La chronique Partir

Auteur(e)

Marie-Julie Gagnon

Auteure, chroniqueuse et blogueuse, Marie-Julie Gagnon se définit d’abord comme une exploratrice. Accro aux réseaux sociaux (@technomade sur Twitter et Instagram), elle collabore à de nombreux médias depuis une vingtaine d’années et tient le blogue Taxi-brousse depuis 2008. Certains voyagent pour voir le monde, elle, c’est d’abord pour le «ressentir» (et, accessoirement, goûter tous les desserts au chocolat qui croisent sa route).

29 août 2018

Tomber sous le charme d’Édimbourg

L’Écosse est sans doute l’un des coins du monde qui m’a fait le plus rêver, enfant, à cause d’un certain Nessie – supposément monstrueux. Bien qu’on m’ait maintes fois répété que le Loch Ness n’est pas à la hauteur du mythe qui l’entoure, il me semblait inconcevable de ne pas m’y rendre lors de mon premier voyage en Écosse. Je devais aller saluer l’étrange créature qui a si longtemps peuplé mon imaginaire! Sauf qu’il n’est pas sorteux, le bougre… Je suis repartie de son coin de pays en me disant qu’une seule visite dans les parages m’aura suffi.

En route, je découvre les paysages quasi surnaturels de Glencoe. Totalement envoûtée, je ne quitte pas des yeux les hauts vallons qui se perdent dans la brume, avec une vague impression de déjà-vu. Je comprends pourquoi en faisant des recherches au retour: de nombreuses scènes de films et de séries télé ont été tournées dans les environs. James Bond et Harry Potter y ont notamment été aperçus. La vallée fait également partie des nombreux lieux de tournage de la série Outlander.

Un des nombreux paysages quasi surnaturels de Glencoe. Photo: Marie-Julie Gagnon
Un des nombreux paysages quasi surnaturels de Glencoe. Photo: Marie-Julie Gagnon

Édimbourg et ses fantômes

Les journées suivantes sont consacrées à l’exploration d’Édimbourg, particulièrement de la vieille partie. Bien que très prisé des touristes, le Royal Mile, qui descend jusqu’au château, reste incontournable. Je prends rapidement mes repères dans cette ville qui me semble étrangement familière. Cela ne m’empêche pas de me perdre à plusieurs reprises, surtout en empruntant les nombreux escaliers!

Photo: Marie-Julie Gagnon
Devantures colorées et terrasses... impossible de ne pas tomber sous le charme d'Édimbourg! Photo: Marie-Julie Gagnon

Je profite aussi de mon escale pour croiser des Français expatriés. Sarah Lachhab partage son temps entre ses tâches pour une auberge et un hôtel, son travail de journaliste, l’écriture de guides de voyage et son blogue French Kilt, qui porte sur «l’Écosse et tout ce qu’il y a en dessous». Elle a également monté des visites guidées sur le thème de Harry Potter, un personnage qui a marqué son enfance. Elle connaît sa ville d’adoption sans doute mieux que bien des Édimbourgeois.

«Édimbourg a été longtemps enfermée dans ses fortifications, résume-t-elle. Du coup, elle n’a pas grandi horizontalement, mais verticalement. On dit que c’est ici que les premiers gratte-ciel ont été érigés. On a ajouté des étages et des étages… Les riches habitaient au-dessus, avec de l’air frais, et les plus pauvres, dans les caves et la puanteur. C’est la raison pour laquelle on l’a jadis surnommée "Auld Reeckie". Elle avait la réputation d’être crasseuse.»

Malgré sa réputation de jadis et ses histoires parfois lugubres, la ville m’apparaît, en 2018, plutôt coquette. À la suite des conseils de Sophie Maulevrier, créatrice du blogue et de l’agence de voyages Ooh my world, installée à Édimbourg depuis cinq ans, je mets le cap sur le Musée national d’Écosse – gratuit –, où l’on trouve l’un des plus beaux points de vue sur le très photogénique château d’Édimbourg. En plus de la terrasse, l’endroit mérite franchement qu’on y passe une demi-journée. Un merveilleux voyage à travers le temps qui permet de mieux comprendre l’histoire de l’Écosse.

Le Château d’Édimbourg vu de la terrasse du Musée national d’Écosse. Photo: Marie-Julie Gagnon
Le Château d’Édimbourg vu de la terrasse du Musée national d’Écosse. Photo: Marie-Julie Gagnon

Fantômes, langoustes et autres spécialités locales

Les histoires de fantômes sont si nombreuses à Édimbourg qu’on finit toujours par en entendre quelques-unes, comme celle de cette fillette de Mary King’s Close décédée de la peste, que des gens jurent entendre parfois pleurer. Une visite au magnifique cimetière de Greyfriars s’avère également riche en histoires de tous genres. En plus des fantômes célèbres, comme celui de George MacKenzie, on y découvre le chien Bobby, qui a même sa statue à quelques pas de l’entrée du cimetière. Érigé en symbole de loyauté, l’animal s’est rendu sur la tombe de son maître les 14 années suivant le décès de ce dernier. On peut aussi y voir les épitaphes qui ont inspiré J.K. Rowling au moment de la rédaction de la saga Harry Potter.

Et on mange quoi, à Édimbourg, outre les fameux fish and chips qu’on trouve dans tout le Royaume-Uni? «Moi, ce que j’aime le plus, ce sont les fruits de mer», lance spontanément Sophie Maulevrier, qui pense développer des visites sur le thème de la gastronomie tant elle a fait des trouvailles au fil des années. «C’est en Écosse qu’on mange les meilleures langoustines d’Europe», affirme-t-elle. Elle recommande la visite des marchés fermiers, ainsi que le bœuf et le fameux haggis, plat national d’Écosse, qu’on définit comme une sorte de boudin à base de viande et d’avoine. Je manque malheureusement de temps pour goûter à tout!

Et le scotch? Ce sera aussi pour un prochain voyage. Je conclus celui-ci par une randonnée au coucher du soleil à Arthur’s Seat, qui domine le parc de Holyrood du haut de ses 250 mètres. Nimbée de cette lumière diffuse si particulière, la ville m’apparaît encore plus mystérieuse.

En contemplant l’horizon, je me dis que cet ancien volcan n’a peut-être pas été le site du légendaire château de Camelot, comme l’ont supposé certains, mais que la ville qu’il surplombe renferme assez d’histoires pour justifier au moins une autre visite…

Merci à Air Transat, qui propose des vols vers Glasgow au départ de Montréal (avec escale à Toronto) d’avril à octobre, à Rail Europe, à  Highland Explorer Tours pour la visite du Loch Ness, ainsi qu’à Sarah Lachhab, Julien Manuguerra et Sophie Maulevrier pour leurs recommandations!

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