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27 mai 2015Auteure : Véronique Leduc

industrie alimentaire

La revanche du bio

Le bio prend de plus en plus de place dans les médias, dans les champs, dans les épiceries et dans les assiettes. Et si, après des années à se voir affaiblir, la nature était en train de prendre sa revanche sur les pesticides?

Avec 15% de croissance annuelle selon la Food and Agriculture Organization des Nations unies, l'alimentation bio est définitivement plus qu'une tendance passagère et est là pour rester.

D'ailleurs, de plus en plus d'organisations, de films et d'articles osent dénoncer les conséquences que pourrait avoir, à long terme, pour la nature et pour le corps, l'assimilation de produits chimiques. Appauvrissement des sols, cancers, autisme, infertilité, entre autres, sont mis de l'avant depuis plusieurs années mais semblent aujourd'hui dénoncés plus fort qu'hier.

Certains chercheurs commencent même à se risquer à dire, allant à l'encontre de tout ce qui a été véhiculé depuis des années, que quand elle est bien faite l'agriculture biologique pourrait être aussi, sinon plus productive que la conventionnelle. Seule condition? Remplacer l'ajout d'intrants chimiques par la connaissance des sols, de la biologie des plantes, et des insectes.

Comment expliquer alors que la transition se fasse si lentement? Il y aurait ce système de subventions qui encouragerait les agriculteurs à maintenir leurs façons de faire, il y aurait tout cet argent engendré par l'achat de produits chimiques, puis il y aurait des idées sociales et culturelles difficiles à changer dans un milieu qui est certain de bien faire depuis des décennies.

Le bio dans les paniers d'épicerie

Pendant ce temps, en dehors des champs, on fait des mises en garde, on partage sur les médias sociaux les palmarès des aliments champions des pesticides et on commande son panier de fruits et légumes locaux et bios, une initiative au Québec propulsée par Équiterre et qui prend chaque année plus d'ampleur.

Ainsi, malgré les obstacles et les idées bien ancrées, certains agriculteurs remarquent cet intérêt de la population pour le bio et, désormais, ce ne sont plus que les petits fermiers de famille offrant des paniers qui font le saut. Ce printemps, importante nouvelle dans le milieu, trois gros producteurs de Lanaudière annonçaient qu'ils passaient au bio. Avec «comme seuls intrants la terre et la tête», avec l'envie d'un retour aux champs et d'une vie moins stressante, mais avec les craintes liées à l'inconnu et les critiques des collègues du conventionnel qui prédisent l'échec...

Le bio dans les restaurants

Les agriculteurs ne sont pas les seuls à s'y mettre; désormais, plusieurs chefs désirent aussi donner à leurs clients des fruits, des légumes et des herbes sur lesquels ils auront eu le contrôle de A à Z en possédant leur propre jardin. Ces derniers affirment ainsi diminuer les coûts, offrir des produits biologiques et locaux, motiver les cuisiniers et séduire les clients. Et même, avec ou sans jardin, l'offre bio des restaurateurs est grandissante et les établissements proposant un menu bio, allant parfois jusqu'aux vins, sont de plus en plus nombreux, preuve tangible d'un engouement en croissance.

Ces multiples dénonciations et cet intérêt marqué des agriculteurs, des chefs et des consommateurs ne sont peut-être pas suffisants pour faire trembler les géants du chimique. Mais en les ajoutant à l'idée, possiblement «la plus dérangeante jamais rencontrée» du biologiste Paul Stamets, qui a pris de la place récemment dans les médias avec son champignon tueur d'insectes qui pourrait révolutionner l'agriculture mondiale, l'industrie des pesticides, qui sait, sent peut-être un léger inconfort.

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