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11 mai 2017Auteure : Véronique Leduc

#havewemetchef: les femmes chefs se font entendre

Les femmes chefs ne forment pas la majorité, mais elles sont bien là et elles déplorent que leur visibilité médiatique ne soit pas la même que celle des hommes. Sur les médias sociaux, elles souhaitent faire entendre leur voix.

Le problème a déjà été soulevé par deux médias en 2014. C’est qu’à l’époque, même si leur nombre avait augmenté dans les cuisines, les femmes chefs restaient très peu médiatisées comparativement à leurs collègues masculins.

Par exemple, en 2014, au sein du top 30 des chefs d’ici les plus médiatisés en dehors de la province, plusieurs Québécois, dont Normand Laprise, Martin Picard, David McMillan ou Chuck Hughes, faisaient parler d’eux à l’étranger, alors qu’il fallait attendre le 13e rang pour voir Gita Seaton, la jeune chef du restaurant Nouveau Palais, mise en valeur. Selon l’analyse réalisée par Influence Communication, on trouvait ensuite Helena Loureiro en 17e position, Marie-Fleur St-Pierre, Anne Desjardins et Marie-Chantal Lepage en 24e, 27e et 29e position. Depuis toujours, les femmes toquées, comme ces dernières, ou encore comme Fisun Ercan ou Colombe St-Pierre, sont moins médiatisées.

Au total, à l’étranger, le poids médiatique des chefs du Québec de sexe féminin était en 2013 et 2014 de 5,54% alors qu’il était dans les médias du Québec de 12,90%. Pourtant, en cuisine, plusieurs femmes font à travers la province un travail digne de mention.

Photo: Instagram
Photo: Instagram

Une campagne nécessaire

Il semble que les choses n’aient pas beaucoup évolué depuis parce que le mois dernier, pour contrer ce problème de sous-représentation médiatique, Ivy Knight, une écrivaine culinaire de Toronto, a lancé sur les médias sociaux l’initiative #havewemetchef (Avez-vous rencontré la chef?). Elle y invite les chefs ou leur entourage à publier des photos de femmes œuvrant en cuisine en ajoutant une description et le mot-clic de la campagne.

En avril, l’écrivaine dénonçait en même temps la culture machiste de certains médias ou promoteurs d’événements culinaires. Pour prouver son impression, elle nommait des événements culinaires canadiens qui mettent en vedette une, deux ou trois femmes sur une dizaine, voire une vingtaine, de participants.

Aussi impliquée dans l’initiative #havewemetchef, Renée Lavallée, la chef propriétaire du restaurant The Canteen, en Nouvelle-Écosse, a soulevé l’importance pour les femmes en cuisine d’avoir des modèles. Devant un sexisme latent, elle croit donc que la campagne prend tout son sens.

Photo: Instagram
Photo: Instagram

Lumière sur le côté féminin des cuisines 

L’idée derrière chacune des publications Instagram faites avec le mot-clic #havewemetchef est de braquer les projecteurs sur des femmes chefs encore peu ou pas connues du public et de faire changer la culture en lien avec les chefs. Ainsi, on trouve sur Instagram des photos de chefs montréalaises comme Leigh Roper du Foxy ou Amy McKinnon, du Olive et Gourmando, et d’autres de Gatineau, Ottawa et Toronto. L’initiative a aussi traversé les frontières avec, notamment, des mentions de femmes chefs de New York, de l’Île du Prince-Édouard et du Danemark.

Certaines publications profitent aussi de la campagne pour dénoncer des événements où seuls des chefs masculins sont présentés. C’est le cas du Irish Restaurant Awards de 2017 qui présentait récemment les six chefs qui allaient travailler en cuisine pour la soirée de gala. Tous des hommes…

Photo: Instagram
Photo: Instagram

Un intérêt modéré

Si la campagne fait parler ici et là, le mouvement ne semble pas prendre une grande ampleur. Seuls deux ou trois médias ont fait une place à l’initiative et les mentions de #havewemetchef sur les réseaux sociaux restent marginales. De plus, ce sont les femmes qui font découvrir des femmes sur les médias sociaux et presque aucun homme n’a utilisé le mot-clic pour mettre en lumière une collègue.

Malgré tout, la campagne dure dans le temps et les mentions de femmes chefs continuent. Or, l’intérêt modéré pour la cause prouve hors de tout doute que #havewemetchef est nécessaire!


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