La chronique Culture

Auteur(e)
Photo: Martine Doucet

Claude Deschênes

Claude Deschênes a travaillé à la radio et à la télévision de Radio-Canada pendant 33 ans, principalement à couvrir la scène culturelle pour le Téléjournal et le Réseau de l’information (RDI). On le retrouve maintenant à France 2 comme collaborateur de l’émission Télématin. Il continue aussi de partager son intérêt pour la culture et les arts sur différentes plateformes. On peut suivre ses reportages sur le blogue claudedeschenes.ca. Il a aussi publié sur le site d’actualité Huffington Post Québec et dans différentes publications de la presse écrite. Claude Deschênes agit aussi comme animateur et porte-parole d’événements ainsi que conférencier, notamment dans le réseau des universités du troisième âge.

6 juillet 2018

3 raisons d’aller dans l’Outaouais cet été

Après avoir attiré 1,3 million de personnes en 2017, les Mosaïcultures sont de retour à Gatineau. L’événement horticole propose 45 tableaux, dont 10 nouveaux, ce qui, à mon sens, justifie la visite même si l’entrée est payante cette année.

L’an dernier, l’événement était présenté dans le cadre du 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Chaque province avait offert un tableau et les largesses du gouvernement canadien avaient permis que l’accès soit gratuit. Cette année, les 5 M$ reçus des trois paliers (Gatineau-Québec-Canada) obligent l’organisation à exiger 20$ pour avoir accès au site.

Photo: Claude Deschênes
Il faut débourser 20$ cette année pour entrer sur le site des Mosaïcultures, mais ça vaut le coût. Photo: Claude Deschênes

Le financement par Ottawa et Québec ayant été confirmé en avril, Mosaïques internationales a trimé fort pour que cette deuxième édition soit prête pour l’ouverture officielle le 22 juin. Quand on voit le résultat, on peut confirmer qu’il s’agit d’un exploit, car le site est magnifique.

L’arbre aux oiseaux, créé pour les Mosaïcultures de Montréal en 2013. Photo: Claude Deschênes
L’arbre aux oiseaux, créé pour les Mosaïcultures de Montréal en 2013. Photo: Claude Deschênes

Pour cette édition qui a quelque chose du rappel, la directrice générale de Mosaïcultures internationales, Lise Cormier, a ressorti des œuvres majeures de son inventaire plutôt que d’en créer de nouvelles, mais on ne se lasse pas de voir L’arbre aux oiseaux, créé pour les Mosaïcultures de Montréal en 2013 au Jardin botanique, et L’homme qui plantait des arbres, qui a souvent été vu à Montréal.

L'homme qui plantait des arbres. Photo: Claude Deschênes
L'homme qui plantait des arbres, souvent vue à Montréal. Photo: Claude Deschênes

La structure de 16 mètres de hauteur de L’arbre aux oiseaux est toujours aussi spectaculaire. Elle pèse 100 tonnes et nécessite 350 000 plantes. Elle donne à voir une cinquantaine d’espèces d’oiseaux en danger d’extinction. Pour ce qui est de L’homme qui plantait des arbres, son retour est accompagné d’une diffusion en continu du film d’animation de Frédéric Back et d’une petite exposition racontant l’histoire de cette œuvre qui a remporté le Grand prix des Mosaïcultures d’Hamamatsu au Japon en 2009.

La Terre Mère – la légende d’Aataentsic. Photo: Claude Deschênes
La Terre Mère – la légende d’Aataentsic. Photo: Claude Deschênes

Ces deux tableaux à portée écologiste complètent parfaitement bien La Terre Mère – la légende d’Aataentsic, l’œuvre phare de MosaïCanada150 l’an dernier, toujours aussi majestueuse.

La ballerine, en hommage aux Grands Ballets canadiens. Photo: Claude Deschênes
La ballerine, en hommage aux Grands Ballets canadiens. Photo: Claude Deschênes

Parmi les nouveautés présentées à Gatineau cet été, La ballerine, une sculpture en hommage aux Grands Ballets canadiens, Hachiko, chien fidèle, inspirée d’une histoire vraie japonaise qui a été portée au cinéma (A Dog’s Tale, 2009), La rose du Petit Prince et Harfangs des neiges, une représentation du symbole aviaire du Québec.

Hachiko, chien fidèle, inspirée d’une histoire vraie japonaise. Photo: Claude Deschênes
Hachiko, chien fidèle, inspirée d’une histoire vraie japonaise. Photo: Claude Deschênes

Évidemment, les différents tableaux soulignant les différentes particularités des provinces et territoires du Canada sont toujours présents ainsi que les contributions chinoises. Des changements dans les couleurs des fleurs utilisées et quelques détails décoratifs suffisent parfois à transformer l’œuvre. C’est le cas notamment de Bénédiction des dragons de bon augure, qui a un côté très pimpant cette année.

