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12 mai 2015Auteur : Dominique Lamy

CELI

CELI : Au diable l’austérité!

Promesse électorale oblige, le plafond annuel des cotisations permises au CELI a été rehaussé. Pendant que les plus riches jubilent et que la classe moyenne demeure perplexe, le gouvernement, lui, se privera de milliards de dollars en revenus dans les prochaines années. 

Treize millions de Canadiens possèdent un CELI. Le plafond annuel des cotisations passera de 5 500 dollars à 10 000 dollars dès cette année. Chaque épargnant peut donc cotiser un maximum cumulatif de 41 000 dollars dans ce régime qui a vu le jour en 2009 et dans lequel un impressionnant total combiné de 132 milliards de dollars était accumulé en date du 30 juin 2014.

Non, cette nouvelle mesure fiscale n'est pas destinée à avantager le commun des mortels. Les partis d'opposition à Ottawa estiment que le budget déposé le 21 avril dernier favorise les riches au détriment de la classe moyenne et des moins bien nantis. Plusieurs professionnels de l'industrie sont d'ailleurs du même avis. À cet effet, une statistique ne ment pas : seulement 15 % des détenteurs cotisaient au maximum sous l'ancien plafond. En 2013, la cotisation moyenne au CELI n'était que de 3 757 dollars. Alors pour ce qui est d'y mettre 10 000 dollars cette année...

reer

Question tendance : REER ou CELI?

Pour l'épargnant, l'éternel dilemme demeure. « Vaut-il mieux investir au REER ou au CELI? ». L'idéal serait, évidemment, de maximiser les deux! Ceux qui ont des revenus suffisamment élevés peuvent choisir d'optimiser leur cotisation au REER, pour ensuite déposer le remboursement d'impôt obtenu au CELI.

Une première piste de réflexion s'impose : les revenus tirés d'un REER à la retraite peuvent venir réduire le droit au Supplément de revenu garanti (SRG), qui aurait fort bien pu être, lors du plus récent budget, bonifié. Si vos épargnes en prévision de la retraite s'annoncent un peu minces, rappelez-vous que les sommes retirées du CELI ne modifient en rien les différentes prestations gouvernementales à recevoir à ce moment.

Si vos revenus pour l'année 2015 se font moindres, mieux vaut reporter à plus tard les contributions au REER pour maximiser les remboursements d'impôt à obtenir ultérieureusement, lorsque votre salaire aura pris un peu de tonus. Profitez-en plutôt, entretemps, pour gonfler votre CELI, qui demeure définitivement le véhicule à privilégier pour épargner en prévision de la réalisation de projets à moyen terme. Il s'agit du régime le plus approprié pour planifier financièrement votre prochain voyage, à titre d'exemple.

Le CELI demeure l'une des pièces maîtresses de toute planification financière. Puisque l'espace de cotisation disponible à ce régime est limité, mieux vaut y investir pour que ça en vaille la peine. Pour ceux qui ont un horizon de placement à long terme, les fonds négociés en Bourse (FNB) peuvent s'avérer l'outil à privilégier pour se faire, dans le respect de votre tolérance au risque de marché.

Le coût de l'opportunisme électoral

L'initiative du gouvernement est louable : favoriser l'épargne, une denrée rare à l'heure où les ménages canadiens sont endettés à la hauteur de 163,3 % de leurs revenus annuels. Dans un contexte d'austérité économique - c'est un mot à la mode, ces temps-ci -, cependant, cet espace CELI additionnel s'avère une mesure trop généreuse pour les moyens du gouvernement. Pas pour rien que le rapport Godbout suggérait de plafonner les cotisations au CELI avec une limite « à vie ». On estime qu'au cours des cinq prochains exercices financiers, le relèvement du plafond du CELI réduira de 1,14 milliards de dollars les revenus comptabilisés par le seul gouvernement canadien.

Cet avantage fiscal représente une véritable bombe à retardement pour les finances publiques. L'Institut Broadbent soulignait de son côté qu'un plafond rehaussé risque de se traduire par « une réduction des services publics ou une augmentation des taxes pour compenser cette perte de revenu fiscal ». Pendant que les plus riches maximiseront leur rendement à l'abri de l'iimpôt, nos gouvernements - et peu en importe la couleur - continueront de faire de la gymnastique financière dans l'espoir de limiter le fardeau à léguer aux générations futures.

C'est un bien drôle de message, en fait, que les contribuables viennent de se voir servir. On suppose ainsi que votre argent est utilisé à meilleur escient en demeurant dans vos poches plutôt qu'en étant injecté dans la machine gouvernementale. Si nos dirigeants en viennent à devoir compresser davantage les dépenses dans le domaine de la santé, par exemple, vous aurez toujours la possibilité de consulter au privé... gracieuseté d'un CELI plus musclé!


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