Diane Laflamme en pleine action au YMCA.
Diane Laflamme en pleine action au YMCA.
6 mars 2018Auteure : Julie Chaumont

Être sur son X… à 61 ans!

Lorsque la retraite a sonné, après une carrière de 33 ans à Radio-Canada, Diane Laflamme a pris le taureau par les cornes et a réalisé ce qu’elle voulait faire depuis longtemps: devenir entraîneuse physique. Récit d’un parcours pas banal.  

Avenues.ca: Quelles sont les grandes lignes de votre parcours scolaire et professionnel?

Diane Laflamme: Quand est venu le temps de faire un choix de programme universitaire, j’avais un intérêt pour la médecine et tout ce qui tournait autour de ça, mais c’était peut-être un peu trop avancé sur le plan de la science. Comme j’étais très engagée socialement, notamment au sein du Parti québécois avec mon père, j’ai plutôt décidé de m’orienter vers le travail social. J’ai donc fait un bac en travail social à l’Université Laval.

Puisqu’il n’y avait pas de postes disponibles dans ce domaine à ma sortie de l’université, j’ai commencé à travailler en tant qu’attachée politique pour le ministre de l’Éducation du Québec. J’y ai travaillé pendant un an et demi avant de déménager à Toronto pour suivre mon amoureux. J’espérais pouvoir y dénicher un travail dans mon champ d’études, mais j’ai rapidement déchanté lorsque j’ai su qu’il fallait une maîtrise pour décrocher un emploi de travailleuse sociale à Toronto.

Les circonstances ont fait en sorte que j’ai commencé à travailler pour Radio-Canada. J’y ai été réceptionniste, recherchiste puis adjointe au directeur de la radio et de la télé. Ainsi a commencé ma carrière de gestionnaire à Radio-Canada.

Après avoir travaillé huit ans à Toronto, mon conjoint et moi avons décidé de revenir à Montréal. J’ai été sans emploi pendant environ un an avant de recommencer à travailler pour Radio-Canada. De 1989 à 2014, j’ai essentiellement fait du travail de bureau, occupant des postes de conseillère à la planification stratégique, de coordonnatrice de la planification et de l’évaluation, de leader du changement, de chef des relations institutionnelles, de gestionnaire de projets et de chef de la planification.

En plus de mon travail régulier de bureau, j’ai mis beaucoup d’heures de bénévolat pour mettre sur pied la garderie de Radio-Canada. Ce projet est venu chercher ma fibre de travailleuse sociale. Je m’y suis investie à fond et c’est le fait marquant de ces 33 années passées avec cet employeur.

En parallèle, j’ai toujours aimé l’éducation physique. Je me suis toujours entraînée et j’ai toujours aimé bouger. Quand j’ai vu la retraite arriver, je me suis dit que j’aimerais vraiment en savoir plus sur le corps humain et le mouvement. C’est en voyant que le YMCA où je m’entraînais offrait des formations pour devenir entraîneur que j’ai eu l’idée de me lancer dans cette voie.

A: Pourquoi avoir attendu la retraite?

DL: Les formations pour devenir entraîneur sont très exigeantes. Comme je voulais vraiment avoir de bons résultats et ne pas être trop dispersée, je jugeais que ça serait trop d’entreprendre ces études pendant que j’étais encore sur le marché du travail. Ainsi, ma retraite a officiellement commencé à la fin novembre 2014, et en janvier 2015 je retournais sur les bancs d’école. J’étais tellement contente!

Diane Laflamme en pleine action au YMCA.
Diane Laflamme en pleine action au YMCA.

A: Quelles ont été les étapes pour devenir entraîneuse physique?

DL: Pendant près de 15 semaines, je prenais l’autobus et le métro tous les jours pour me rendre à mon cours théorique de base dans un YMCA du nord de la ville. On avait des tests toutes les semaines et il fallait terminer le cours avec une note d’au moins 80%, ce que j’ai réussi!

J’ai ensuite suivi une formation pour devenir entraîneuse individuelle, une autre pour faire du conditionnement physique de groupe et une autre pour travailler avec les aînés. C’était un emploi à temps plein et ça me rendait vraiment heureuse!

Au fil des ans, j’ai fait plusieurs autres formations pour me perfectionner et en apprendre davantage. En tout, je cumule plus de 200 heures de formation!

A: Est-ce que vous avez eu de la difficulté à vous trouver un emploi dans ce domaine?

DL: Non! Le YMCA du centre-ville m’a un jour demandé de m’occuper d’un groupe de Tonus en douceur pendant tout l’été. C’était mon baptême! Je n’avais jamais pensé me retrouver à animer un cours de groupe et j’ai beaucoup aimé l’expérience. Cet été-là, je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup d’offres pour des professeurs d’aquaforme, je suis donc allée faire ma certification. J’ai ensuite commencé à donner des cours d’aquaforme. Aujourd’hui, je donne deux cours par semaine, le lundi soir: le premier à la clientèle habituelle, le second à un groupe d’aveugles. Je fais aussi des remplacements, à l’occasion.

Parallèlement à ça, tous les mardis, je donne bénévolement un cours d’aquaforme à la Résidence Soleil Manoir Plaza du centre-ville de Montréal. J’y ai également quelques clients individuels et j’y anime aussi un cours d’exercices en douceur.

J’ai donc en moyenne six cours par semaine.

A: Qu’est-ce que cette expérience vous apporte?

DL: Je me sens sur mon X. Vraiment. Je me suis découverte. Je vis plus la vie que je veux vivre. Je n’étais pas malheureuse lorsque j’étais chez mon employeur, mais je suis vraiment comblée aujourd’hui.

Je ne pourrais pas vivre de ce métier, à moins d’en faire vraiment plus. Les entraînements privés sont assez payants, ils peuvent rapporter en moyenne 50$ la séance. Par contre, les cours de groupe sont payés autour de 22$ l’heure pour les entraîneurs qui commencent au bas de l’échelle. Il faut donc donner beaucoup de cours pour avoir un bon salaire. Certaines personnes donnent jusqu’à 20 cours par semaine et comme c’est très exigeant physiquement, ils sont brûlés! Pour ma part, comme ce n’est pas mon objectif de faire de l’argent, je n’ai que le bon côté des choses. Je suis très choyée.

Cours d'aquaforme. Photo: Deposit
Cours d'aquaforme. Photo: Deposit