Photo: Claude Deschênes
La Bénédiction des dragons de bon augurePhoto: Claude Deschênes

Les amateurs d’horticulture seront certainement intéressés par la présentation, dans des bacs individuels, des 209 espèces de plantes utilisées pour créer les tableaux. Un des 600 bénévoles de l’organisation se fera un plaisir de vous expliquer les subtilités de chacune de ces espèces dans l’art très raffiné de la mosaïculture.

209 espèces de plantes utilisées pour créer les tableaux sont présentées dans des bacs. Photo: Claude Deschênes
209 espèces de plantes utilisées pour créer les tableaux sont présentées dans des bacs. Photo: Claude Deschênes

Les Mosaïcultures Gatineau 2018 sont ouvertes au public de 10 h à la brunante jusqu’au 15 octobre. Et tenez-vous le pour dit, il n’y aura pas de troisième édition l’an prochain pour vous reprendre.

Des peintres impressionnistes à Ottawa

Profitez de votre déplacement dans l’Outaouais québécois pour traverser le pont Alexandria. De l’autre côté de la rivière des Outaouais, le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) présente jusqu’au 9 septembre l’exposition Trésors impressionnistes.

Photo: Claude Deschênes
Photo: Claude Deschênes

Il s’agit d’une collection constituée par Wilhelm Hansen (1868-1936), un Danois épris de peinture française de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Grâce à son jugement très sûr, Hansen a mis la main, au bon moment, sur des œuvres importantes et signifiantes. Ces tableaux racontent bien comment l’impressionnisme est arrivé et comment le mouvement s’est transformé. On peut voir, dans un premier temps, des œuvres de Courbet, Daumier, Delacroix, des artistes qui ont précédé les impressionnistes. Ensuite, quand on arrive devant le travail des Corot, Monet, Pissarro, Renoir, Gauguin, Matisse, Sisley, Degas, on saisit à quel point le fait de travailler dehors, de faire des paysages et des portraits avec une palette de couleurs vives et une touche rapide et spontanée a changé la peinture. Ceux-là ont même réinventé la manière de peindre des natures mortes.

Photo: Claude Deschênes
Photo: Claude Deschênes

Wilhem Hansen et son épouse Henny se sont aussi intéressés aux artistes de leur pays. Parmi les 76 toiles exposées, on peut découvrir quelques noms qu’ils ont encouragés, comme C.W. Eckersberg et Johannes Larsen.

Photo: Claude Deschênes
Photo: Claude Deschênes

Personnellement, j’ai été très irrité par le fait que toutes les œuvres de la collection Ordruppgaard (le nom du musée que Wilhelm et Henny Hansen ont créé pour accueillir leur collection) soient présentées sous vitres, ce qui empêche d’apprécier les coups de pinceau, une dimension si importante dans le travail des impressionnistes.

De la photo sous toutes les formes

Si vous êtes amateurs de photo, assurez-vous d’aller voir L’espace d’un instant: cinquante ans de collectionnement de photographies. C’est une exposition de l’Institut canadien de la photographie (ICP), l’organisme responsable de la conservation et de la diffusion de la collection de photos du Musée des beaux-arts du Canada. Je vous avais parlé de l’ICP en 2016 lors de la nomination de sa première directrice, la Française Luce Lebart.

Mme Lebart n’est déjà plus là, mais l’exposition correspond à une des intentions qu’elle avait manifestées, soit de mettre en valeur l’immense collection de l’institution en confrontant les époques, les techniques et les approches.

Photo: Claude Deschênes
Photo: Claude Deschênes

Ainsi, plus de 200 œuvres sont présentées. Ça va de Francis Frith, qui a photographié la grande pyramide et le Sphinx en Égypte en 1858, à Zhang Huan, photographe contemporain chinois, en passant par la Québécoise Isabelle Hayeur.

Épreuves au jet d’encre, photolithographies, autochromes, daguerréotypes, les techniques exposées sont aussi très différentes.

Photo: Claude Deschênes
Photo: Claude Deschênes

Résultat: ça donne une exposition un peu pointue, mais qui assure un véritable voyage dans le temps.

Dernière suggestion: il faut voir le nouvel aménagement du jardin intérieur du MBAC. Les orchidées volent le show.

Photo: Claude Deschênes
Les orchidées en vedette dans le nouvel aménagement du jardin intérieur du MBAC. Photo: Claude Deschênes

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