de pâtes et papier du Canada. C’était un poste en or qui me permettait de faire des voyages, mais qui n’était pas en lien avec ce que j’avais étudié.

Après environ quatre ans, j’ai décidé de quitter mon emploi parce que j’avais peur de perdre mes notions d’ingénierie à force de ne pas les travailler. Je me suis alors trouvé un emploi dans une firme de génie-conseil en ingénierie, en plus de m’inscrire à la maîtrise en ingénierie de l’environnement à l’École polytechnique. Comme je travaillais à temps plein et que j’avais des enfants en bas âge, j’ai fait toute ma maîtrise en cours du soir, ce qui m’a pris de nombreuses années.

Une fois ma maîtrise complétée, j’ai eu une longue carrière comme ingénieure civile en environnement dans différentes entreprises.

Après une longue carrière d’ingénieure civile en environnement, Diane Landry s’est lancée corps et âme dans l’écriture.

A: Une carrière qui n’a donc rien à voir avec la création littéraire. Comment en êtes-vous venue à l’écriture?

D.L.: Je me suis mise à l’écriture à la suite d’une grosse, grosse peine d’amour. En plus de me faire du bien, ça me permettait de transformer ma solitude en quelque chose de positif. J’écrivais alors uniquement de la poésie classique, très structurée.

Après avoir écrit une centaine de poèmes, j’ai décidé d’aller voir ce qui se passait en poésie contemporaine. J’ai alors réalisé que la poésie n’avait plus rien à voir avec ce que je connaissais, qu’il y avait beaucoup moins de contraintes et beaucoup plus de place à la créativité. Ces découvertes ont alimenté mon travail d’écriture.

J’ai aussi commencé à lire mes textes lors de micros ouverts. Les critiques étaient bonnes et les gens me donnaient beaucoup d’encouragements. Je participais également à des ateliers et les professeurs m’encourageaient à continuer. Ça m’a donné beaucoup d’énergie.

En 2009, je me suis inscrite au certificat en création littéraire de l’Université du Québec à Montréal. Étant donné que je travaillais encore à temps plein, j’ai fait ce diplôme en cours du soir, sur une période de cinq ans. J’ai obtenu mon certificat en 2014, à l’âge de 56 ans.

A: Pourquoi avez-vous décidé de faire un certificat en création littéraire, alors que l’écriture n’était qu’un loisir?

D.L.: Pour aller chercher des compétences. Je me disais que si je commençais à jouer plus de rôles dans le milieu culturel, ce serait bien que j’aie un diplôme. Je voulais connaître le milieu et découvrir autre chose. Ce certificat m’a notamment obligée à explorer d’autres champs littéraires, comme la littérature jeunesse. Cela m’a également permis de côtoyer des gens très inspirants.

A: Vous êtes-vous consacrée à temps plein à l’écriture à la suite de votre certificat?

D.L.: Non, j’ai attendu jusqu’à l’année dernière, l’année de ma retraite, pour me consacrer à temps plein à l’écriture. Par contre, j’avais commencé à siéger au conseil d’administration de la Société littéraire de Laval (SLL) dès 2012, alors que je faisais mon certificat. J’y ai été trésorière et présidente. En 2016, on m’a aussi confié le poste de codirectrice littéraire de la revue d’arts littéraires Entrevous, éditée par la SLL.

A: Regrettez-vous de ne pas vous être consacrée plus tôt à l’écriture?

D.L.: Non. J’ai fait une carrière qui m’a permis de bien gagner ma vie et dans laquelle j’ai été très heureuse. Je n’ai jamais laissé mon emploi occuper tout mon temps et envahir ma vie personnelle. J’ai donc toujours su conserver du temps pour mes activités et mes loisirs: le bridge, la photo, l’écriture, les voyages, etc. Puis, aujourd’hui, je suis heureuse comme je ne l’ai jamais été dans ma vie.

A: Quels sont vos projets pour l’avenir?

D.L.: Je travaille sur de gros projets d’écriture, au sujet desquels je ne veux pas trop divulguer d’information. Mon rêve est de publier un premier livre dans une maison d’édition reconnue.

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