Photo: Marie-Julie Gagnon
Photo: Marie-Julie Gagnon
6 mars 2017Auteure : Marie-Julie Gagnon

10 choses que vous ne savez (peut-être) pas à propos du Château Frontenac

Le Château Frontenac est l'hôtel le plus photographié au monde. J’ai profité de mon passage dans ce lieu mythique pour prendre part à une visite guidée avec la Cicérone Tours. Cette compagnie propose entre autres de découvrir les secrets de l’établissement avec un guide costumé, même si l’on n’y réside pas. Voici quelques faits qui ont retenu mon attention.

1- Le choix du nom

Le Château porte le nom de Louis de Buade, comte de Frontenac et gouverneur de la Nouvelle-France de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698. Pourquoi lui plutôt qu’un autre? Parce que William Van Horne, président du Canadien Pacifique, qui a fait construire l’hôtel, adorait l’histoire de ce personnage. «Quand on cherchait un nom à donner à l’hôtel, les patrons souhaitaient un nom francophone et un personnage qui a de la gueule, explique le guide. On ne pouvait avoir plus flamboyant que Frontenac!»

2- Par la bouche de mes canons

Au 17e siècle, la Nouvelle-France est dans la mire des Anglais. Même si les Français sont nettement moins nombreux que les Anglais des colonies voisines, ils sont redoutés à cause de leurs alliances avec les nations amérindiennes.

Pendant la bataille de Québec de 1690, afin de masquer l’infériorité numérique des troupes de Frontenac, ce dernier fait bander les yeux du major Thomas Savage, envoyé par le commandant William Phips, puis le fait amener à travers une foule qui crie et le bouscule. Quand il arrive enfin devant Frontenac, il le somme de rendre la ville de Québec. La réponse du comte, paré de ses habits les plus spectaculaires: «Je ne vous ferai pas tant attendre. Non, je n’ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons et à coups de fusil; qu’il apprenne que ce n’est pas de la sorte qu’on envoie sommer un homme comme moi; qu’il fasse du mieux qu’il pourra de son côté, comme je ferai du mien.»

La tentative des Anglais s’est soldée par un échec. (Le site des Musées de la civilisation propose un résumé de cette bataille.)

3- Une histoire d’amour à distance

L’épouse de Frontenac, Anne de la Grange-Trianon, n’a jamais mis les pieds en Nouvelle-France. Le couple a fait connaissance à la cour, alors qu’Anne était âgée de 16 ans. Ils se sont mariés en secret. Madame étant copine avec les maîtresses de Louis XIV, elle est restée à la cour pour aider son mari en coulisses, où, paraît-il, elle a été d’une grande utilité.

4- Un fantôme au Château?

Tel que Frontenac l’avait demandé, à sa mort, son cœur fut envoyé en France à sa douce. Quand elle le reçut, elle éclata de rire avant de demander ce qu’elle pourrait bien faire du cœur d’un homme mort qu’elle avait à peine connu de son vivant, puis le renvoya en Nouvelle-France. On raconte qu’il s’est brisé de chagrin et que, depuis, le fantôme de Frontenac erre dans le Château.

5- Un site archéologique

Des fouilles archéologiques réalisées par Parcs Canada sous la terrasse Dufferin ont pu mettre au jour les vestiges du fort et des châteaux Saint-Louis, où a vécu Frontenac. Il est possible de les visiter pendant l’été, et même de prendre part à des fouilles archéologiques en famille. Le lieu historique national des Fortifications-de-Québec permet aussi de découvrir les vestiges du système défensif mis en place entre 1608 et 1871.

6- La glissade

Avant même l’érection du Château Frontenac, la glissade de la terrasse Dufferin ravissait les enfants. Elle peut atteindre une vitesse de 70 km/h!

Photo: Marie-Julie Gagnon
Photo: Marie-Julie Gagnon

7- Construction en plusieurs étapes

Dès 1892, le Canadien Pacifique embauche l’architecte Bruce Price. Celui-ci s’inspire des formes de la Renaissance pour créer un établissement inspiré des châteaux français tout en étant adapté à son époque et à son environnement. En 1919, le Canadien Pacifique demande aux architectes montréalais Edward et William Maxwell de doubler sa capacité.

Travaux de construction de l'aile Saint-Louis du Château Frontenac, 20 juillet 1921. Photo: Archives de la Ville de Québec, N017190
Travaux de construction de l'aile Saint-Louis du Château Frontenac, 20 juillet 1921. Photo: Archives de la Ville de Québec, N017190

8- Des rencontres historiques

Le Château a été réquisitionné pendant deux semaines par le gouvernement fédéral en 1943. Il a alors accueilli Winston Churchill, premier ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne, Franklin D. Roosevelt, président des États-Unis et William Lyon Mackenzie King, premier ministre du Canada. Tous les clients, de même que les résidents permanents de l’hôtel, dont Maurice Duplessis, qui y vivait, ont dû quitter les lieux sans en connaître la raison. «La planification générale du débarquement de la Normandie s’est faite à Québec», résume le guide. 

9- Des stars au Château

L’un des passages les plus marquants est sans doute celui d’Alfred Hitchcock, qui a entièrement tourné le film La loi du silence (I confess) dans la ville de Québec, dont de nombreuses scènes au Château Frontenac. Le film sorti en 1953 met en vedette Montgomery Clift et Anne Baxter. D’autres célébrités ont résidé au Château Frontenac au fil des ans, notamment Grace Kelly, Charlie Chaplin, Paul McCartney, la reine Élizabeth II, Céline Dion et Leonardo DiCaprio.

10- Des rénovations majeures

Au cours des dernières années, l’hôtel s’est offert une cure de jouvence de 75 millions de dollars. Les travaux ont été finalisés en 2014. Le Soleil avait alors proposé une visite guidée en photos à ses lecteurs.

J’étais l’invitée du Fairmont Château Frontenac.


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