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Auteur(e)

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

15 juin 2017

Tourisme autochtone en Colombie-Britannique

Il y a les totems de Stanley Park, à Vancouver. Le Musée d’anthropologie, aussi dans la métropole, où l’on trouve des artefacts et des œuvres d’art racontant l’histoire des Premières Nations dans la province. NK’MIP, le premier vignoble géré par les Premières Nations, à Osoyoos, dans la vallée de l’Okanagan, où l’on trouve aussi l’une des plus belles terrasses de la région.

Les visites avec des guides autochtones qui permettent de découvrir les plantes au sommet du Sea to Sky Gondola, à Squamish, à mi-chemin entre Vancouver et Whistler. Et depuis peu, le Kwa’lilas Hotel, premier hôtel appartenant à des autochtones, à Port Hardy, sur l’île de Vancouver.

Photo: Marie-Julie Gagnon Paysage des sommets/ Squamish
Paysage des sommets, Squamish. Photo: Marie-Julie Gagnon

La Colombie-Britannique m’a toujours semblé avoir une longueur d’avance quand il s’agit de mettre en valeur la culture autochtone, mais depuis quelques années, les initiatives se multiplient.

Photo: Marie-Julie Gagnon Excursion avec guides autochtones
Excursion avec guides autochtones. Photo: Marie-Julie Gagnon

Dès qu’on arrive à Vancouver, on remarque tout de suite les œuvres d’art des artistes des Premières Nations à l’aéroport. Dans l’aire d’accueil Musqueam, au niveau 3, du côté des vols internationaux, on peut entre autres voir, près des escaliers mécaniques, deux sculptures de cèdre rouge réalisées en 1996.

Les chiffres démontrent que ma perception n’est pas fausse: le tourisme autochtone est l’un des secteurs en pleine croissance de l’industrie du tourisme en Colombie-Britannique, rapporte le ministère des Affaires autochtones et du Nord Canada. Le chiffre d’affaires a augmenté de 32 millions de dollars au cours des neuf dernières années. Aboriginal BC multiplie les initiatives et les partenariats pour faire connaître la culture autochtone aux touristes, au point d’être aujourd’hui l’un des leaders mondiaux dans le domaine.

Photo: Marie-Julie Gagnon Présence de l'art autochtone
Présence de l'art autochtone. Photo: Marie-Julie Gagnon

Partout dans la province

Il y a deux ans, j’ai eu l’occasion de prendre part à une randonnée à Meares Island, près de Tofino, sur l’île de Vancouver, en compagnie d’une guide Nuu-chach nulth de la T’ashii Paddle School. Pendant l’excursion, cette dernière a partagé différentes informations à propos de la construction du canot traditionnel qui nous a permis de rejoindre l’île, et une foule d’autres infos à propos de la culture de ses ancêtres.

Photo: Marie-Julie Gagnon
Photo: Marie-Julie Gagnon

À Vancouver, il y a quelques semaines, j’ai séjourné au Skwachàys Lodge, le tout premier hôtel-galerie d’art autochtone au Canada. Détenu et opéré par la Vancouver Native Housing Society (VNHS) – qui offre 24 appartements à bas prix à des autochtones en situation très précaire et gère deux entreprises sociales –, l’hôtel boutique compte 18 suites décorées par des artistes différents. Des patients issus de communautés éloignées de passage à Vancouver pour recevoir des traitements y logent également à l’occasion.

En plus de la galerie, qui met en valeur l’art autochtone, des résidences d’artistes font partie de la mission de l’établissement. Sur la terrasse, une tente à sudation a même été installée. «Oui, des cérémonies sont parfois organisées», me répond Maggie Edwards, directrice générale de l’hôtel, quand je lui pose la question.

Photo: Marie-Julie Gagnon
Photo: Marie-Julie Gagnon

Situé dans le Downtown Eastside, l’un des quartiers les plus pauvres au pays, le Skwachàys (prononcez «skwacheyes») ne paie pas de mine. Avec ses trois étoiles, il reste pourtant un excellent rapport qualité/prix. Il suffit de pénétrer dans la galerie, qui fait aussi office de réception pour l’hôtel, pour constater la richesse qui se cache entre ses murs.

«Les gens choisissent un hôtel à cause du prix, de l’emplacement et de la disponibilité, pas forcément parce qu’il y a une composante autochtone, résume Mme Edwards. Alors nous leur expliquons ce que nous faisons ici et la culture qui est mise en valeur, alors c’est super!»

Si les profits servent à financer les différentes opérations, la mission de l’endroit va beaucoup plus loin. «C’est aussi pour exposer la culture au monde», ajoute la directrice.

Voilà qui résume plutôt bien ce que devrait être le tourisme, il me semble.


Pour en savoir plus

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