La chronique Partir

Auteur(e)

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

4 octobre 2017

Un trésor caché sur l’île Oak?

En Nouvelle-Écosse se trouve une île mystérieuse dont la légende attire les chercheurs de trésors depuis le milieu des années 1790. Que se cache-t-il vraiment dans les profondeurs de l’île Oak, qui continue de piquer la curiosité au point qu’une téléréalité américaine de la chaîne History permet de suivre l’évolution des fouilles?

En explorant les environs de Lunenberg, charmant petit village de pêcheurs à environ une heure de Halifax, je m’attendais à entendre des histoires de marins et de naufrages. Mais une chasse au trésor qui dure depuis plus de 200 ans? Voilà de quoi nourrir l’imaginaire d’une fan de Robert Louis Stevensen comme moi!

Lunenberg. Photo: Marie-Julie Gagnon
Lunenberg. Photo: Marie-Julie Gagnon

Alors que nous longeons la côte, après avoir visité le Fisheries Museum of the Atlantic et Mahone Bay, la grue que j’aperçois à travers la fenêtre du véhicule rend soudain la légende bien réelle. Planté sur l’une des 350 îles de la baie, l’appareil donne l’impression d’une épingle sur une carte. Non, malgré ses 1,5 km de longueur, cette île privée n’a rien de banal.

Fisheries Museum of the Atlantic. Photo: Marie-Julie Gagnon
Fisheries Museum of the Atlantic. Photo: Marie-Julie Gagnon

«On raconte que deux millions de pounds y sont cachés, résume notre guide. En 1795, trois adolescents ont découvert ce qui ressemblait à un trou comblé. Ils se sont mis à creuser et, à 20 pieds, ils sont tombés sur des bûches qui semblaient avoir été placées là par des humains.»

Le trio ne trouve rien, mais reste persuadé qu’un trésor se cache dans les entrailles de l’île. Au fil des ans, plusieurs équipes – qui doivent chaque fois obtenir un permis – se relaient pour tenter d’élucider le mystère.

Des décennies de fouilles

En 1804, des ouvriers découvrent une pierre rectangulaire avec une inscription indéchiffrable. Mais l’eau inondant les puits complique la tâche et ils doivent se résoudre à abandonner les fouilles.

En 1866, un professeur universitaire affirme être parvenu à déchiffrer l’inscription: «45 pieds plus bas sont enterrés 2 millions de pounds».

À ce jour, personne n’a toutefois trouvé le butin. «Six personnes sont mortes en faisant les recherches», souligne la guide. La téléréalité tournée sur place, The Curse of Oak Island, est diffusée sur History, aux États-Unis.

The Curse Of Oak Island, page Facebook History
The Curse Of Oak Island, page Facebook History

Vraie ou pas?

Incapable de cesser de penser à cette histoire, une fois de retour à l’hôtel, je me mets à lire tout ce que je trouve sur le sujet. «Les plus optimistes parient sur un butin de pirates, d’autres pensent qu’il s’agit d’un trésor des Templiers, d’autres encore de documents secrets qui révèlent qui est le véritable auteur des pièces de Shakespeare», rapporte l’édition du soir de Ouest-France.

Oui, certains ont l’imagination plus fertile que d’autres. À moins que ce ne soit qu’un trou rempli de débris? Quant à la dalle de pierre, comme personne ne l’a retrouvée, il est impossible de prouver son existence hors de tout doute.

Moi, je suis persuadée qu’il existe bel et bien, ce trésor. Je ne suis pas la seule, d’ailleurs: un certain Franklin D. Roosevelt, âgé de 27 ans, fait partie des explorateurs qui se sont rendus sur l’île en 1909. On raconte que les acteurs John Wayne et Errol Flynn ont également fait partie des curieux à s’y être aventuré.

Bien que je meure d’envie de connaître la vérité, j’espère tout de même que les protagonistes de la téléréalité ne repartiront pas avec le trésor. Quand une histoire est aussi captivante, je préfère nettement le mystère au mot «fin»!

Merci à Destination Canada et Visit Nova Scotia.


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