La chronique Culture

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

30 novembre 2017

Louis-José Houde, l’humoriste que je préfère à l’année

Louis-José Houde a 40 ans et il nous arrive avec un nouveau spectacle, un quatrième en 15 ans de carrière (six si on compte ses deux shows cachés). Dans un monde, celui de l’humour, où les faux pas sont faciles à faire, cet artiste a toujours été à la hauteur de mes attentes. Et avec Préfère novembre, je confirme qu’il demeure mon humoriste préféré… en toutes saisons.

Comme baby-boomer, je n’ai jamais l’impression d’être exclu quand il fait des blagues. Ce gars-là a quelque chose comme une vieille âme. Il en faut pour admettre préférer novembre entre tous les mois, pour plaider en faveur de la réflexion à une époque où plusieurs ne pensent pas beaucoup, pour oser dire qu’on est attaché à notre ligne dure alors que notre portable nous suit partout. J’aime ça l’entendre dire qu’il parle à sa grand-mère disparue ou rappeler les enseignements de son père, qui a maté très jeune chez lui toutes velléités de racisme ou d’homophobie. Si on se fie à son exemple, ça ne prend pas plus de 15 secondes pour régler ça chez un enfant.

Photo: Jocelyn Michel
Photo: Jocelyn Michel

À entendre la cascade de rires tout au long de la soirée de cette première à l’Olympia, cette manière que Louis-José Houde a de partager ses souvenirs et ses observations à l’heur de plaire à tout le monde, tous âges confondus. Il a de bonnes lignes à profusion et il n’a rien perdu dans l’art de leur donner de l’impact avec ces effets de voix ou ces petits gestes qui ont fait sa renommée.

Depuis 2003, je ne cesse d’être fasciné par la rigueur du travail de Louis-José Houde. Le texte est toujours livré avec une précision métronomique, accompagné d’une chorégraphie millimétrée au service de l’effet comique. Son méticuleux metteur en scène, Joseph Saint-Gelais, tire encore une fois le meilleur de son artiste. À la script-édition, François Avard continue de veiller au grain pour que le propos soit toujours limpide, efficace et pertinent.

Photo: Patrick Lamarche
Photo: Patrick Lamarche

C’est vraiment un trio infernal. Dans ce qui est probablement un exercice d’émulation, de garde-fou et de grande complicité, la contribution de chacun permet au spectacle de jouer d’audace tout en évitant le piège de devenir moralisateur, condescendant ou vulgaire.

Prenons l’exemple du numéro dans lequel l’humoriste s’interroge sur ces gens qui clament haut et fort qu’ils ne veulent pas d’enfants ou de voitures. Il nous fait rire en exposant leurs points de vue et conclut en disant, avec un effet dans la voix, «[…] j’ai comme un feeling que tu ne veux pas d’enfants parce que tu ne veux pas faire de lunchs… » ou «[…] tu ne veux pas de char parce que….t’as pas d’argent… » Et vlan, gentiment, pour ces «esprits libres». Les autres, ceux qui ont des enfants ou un char, sont crampés.

Louis-José Houde ne craint pas d’aller dans le vif de l’actualité. Au moment où les femmes osent prendre la parole et dénoncer les abus et les violences qui leur sont faites, Louis-José Houde arrive avec un discours qui les encourage dans leur élan et qui montre la voie aux gars vers un monde plus égalitaire et respectueux des femmes. Il faut espérer que son «prends soin d’elles» fasse du chemin.

Et il y a le numéro final, célébrant la femme monoparentale, qui se révèle une pièce d’anthologie. La description généreuse, réaliste et extrêmement comique qu’il fait de cette créature faite d’autorité, de détermination, de raison et de compassion force l’admiration de ces femmes qui élèvent leurs enfants toutes seules.

Avec ce spectacle qui allie franche rigolade et réflexion fine, Louis-José Houde n’a pas fini d’être le préféré de tous! Louis-José Houde préfère novembre est présenté à l’Olympia en décembre et partout au Québec en 2018.

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