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24 février 2016Auteure : Emilie Laperrière

Des cabines téléphoniques métamorphosées

Alors que l’on parle de plus en plus de villes intelligentes et que tout le monde (ou presque) possède un téléphone mobile, un élément du paysage urbain est en voie de disparition: les cabines téléphoniques. Ces vestiges d’un autre temps sont peut-être dépassés, mais ils ne sont pas inutiles pour autant.

Aux États-Unis comme ici, les cabines téléphoniques sont tombées en désuétude. Forte de ce constat, la ville de New York a décidé de lancer le projet LinkNYC, qui remplacera graduellement toutes les cabines par des bornes Wi-Fi.

Photo: Facebook LinkNYC
Photo: Facebook LinkNYC

La première borne a été mise en place au tournant de l’année près d’Union Square, à Manhattan. 500 autres doivent être installées d’ici juillet. À terme, 7500 bornes Wi-Fi multiusages à haut débit seront disséminées un peu partout dans la ville.

En plus d’offrir le Wi-Fi gratuitement, celles-ci permettront encore de faire un appel. Une enceinte et un microphone pourront servir à transmettre la conversation, mais pour plus d’intimité, on utilisera surtout le port intégré et ses propres écouteurs. Plus besoin de pièces de monnaie, les appels seront gratuits aux États-Unis. L’écran tactile permettra d’accéder à Internet ainsi qu’à des informations utiles (musées, transport, cartes, services municipaux…). On pourra également y recharger son propre téléphone.

Pour financer le projet, deux écrans de 55 pouces de part et d’autre des bornes afficheront de la publicité. La ville qui ne dort jamais estime que ces publicités lui rapporteront plus de 500 millions en revenus au cours des 12 prochaines années.

Les cabines londoniennes virent au vert

Photo: Instagram ldn_gov
Photo: Instagram ldn_gov

Le temps nous dira si l’initiative new-yorkaise fera des émules. Déjà, en 2014, Londres avait lancé un projet similaire, le SolarBox. Pour l’occasion, certaines des célèbres cabines rouges avaient été repeintes en vert pomme. Fonctionnant à l’énergie solaire, elles sont équipées non pas d’un combiné, mais de quatre prises permettant de recharger, gratuitement, téléphones portables, tablettes et autres appareils électroniques.

La première Solarbox a vu le jour à la fin de 2014 à Tottenham Court Road, une des avenues les plus fréquentées du centre de Londres. Le service est gratuit et là aussi financé par des publicités. Un écran affiche ainsi des messages d’annonceurs pendant la recharge.

Si le soleil ne brille pas toujours à Londres, ce recyclage est quand même pratique, surtout que les téléphones intelligents ne sont pas reconnus pour leur grande autonomie. Jusqu’à 80  personnes par jour utilisent le service.

Si le projet est un succès, les deux cofondateurs aimeraient bien répéter l’expérience dans d’autres villes. En attendant, Kirsty Kenney et Harold Craston continuent de repenser la cabine téléphonique. Plus tôt ce mois-ci, les deux acolytes ont inauguré la #livingbox, qui conjugue art public et micro espace vert.

D’autres cabines ont plutôt été transformées en café, en bibliothèque ou même en minuscule pub.

Photo: Facebook Jake's Coffee Box
Photo: Facebook Jake's Coffee Box

Des minibibliothèques à Prague

Photo: Facebook KnihoBudka
Photo: Facebook KnihoBudka

En République Tchèque, les cabines désuètes ont été complètement détournées de leur usage premier. Elles ont été transformées en petites bibliothèques urbaines. La première a été inaugurée en 2014 dans l’hôpital IKEM de Prague. Les rayons de cette bibliothèque peinte en rouge abritent des livres en tous genres. On peut consulter un titre sur place, en emprunter un ou contribuer à la bibliothèque en libre-service en laissant un ouvrage.

Les deux jeunes Tchèques à l’origine du projet ont confectionné eux-mêmes les bibliothèques avec les moyens du bord. Ils ont néanmoins reçu 700 livres en cadeau pour réaliser leur idée.

D’autres bibliothèques du genre ont fait leur apparition ailleurs dans le monde. Dans certaines villes en Allemagne, en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, les bouquins ont aussi envahi les anciennes cabines téléphoniques.

D’autres idées plus farfelues

Certains poussent aussi le concept plus loin. C’était notamment le cas à Lyon en 2007, où deux designers avaient transformé une cabine en aquarium. Le duo a depuis transporté ses boîtes remplies d'eau dans différents festivals d’Europe. L’idée, populaire auprès des passants, a également été reprise au Japon.

Berlin peut de son côté se vanter d’avoir sur son territoire la plus petite discothèque du monde. La Teledisko a élu domicile dans une ancienne cabine téléphonique. Elle fonctionne avec de la monnaie. Une fois son entrée payée, l’utilisateur peut choisir ses chansons préférées sur l’écran tactile pour danser. Tous les éléments sont là, de la fumée artificielle à la boule disco.

Photo: Facebook Teledisko
Photo: Facebook Teledisko

Malgré les initiatives dont on aurait pu s’inspirer là-bas, les cabines téléphoniques disparaîtront du paysage français en 2017. La Belgique a aussi décidé de s’en débarrasser.

Ailleurs, les cabines téléphoniques n’ont pas dit leur dernier mot. En changeant de vocation, gageons qu’elles ont encore un bel avenir devant elles.


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